entretien d’Olivier Barlet avec Georgette Paré (Casting Sud)

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Créé en mars 1997 à Abidjan, Casting Sud se propose de promouvoir les comédiens et comédiennes d’Afrique et a déjà réalisé des annuaires nationaux comportant chacun une trentaine de comédiens (Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Sénégal, Mali, Guinée). Rencontre avec son animatrice, elle-même comédienne burkinabè.

De quelle expérience et de quelle volonté est né Casting Sud ?
Casting Sud est né de ma rencontre en 1996 lors d’un séminaire de formation organisé par le Cirtef avec Carin Leclercq, du Bureau de Liaison du Cinéma de l’Espace Francophone de Bruxelles. Notre souci était de construire un cadre pour valoriser les comédiens africains. Le vécu des acteurs est difficile : ils ne sont pas appelés à participer à la promotion du film ; leur rôle s’arrête au fait de jouer ; ils n’ont pas d’organisation syndicale ; leur rémunération s’arrête à leur cachet, sans intéressement aux résultats du film ; les catalogues des festivals ne les mentionnent pas toujours… Les réalisateurs ont tendance à utiliser les mêmes comédiens car il est très difficile d’en connaître et d’en joindre d’autres. Casting Sud a ainsi pour vocation d’être un point central de coordination pour se connaître et échanger.
C’est donc une démarche syndicale.
Oui, mais le but premier est de faire connaître les comédiens. Je constate ici que des réalisateurs découvrent de nouvelles têtes dans l’exposition des photos de Boubacar Touré ! Nous préparons un document comportant les portraits et CV des comédiens, un véritable outil de travail que nous transposerons également comme banque de données sur internet. Nous allons commencer par les comédiens connus mais continuerons avec les jeunes qui cherchent à se faire connaître. Nous envisageons également des ateliers de formation et la création d’un prix d’encouragement aux comédiens dans le cadre de plusieurs festivals de la francophonie.
Vous limitez-vous aux acteurs noirs ?
Casting Sud est ouvert à toute l’Afrique. Après l’Afrique centrale, nous allons ouvrir le recensement au Maghreb et à l’Afrique australe.
Rencontrez-vous des réticences ?
Oui, parce que plusieurs initiatives précédentes ont capoté et qu’il y a du découragement dans l’air. Mais devant l’énergie que nous mettons dans ce projet, ils finissent par participer. Il faut se battre sur tous les fronts, comme par exemple dans les magazines la mention du nom des comédiens dans la légende des photos de films.
Vous adressez-vous en priorité aux cinéastes africains ou bien aux cinéastes du monde entier pour leur utilisation d’acteurs africains ?
La porte est ouverte : les comédiens ne demandent qu’à jouer partout. Nous nous adressons biens ûr à tous les cinéastes ! Quant à l’Afrique, malgré le problème des langues, il serait souhaitable d’internationaliser les castings.
Un star-system vous semble-t-il souhaitable pour l’Afrique ?
Bien sûr ! C’est notre but ! Il faut que le public vienne voir les acteurs qu’il aime. C’est le comédien qu’on voit à l’écran : c’est son image qu’il faut vendre. Quand on va à Cannes, on comprend à quel point le public se mobilise, même au grand soleil ou sous la pluie, pour voir ses stars ! Le star-system et sa médiatisation sont notre finalité : ils ne profiteraient pas seulement aux acteurs mais aussi à toute la cinématographie. Leur absence amène les acteurs à devoir passer derrière la caméra pour exister dans ce métier ! Ce n’est pas normal.

///Article N° : 551

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