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Mon Général
Une tragi-comédie où se croisent la petite et la grande histoire, qui parle de l’Afrique, des Africains et du Général de Gaulle. Une histoire universelle totalement ignorée.

Français

« Mon Général » est une tragi-comédie en trois actes où se croisent la petite et la grande histoire, dont l’action se passe dans les années 70 à Paris, qui parle de l’Afrique, des Africains, des anciens combattants, du Général de Gaulle, des indépendances africaines, des « travailleurs immigrés », de la guerre d’Algérie, des Français, des Blancs et des Noirs, de l’amour… et du désamour.
Comme son père – « tirailleur sénégalais » qui a fait les deux grandes guerres mondiales et combattu dans les corps d’armées d’Afrique de la 2ème Division blindée du Colonel Leclerc – le camerounais Augustin, dit « Mon Général », voue un véritable culte au Général de Gaulle. Cet amour pour le Général le conduira en France « parmi les siens » ; et, de désillusions en déchéances physiques et morales, il n’aura plus que ses compatriotes pour l’entourer et le soutenir dans sa folie.
Le parcours d’Augustin retrace une histoire universelle totalement ignorée. Il laisse percevoir les rêves, les peurs et rancœurs qui habitent les travailleurs venus d’Afrique noire et d’Algérie au lendemain des indépendances. Véritable figure tutélaire, le Général de Gaulle hante les discours des personnages tel un spectre glorieux, pour certains, comme une ombre encombrante, pour d’autres. Comment s’approprier l’histoire, la langue et l’avenir d’un pays loué par la génération des pères lorsque le présent ne coïncide plus avec les chants passés ? Avec force et humour, Marcel Zang donne corps et voix à ces destins qui se croisent dans la nuit parisienne pour partager leurs doutes et négocier l’espoir.

EXTRAIT de « Mon Général »

AUGUSTIN. Et mon père m’a montré ses médailles et ses blessures de guerre et il m’a dit : « Va, mon fils, va ; tu seras chez toi là-bas, parmi les tiens ». Il m’a dit ça… chez moi… le Général… Tu seras chez toi là-bas, le Général a dit… Pour défendre la civilisation contre la barbarie… la civilisation contre la barbarie…

UNE VOIX. Le Cameroun deviendra le noyau de la Résistance Afrique française libre et le départ de la 2e Division française libre qui traversera le Sahara, reliant le Tchad, Mourzouck, Kouffra, le Fezzan, Tripolitaine, Tunis, constituée de Noirs africains et de Maghrébins – les Indigènes – sous les ordres du colonel Leclerc. La 2e Division blindée « Leclerc » débarquera en Normandie le 2 août 1944 à 17 heures et libérera enfin Paris le 25 août 1944, sans ses « coloniaux » mis au repos pour la circonstance. A midi le drapeau tricolore français flotte sur la tour Eiffel.

Marcel Zang

mise en scène de Kazem Shahryari
avec Alain Dzukam, Lélé Matelo, Odile Roig, Basile Siékoua, Paul Soka, Tadie Tuene