Esquisse pour une histoire de la BD en République Démocratique du Congo

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La bande dessinée en RDC, où se sont forgés de nombreux talents tels que Barly Baruti, Mongo Sisé, Pat Masioni, Hallain Paluku, Al’Mata, Alix Fuilu, Serge Diantantu et bien d’autres » compte près de 80 années d’une histoire très riche, malheureusement peu connue.

L’époque coloniale
Avant l’indépendance, plusieurs journaux éditaient des petits strips de qualité médiocre mettant en scène des Africains. Dans les années 20, ce furent tout d’abord L’avenir en 1920 puis LEssor du Congo, créé en 1928, qui proposait une série à caractère historique. En 1931, L’Écho du Katanga publiait une BD, diffusée par le Service de l’Information du Gouvernement Général. La même année, le très urbain Cosmo-Kin les imitait avec des dessins d’un dénommé Narib, et Ngonga, signé par un certain SAV. Le journal des indigènes du Congo belge, un média bilingue édité à Elisabethville (Lubumbashi), y introduisait de l’humour érotique teinté d’un colonialisme bon teint. Les auteurs de ces dessins étaient probablement Européens, même si on ne peut avoir de preuves concluantes.
En 1931, Le petit vingtième, en Belgique, publie une adaptation en lingala de la série d’Hergé, Quick et Flukpe, faite par un jeune congolais, dont l’histoire ne retiendra pas le nom. Deux ans après, paraissait dans La croix du Congo, la première série dont on peut penser qu’elle est l’œuvre d’un Congolais. Il s’agit d’un certain Paul Lomani (1) qui publie Le match de Jako et Mako sur des textes du Belge Louchet. L’Écho de Stan (Kisangani), qui fut fondé en 1939, contenait également des « comics ». En 1948, Nos images, un bulletin bilingue, faisait paraître la première série dessinée de l’histoire du pays, il s’agissait des Aventures de Mbumbulu dessiné par un dénommé Masta (très probablement un Belge). En 1956, cette série était éditée en album sous le titre Les 100 aventures de la famille Mbumbulu.
Dans les années 50, pour contrer la violence de certaines bandes de jeunes, le père Joseph de Laert, un missionnaire belge, a l’idée de créer une bande dessinée afin qu’ils prennent conscience des problèmes qu’ils rencontreront plus tard. Il lance Allo Mangembo, réalisé en hindoubill, langage mêlé d’expressions  » lingala-français-anglais-western « .
La première BD faite entièrement par des Africains fut publiée dans la revue Antilope en 1958. Mukwapamba était scénarisée par Albert Mongita (2) et dessinée par Lotuli. Cette série fait de la RDC, le précurseur du 9ème art en Afrique noire francophone, Mukwapamba précèdant de deux ans, Le curé de Pyssaro, œuvre de la Togolaise Pyabélo Chaold, de trois ans la parution à Madagascar de Ny Ombalahibemaso de Ramamonjiso et Rahajariza et à Bangui des aventures de Tamako.
L’épopée de Jeunes pour jeunes
L’année 1965 voit la naissance d’une revue, aujourd’hui mythique et introuvable, qui allait marquer toute une génération de lecteurs et faire naître des vocations. Gento oye, créé par Achille Ngoie (futur romancier de la  » Série noire  » chez Gallimard) et le footballeur – crooner Freddy Mulongo, devenait la première revue de BD d’Afrique, bien avant l’autre revue mythique continentale qu’a été M’Quidèch, Le journal illustré algérien né en février 1969. Gento oye deviendra plus tard Jeunes pour jeunes (1968) puis Kake en 1971, au moment du mouvement de  » l’authenticité « . Il disparaîtra à la fin des années 70 du fait de la crise économique et de la censure implacable des services du feu Maréchal Mobutu. Ce journal fera connaître les premiers grands noms de la BD congolaise : Denis Boyau Loyongo, Lepa Mabila Saye, Bernard Mayo, Djemba Djeïs et Sima Lukombo. Plusieurs héros deviendront célèbres, en particulier Apolosa, dans une série policière truffée d’hindubill (3), mais aussi Sinatra, Durango. Bien d’autres auteurs rejoindront le journal, en particulier Ekunde. Les revues qui lui succéderont n’auront jamais son aura et disparaîtront au bout de quelques numéros. Dans les années 80, à Kinshasa, ce sera le cas avec Yaya, supplément mensuel BD de Disco Magazine, Rasta magazine, Le numéro un (tous créés ou coordonnés par Asimba Bathy), Kin-Flash ou à Lubumbashi, le magazine Alama qui ne durera qu’un numéro. Plus tard, dans les années 90, Africanissimo, Lisese (dont l’unique dessinateur était Pat Mombili) ou Bilenge ne parviendront pas plus à s’imposer.
Les premières figures émergentes
Deux personnalités du milieu local tenteront également de lancer une revue. Il s’agit de Mongo Sise qui crée Bédé Afrique en 1986 et Barly Baruti, en 1990, qui lance AfroBD, sans plus guère de résultats. Mongo Sise reste cependant le dessinateur le plus marquant des années 70-80. Premier congolais à avoir été publié en Europe (dans Spirou, en 1980 puis 1982), il avait commencé sa carrière en sortant ses premières histoires originales en feuilleton de deux planches hebdomadaires entre 1972 et 1975, sous la rubrique Notre feuilleton de Zaïre Hebdo. Elles racontaient les aventures de deux jeunes congolais, Mata Mata et Pili Pili au Zaïre et en Europe. En 1978, Il édite le premier album de BD non-confessionnel de l’histoire de la BD congolaise : Les Aventures de Mata Mata et Pili Pili : Le Portefeuille. Par la suite, il éditera quatre BD didactiques avec le soutien de la coopération belge au développement (AGCD) mettant en scène un jeune héros, pendant africain de Tintin : Bingo. Par la suite, il rentrera à la Banque nationale du Congo où il produira quelques planches dans Mosolo, la revue de cet organisme, tout en dirigeant l’agence de Boma (Bas-Congo).
Barly Baruti lui emboîtera le pas au début des années 80 avec plusieurs titres didactiques de belle facture, orientés vers la préservation de la nature et financés par des ONG internationales (Le temps d’agir – 1982, Le village des ventrus – 1983, Aube nouvelle à Mobo -1984, L’héritier – 1991, Le retour – 1992, L’avenir aujourd’hui et Objectif terre – 1994). Suite à un séjour en Europe, il entame une collaboration avec le scénariste français Franck Giroux qui donnera lieu à deux séries produites par des éditeurs français. Tout d’abord, les trois albums de Eva K., première série occidentale mettant en scène un héros congolais (Evariste Kassaï), sortent entre 1995 et 1998 chez Soleil Productions. Par la suite, Giroux et Baruti créeront la série Mandrill dont les sept volumes sortiront entre 1998 et 2007. Au début des années 90, au moment du lancement d’AfroBD, plusieurs dessinateurs (Baruti, Asimba Bathi, Pat Masioni, Thembo Kash) décident de créer l’ACRIA, une association visant à promouvoir le 9ème art dans la capitale congolaise en organisant le salon de la BD de Kinshasa (5 éditions entre 1991 et 2005) ainsi que des stages et des ateliers, organisés à l’espace  » à suivre « .
Une faible production d’albums
Mais la réussite de Baruti est trompeuse. L’après Jeunes pour jeunes n’est, en effet, pas une période très porteuse pour le 9ème art national. Le retrait de Sise en est d’ailleurs un signe révélateur. Le nombre d’albums commerciaux reste en effet très faible hormis à Kinshasa : deux ouvrages de Barly Baruti publiés par Afrique Édition en 1987 (La voiture, c’est l’aventure) et 1988(Papa Wemba. Viva la musica) qui suivaient Fonske, alerte chez les gorilles (1983) du Belge René Henrard (alias René Kasuku) chez le même éditeur et, à Lubumbashi, deux autres du scénariste Pie Tshibanda et du dessinateur Nsenga (Alerte à Kamoto en 1989 et Les refoulés du Katanga en 1994).
Des auteurs partagés entre l’église et la rue
