Ester Rada, le charme éthio-soul

Lire hors-ligne :

Étoile montante de la scène israélienne, Ester Rada s’impose cette année dans les festivals de musique du monde. Composant un univers à la croisée d’un groove éthiopien et de soul, la chanteuse s’inscrit dans une ère de métissages.

Étoile montante de la scène israélienne, Ester Rada s’impose cette année dans les festivals de musique du monde. Composant un univers à la croisée d’un groove éthiopien et de soul, la chanteuse s’inscrit dans une ère de métissages.
Présente sur la scène de Fiest’a Sète l’année passée, la jeune éthio-israélienne semble être devenue la chouchoute des festivals. Elle chantera à Jazz sous les pommiers (44), Musiques Métisses (16), Paris Jazz festival, au Bout du monde (29) et à Art rock (22). Une tournée estivale à l’occasion de son dernier album, sorti ce 5 mai chez Discograph, en France, aux teintes ethio-soul et aux textes, en grande partie, de sa composition.
Elle était en chemin vers une carrière d’actrice. Pourtant, après un passage sur grands écrans, dans le film Kirot, Ester détourne sa carrière en 2011 pour se consacrer à la musique. Deux ans plus tard, son premier album Life Happens est sacré révélation en Israël. Née à Kiryat Arba, colonie où ses parents éthiopiens s’installèrent en 1984, Ester appartient à une petite communauté de Beta Israël, les seuls Noirs à vivre dans l’État hébreu. Si enfant, elle est bercée par la musique religieuse et éthiopienne, elle découvre adolescente les Fugees, 2Pac, la soul et le R’n’B. Symbolisant une génération d’artistes composant à partir d’un métissage, Ester Rada chante et swingue à la manière des grandes divas soul, de Nina Simone à Lauryn Hill et à Eryka Badu. Sur des rythmiques de jazz afrobeat, les cuivres, souvent, entourent sa voix suave et donnent une couleur bien abyssine à ses compositions. Ester reprend d’ailleurs une chanson de Muluken Melese, « Nanu Ney », dont la syncope invite à balancer des épaules dans le style esketi. Cette danse traditionnelle éthiopienne est devenu familière en Europe à travers la série des Ethiopiques, albums rééditant les grands chanteurs comme Mahmoud Ahmed et Alemayehu Eshete. À l’image de son clip, Life Happens, où, sur une intro façon Mulatu Astatké, elle se met en scène au saxophone, au clavier, à la batterie, puis au krar et à la basse, Ester Rada façonne un album à multiples facettes, cultivant une aura de glamour afro. De quoi nourrir l’engouement actuel des scènes françaises pour les couleurs cuivrées de groove éthiopien et de métissages hip-hop, de quoi satisfaire l’appétit de notre époque pour un son kaléidoscope, mais attention, authentique.
Electro Bamako – Now Coup de coeur
La capitale malienne s’électrise à la mode new-yorkaise avec Now, le dernier album d’Electro Bamako. Avec ce deuxième opus en trio, Marc Minelli, Paul Sidibé et Damien Traïni s’aventurent entre les boucles ternaires du kamele n’goni et l’envoutement d’un chant bambara, dans une fièvre noctambule. Un univers électro-malien que Damien Traini partage non loin de Galliano, de Madioko, de Bagayogo alias « techno Issa », ou encore de Sidiki Diabaté, le jeune griot mutant, sacré « meilleur beat-maker » du pays. Tout au long des titres de l’album, le beat techno vient puiser dans les gammes pentatoniques du n’goni. Introduisant l’album, le titre « Ambianci » nous embarque dans un flot urbain, boucles de l’instrument malien à l’infini, aux côtés d’autres cordes funk, à contre temps. C’est un album « afro-funk-futuriste » que nous a concocté ainsi ce trio, à la manière d’un mariage world 2.0, sublimant le legs de la scène malienne.

Ester Rada, Discograph, MAI 2015, 14,99 euros
Plus d’infos : www.esterrada.com
Now, d’Electro Bamako, L’Autre Distribution/ CSB, avril 2015, 12,99 €.
///Article N° : 12966

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire