Événements

Le Maghreb des films 2011 : massacre du 17 octobre 1961
Commémoration et hommage aux victimes du massacre du 17 octobre 1961. avec 7 longs métrages, fictions et documentaires ; 4 courts métrages et clips.

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Célébration et hommage aux victimes du massacre du 17 octobre 1961

En partenariat avec l’association Au Nom de la Mémoire

Les évènements d’octobre 61, à Paris, sont comme un écho à ceux qui se déroulent aujourd’hui, dans les pays du Maghreb et dans le « monde arabe ». Ils appartiennent à la même Histoire. Leur cinquantenaire sera l’occasion d’un colloque et de la programmation la plus exhaustive des films existants, qu’ils soient de fiction ou documentaires.

Les faits
Le 17 octobre 1961, à l’appel de la Fédération de France du FLN 30 000 algériens manifestent pacifiquement à Paris pour protester contre le couvre-feu discriminatoire qui leur est imposé et réclamer l’indépendance de l’Algérie.
Sous l’autorité du préfet de Police de l’époque, Maurice Papon, la manifestation est durement réprimée tuant des dizaines d’algériens.
11 538 Algériens seront interpellés, ce qui n’est pas sans rappeler la grande rafle du Vel d’hiv des 16 et 17 juillet 1942 où 12 884 juifs avaient été arrêtés, des dizaines d’assassinats, des manifestants jetés dans la Seine, des centaines d’expulsions et autant de plaintes restées sans suite. Pas d’enquête, pas de procès et encore moins de commémoration.

7 longs métrages, fictions et documentaires ; 4 courts métrages et clips.

– « Octobre à Paris », de Jacques Panijel (1962 – 70′)
Premier film documentaire sur les crimes policiers perpétrés après les manifestations en faveur de l’indépendance de l’Algérie du 17 octobre 1961.
Dès le lendemain de la manifestation, Jacques Panijel, commence dans des conditions très difficiles le tournage de « Octobre à Paris » pour alerter l’opinion sur la tuerie qui vient de se produire dans les rues de Paris. _
Financé avec les fonds du Comité Audin (collectif d’intellectuels engagés contre l’Algérie française) Octobre à Paris a été tourné à la fin du mois d’octobre 1961.
Composé de captations documentaires, de photos (entre autres celles d’Elie Kagan), d’interviews de manifestants et de reconstitutions, le film a été censuré dès 1962 et Jacques Panijel menacé de poursuite. Dès qu’il y avait une projection, les policiers débarquaient et saisissaient les bobines.

Ce film a été longtemps censuré.
La fin de la guerre d’Algérie ne signifia pas pour autant la levée de l’interdiction. C’est seulement en 1973 que la situation s’est débloquée. Après la grève de la faim du cinéaste et ancien résistant René Vautier, le film a obtenu son visa d’exploitation, il pouvait enfin être montré. Mais il a été bloqué pour des questions de droits jusqu’à aujourd’hui.

Le film sort en salles le 19 octobre 20110. Voir aussi le site consacré au film.

– « Ici on noie les Algériens », de Yasmina Adi (2011- 90′)
Même objectif que le précédent, même méthode alternant témoignages et archives, mais tourné 50 ans plus tard dans de toutes autres conditions techniques.
Dans le premier, les conditions précaires de tournage, l’émotion des témoins intacte en raison de la proximité de l’événement, leur difficulté d’expression – due aussi au manque de maîtrise de la langue française, à tel point qu’un sous-titrage ne serait pas inutile -, donnent une force extraordinaire au film et font ressortir de façon brute les violences subies. Dans le second, l’expression est nette, les dialogues précis. Par sa description claire de l’événement, il est un complément évident du premier
Mêlant histoire et mémoire, passé et présent, le film est construit comme un thriller. Pour que la vérité remplace les non-dits et pour faire émerger la dimension politique et humaine de cet épisode trop longtemps tu.


Le film sort en salles le 19 octobre 2011

« Nuit noire, 17 octobre 1961 », de Alain Tasma (2005 – 108′)
Ce n’est pas un documentaire, mais une fiction.

Alain Tasma retrace avec une grande sincérité et une impartialité étonnante l’escalade des tensions en plein Paris, l’exacerbation d’un sentiment de haine entre algériens et policiers et le chaos qui s’en suivra. La limite est ténue entre le bien et le mal, les bons et les méchants, mais grâce au scénario de Patrick Rotman les comportements paraissent réalistes, chaque détail a été méticuleusement bien écrit.
Le film croise les destins de personnages qui ont, chacun, une vue partiale et partielle de la situation : Sabine, journaliste ; Nathalie, porteuse de valises ; Martin, jeune flic sans engagement politique ; Tierce, policier syndicaliste ; Tarek, ouvrier de nuit non militant ; son neveu, Abde, qui suit des cours du soir ; Ali Saïd, cadre du FLN ; Maurice, coordonnateur de la Fédération de France du FLN. A ces personnages s’ajoute une figure historique : le préfet Papon.

« 17 octobre 1961, dissimulation d’un massacre », de Daniel Kupferstein (2001 – 52′)
Ce fut un véritable festival de mensonges, d’erreurs et d’intoxication dans la presse française au lendemain des massacres du 17 octobre 1961, à Paris, raconte le journaliste René Dazy qui a vu tellement de sauvagerie se déployer ce jour là qu’à son retour à la rédaction, il vomit. 

Construit sur une avalanche de témoignages hallucinants, de révélations et de vérités longtemps refoulées, le film explique pourquoi ce crime a été occulté, pourquoi cette histoire a été dissimulée, dans quelles conditions et au nom de quelles raisons des responsables d’un Etat dit démocratique, ont-ils caché l’ampleur et la gravité de tels événements ?.

Parmi les scènes filmées notamment :

en février 1999, le procès en diffamation intenté par Maurice Papon, ancien préfet de police, contre l’écrivain Jean-Luc Einaudi à la suite de son témoignage devant la Cour d’assises de Bordeaux en 1997.
l’interview de Brigitte Lainé et Philippe Grand, conservateurs en chef du patrimoine détachés aux Archives de la Ville de Paris, objet d’une enquête administrative au lendemain de leurs témoignages au procès de J.-L. Einaudi.

« Vivre au paradis », de Bourlem Gerdjou (1999 – 97′)
Une rare fiction retraçant la vie des travailleurs immigrés dans le bidonville de Nanterre pendant la Guerre d’Algérie. Leur quotidien au travers d’une famille fracturée par le désir d’accession à la modernité du père et la fidélité aux valeurs du groupe incarnée par la mère. Une séquence sur le 17 Octobre 1961.


« Le silence du fleuve », de Mehdi Lallaoui et Agnès Denis
(1991 – 52′)

« L’oubli est complice de la récidive », dit le commentaire de ce film consacré à la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris et à la sauvage répression qui s’en est suivie.

Le film rassemble des témoins oculaires parmi lesquels un prêtre, un gardien de la paix, un couple d’ouvriers sympathisants de la cause algérienne, une avocate, des conseillers municipaux de Paris dont Claude Bourdet (alors l’un des dirigeants du PSU et journaliste à France Observateur), Gérard Monatte, le futur dirigeant syndical dans la police, et l’éditeur et écrivain François Maspero.

Mehdi Lallaoui est président de l’association « Au Nom de la Mémoire »

Et aussi : « Meurtres pour mémoire », de Laurent Heynemann (1984 – 81′) ; « Mémoires du 17 octobre », de Faïza Guène et Bernard Richard (2002 – 17′) ; « Témoignages d’octobre », de Sébastien Pascot (2002 – 11′) ; « Une histoire du guetto français : 17 octobre1961 », de Sébastien Pascot (Clip, 3mn26).


Rappel des dates du Maghreb des films : du 16 au 25 octobre à Paris (Les 3 Luxembourg, Forum des images, Institut du Monde Arabe), à partir du 16 octobre en banlieue parisienne et en province (voir la page réseau) La grille horaire sera précisée ultérieurement.