La seule production régulière est d’ordre confessionnel. De 1974 à 1992, Saint Paul Afrique a imprimé et publié une cinquantaine d’ouvrages. Entre 1979 et 1986, treize titres concernaient l’ancien testament (David l’invincible, Tobit le bonheur retrouvé, Esther, reine de Perse…) et un autre qui traitait des actes des apôtres. Ceux-ci étaient dessinés par Mayo-Nke et Sima Lukombo. De 1979 à 1992, neuf biographies de témoins (Annuarite, Le cardinal Lavigerie, Bakhita…) ont été réalisées par les deux dessinateurs précédant ainsi que Lépa Mabila Saye et Masioni Makamba. Ce dernier a aussi dessiné 11 fascicules couleurs sur les évangiles, entre 1989 et 1992, avec le père Aldo Falconi au scénario. Saint Paul Afrique a également édité les 13 albums de la collection Contes et légendes de la tradition entre 1981 et 1987 avec les mêmes dessinateurs dans certains cas (Lépa Mabila Saye : Sha Mazulu la femme au long nez, Mikombe et le demon ou Mami-wata a Lodja.) ou de nouveaux (Targou, Kainda Kalenga : Le pardon d’un croyant, Sambou Kondi : Disasi.). Au milieu des années 80, à Lubumbashi, les salésiens de Don Bosco publient également des œuvres retraçant la vie de Don bosco (4 titres) mais aussi celle de Dominique Savio ou d’autres titres comme Joseph Mukasa, lui le premier, Charles Lwanga, plus fort que le feu et Robert Naussi était un jeune pour tous les jeunes, certaines d’entre elles étant des BD.
En parallèle, le milieu kinois est aussi un gros producteur de BD populaires. Reflets de la culture urbaine, des fascicules bon marché, conçus artisanalement sont distribués sur les marchés. C’est le cas, entre autres, de Mfumu’Eto, revue éponyme à parution incertaine du peintre du même nom. C’est également le cas de Lepa Mabila Saye qui produit Junior ou la revue Matchatcha.
Enfin, l’écrivain populaire Zamenga Batukezanga, après avoir scénarisé deux albums pour Saint Paul Afrique (Bandoki et Un croco à Luozi), décide de publier une série d’albums dans le cadre de sa maison d’édition, Zabat (puis Zola-Nsi), installée dans le Bas-Congo, afin de toucher un maximum de lecteurs, en particulier les populations peu alphabétisées. De 1987 à 2001, neuf albums sont publiés dont certains rencontreront beaucoup de succès : Pourquoi tout pourrit chez nous ? (qui lance la carrière de Al’ Mata en 1992) ou Le Mariage des singes à Yambi (avec Pat Masioni) qui connaîtront plusieurs rééditions. En dehors de cette tentative courageuse, les coopérations étrangères soutiennent la publication d’albums collectifs qui n’apportent, il est vrai, pas grand-chose aux auteurs : Un dîner à Kinshasa, financé par la coopération belge en 1996 ou à Kisangani, Du nouveau à Boyoma en 1993, initiative du Centre Culturel Français local.
Un métier peu valorisé
Cependant, le métier de bédéiste n’est pas considéré comme un métier d’avenir, la BD populaire ne rapporte pas grand-chose et les contrats avec Saint Paul Afrique ne permettent pas d’en vivre. Face à cette absence d’opportunités, les auteurs prennent d’autres voies. Chéri Samba (qui a commencé dans la revue Bilenge) et Ekunde deviennent peintres, Jean Claude Kimona et Dominique Mwankumi, illustrateurs pour enfants.
Dès les années 80, le phénomène d’émigration touche le milieu des bédéistes. Bernard Mayo et Sima Lukombo émigrent en Allemagne, Onoyo Yemba en France, Tshibemba s’installe à Salonique, Ilunga Kayes part exercer ses talents au Burundi et Sambou Kondi commence une longue errance qui l’amènera à vivre dans une demi-douzaine de pays d’Afrique afin de vivre de son métier. D’autres, comme Kizito ou le lushois Tshilombo Muze, franchissent le fleuve et travaillent pour le journal Ngouvou (Brazzaville). Mais pour beaucoup, la situation est loin d’être confortable. La plupart des artistes qui choisissent d’émigrer disparaissent de la scène artistique nationale et ne percent pas à l’international. Bernard Mayo, par exemple, se lance dans la musique, même s’il tente un retour au début des années 2000 avec la revue lingalaphone Suka époque. Dans les années 90, Tshisuaka s’en va en Belgique, à Charleroi et Emany Makonga part au Gabon (4), où il participera à la fondation de l’association BD Boom (avec le Gabonais Pahé, entre autres), puis aux États-Unis, d’où il cessera de donner de ses nouvelles.
De nombreux dessinateurs ne (sur)vivent que grâce à des œuvres de commande pour des ONG et des organismes de coopération ou entament une carrière de caricaturiste, à peine plus lucrative (5). À Lubumbashi, Michel Bongo Liz Mazaza, ancien de Alama, publie, entre 1992 et 2002, cinq albums de commande en noir et blanc. Le nombre d’albums sur le thème du Sida est important dans les années 90 et 2000 : Monzeli (de Tangou, en 1997), Parlons du Sida (de Lusavuvu), Regard sur le sida (de Bonkela, en 1993), Sangisa sangisa !! (en 2003), Linga kasi keba (de Barly Baruti, 2004). Autre thème souvent abordé, la démocratie et les élections nourrissent beaucoup d’œuvres. Elles ne sont cependant pas toujours d’un bon niveau, au vu de leurs conditions de réalisation, et pas toujours signées ni assumées par leurs auteurs. De ce fait, le phénomène migratoire se poursuit.
Le salut dans l’émigration et l’exil
La plus grosse vague de départ correspond à l’année 2002, où la plupart des dessinateurs sélectionnés pour l’album collectif A l’ombre du baobab émigrent en France et en Belgique. En conséquence, le milieu éditorial occidental commence à découvrir le talent des auteurs congolais. Les éditions Joker puisent dans ce milieu, que ce soit pour la série collective des Blagues coquines (à laquelle participent Tshitshi – Albert Tshisuaka et Pat Mombili) mais aussi pour des albums individuels avec les deux tomes de Vanity (2006 puis 2009) dessinés par Thembo Kash ou Le joyau du pacifique (2007) de Tshisuaka. Toujours chez Joker, Hallain Paluku prépare un album humoristique, Mes 18 ans, parlons-en, pour la fin d’année 2009. Paluku avait auparavant signé le magnifique Missy chez La Boîte à bulles en 2006 et sorti le tome 1 de la série Rugbill chez Carabas en 2007. Chez Albin Michel, Pat Masioni a dessiné en 2005 puis 2008, les deux tomes de Rwanda 94, et a sorti en 2009, Israël vibration (Ed. Nocturne) et Agathe, Agent S.I (Ed. Grad, en Suisse). En octobre et novembre 2009, Pat Masioni fait également paraître ses nouvelles planches dans les n° 13 et 14 de la série « The Unknown Soldier » scénarisée par Joshua Dysart, et publiées aux États-Unis par les éditions  » Vertigo Comics  » (branche de DC comics). Des auteurs congolais, souvent exilés, ont aussi été publiés dans les quatre anthologies successives d’Africa comics (de 2002 à 2007) ou dans BD Africa paru chez Albin Michel en 2005, supervisé par P’tit Luc.
Plusieurs éditeurs congolais sont installés en Europe.Alix Fuilu a créé Afrobulles en 2002, à la fois association, maison d’édition et revue, qui publie quatre numéros entre 2003 et 2006, puis un album collectif en 2008 (Vies volées avec les Congolais Fuilu et Kojélé et le Centrafricain Kassaï). Bienvenu Séné Mongaba crée à Bruxelles la maison d’édition Mabiki qui a édité quatre albums : Zamadrogo, fils de Soroba d’Alain Kojélé (2006) et la trilogie sur la sorcellerie du peintre Andrazzi Mbala, parue en 2008 et 2009. Mandala éditions, fondées par Robert Wazi à Rouen, a publié les deux volumes de Simon Kimbangu en 2002 et 2004, scénarisés et dessinés par Serge Diantantu qui, de son côté, auto-publie en 2009 La petite Djilly, trois ans après L’amour sous les palmiers.
L’éditeur associatif italien Laï-Momo, déjà maître d’œuvre d’Africa comics, compte également deux albums individuels d’auteurs congolais à son catalogue : Hissa Nsoli (l’île aux oiseaux en 2005) et l’une des rares auteures féminines, Fifi Mukuna (Si tu me suis autour du monde en 2005). Pendro Magazine, revue culturelle congolaise créée par Didier Demif à Londres, édite également une série dessinée par Thembo Kash.
Avec les années 2000, les choses évoluent peu à peu
Si l’arrêt de Bleu-blanc (dirigé par Kizito), Bulles et plumes (créé par Dans Bomboko) ou de Chaleur tropicale (fondé par Asimba Bathy) démontre la fragilité des revues de bandes dessinées, le milieu se renouvelle sans cesse et recèle bien des talents dont l’exposition Talatala qui s’est déroulée à Bruxelles en 2007. Une autre lueur d’espoir est apparue avec la création d’Elondja, première maison d’édition congolaise de BD, créée à Kinshasa par Dan Bomboko en 2004. Celle-ci a publié cinq mini-albums : deux albums de la série de Mamisha (dessinés par Alain Kojélé puis Dick Esalé) et les trois volumes d’Elikya, un monde hostile dont le dernier est prévu pour la fin de l’année 2010.
L’album collectif Là-bas… Na poto… financé par la Croix rouge de Belgique avec le soutien de l’Union Européenne a fait découvrir une nouvelle génération de jeunes dessinateurs comme Charly Tchimpaka, Didier Kawende ou Jason Kibiswa (Premier Prix Africa Comics 2007-2008) présents aux côtés de Dick Esalé, Albert Luba, Hissa Nsoli et des  » exilés  » comme Fifi Mukuna et Pat Masioni, sur des scénarios supervisés par Alain Brezault au cours d’un atelier qu’il a animé à Kinshasa en février 2007.
En parallèle, Africalia (ONG de développement culturel de la coopération belge) soutient la revue Kin label dirigée par Asimba Bathy (8 numéros parus, et le 9ème en préparation), plate-forme pour des talents locaux tels certains des dessinateurs de Na poto bien sûr mais aussi Gédéon Mulamba, Abelle Bowala, Jules Baïsolé, Faty Kabuika, Dody Lobela, ainsi qu’Hallain Paluku et certains artistes de l’Est comme Tetshim (Trésor Tshamala) installé à Lubumbashi ou Séraphin Kajibwami, originaire du Kivu. Ce dernier a sorti son premier album à Bukavu en 2007, Les trois derniers jours de Monseigneur Munzihirwa (6) où il évoque la figure de l’évêque de Bukavu assassiné en 1996 par un tueur à gage.
Un autre dessinateur connu à l’est est Flavien Ntangamyampi (né en 1960) qui a produit plusieurs BD de sensibilisation pour la GTZ (coopération allemande) de 1994 à 2000, puis les 2 tomes des aventures de Kilimali en 2000 et 2002. Dans le Sud Kivu, 12 dessinateurs se sont regroupés en une association, l’ABBUK (l’Association des bédéistes de Bukavu) qui a son siège à l’Alliance française. En dehors de travaux de commandes locales, ils ont réalisé une BD collective intitulée Contes de chez nous, sur l’initiative d’un prêtre de la région, grand amateur du 9ème art : le père Fernand Mertens, déjà scénariste des Aventures de Kilimali.
D’autres talents commencent à émerger. L’anthologie collective africaine La BD conte l’Afrique, publiée en Algérie en juillet 2009, montre encore d’autres œuvres originaires de RDC. Comme si le réservoir était inépuisable, comme si l’histoire de la BD congolaise ne devait jamais s’arrêter. Il lui reste à devenir une vitrine de l’énorme potentiel artistique de ce pays et surtout à aborder certains thèmes de la société congolaise encore trop peu traités (sorcellerie, guerre civile, sectes, enfants-soldats, phénomène des shégués…) et devenir le relais  » éditorial  » des peintres populaires qui, pour leur part, n’hésitent pas à les évoquer dans leurs travaux sans réellement toucher le grand public. Un défi sans doute difficile, mais le passage à une réelle considération par le milieu artistique est à ce prix….

1. Cet artiste n’a probablement rien à voir avec l’écrivain Paul Lomami Tshibamba. De plus, rien ne dit qu’il s’agit d’un congolais, certains européens ayant l’habitude de signer sous un nom africain.

2. Peintre, dramaturge, homme de radio, Albert Mongita était un touche à tout de génie dont la mémoire est très injustement oubliée par ses compatriotes. A Kinshasa, seule la salle du Théâtre national lui rend bien timidement hommage.

3. Argot de Kinshasa mélangeant le français et le lingala.

4. Il y rejoint un autre congolais, Fargas, qui, d’abord étudiant puis médecin, publie régulièrement des albums depuis une quinzaine d’années.

5. Alain Brezault a écrit un article sur l’histoire des caricaturistes de RDC dans le N°79 de Africultures.

6. Avec la participation de Charly Tshimpaka et Asimba Bathy pour la mise en couleur.///Article N° : 9446

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