Événements

Songes d’une nuit DV 2004
5e édition

Français

PRESENTATION

« Montrer par l’exemple que ce que l’on décrète impossible est possible » (Gérard Mordillat)

Cinquième percée à vif d’un cinéma singulier et fort, planche d’appel pour des bouffées d’air venant d’un futur encore fragile, le festival Songes d’une nuit DV rouvre, cette année encore, pendant cinq jours, les voies de la reconnaissance de nouveaux espaces où peuvent s’exprimer les essais, la vie.

Pister, en France, en Belgique, en Afrique, les signes d’ouverture, interroger les objectifs de ce cinéma construit avec des caméras devenues comme des stylos dans la main d’écrivains d’un nouveau genre, c’est le choix de ces chercheurs numériques qui examinent à la loupe le langage qui se met en place et pénètrent au cœur des sujets, au travers d’un art en devenir, audacieux, surprenant, dynamique.

Simple ou complexe, linéaire ou sinueux, le chemin emprunté par ces téméraires explorateurs d’un nouveau style conduit à la mise en image de la vie, à la pénétration du réel, du rêve que l’on voudrait tangible, du simple quotidien installé sur l’écran.

Baliser un langage neuf, plonger dans l’humain, c’est le fondement de la programmation de ces quelques vingt séances d’un autre type.

Des cinéastes reconnus ont choisi de se remettre en question, de travailler autrement et, dans ce que nous avions appelé, l’an passé, l’exploration d’un territoire singulier, de rejoindre des jeunes qui ne peuvent plus attendre, veulent montrer, inventer, accéder à la liberté, nouveaux funambules suspendus au-dessus d’une rivière trop tranquille ou trop tumultueuse.

Un cinéma qui met des claques, c’est celui qui sous tendra ces journées de recherche, de découverte, d’essai, de bonheur du risque encouru, de mise en danger. Documentaires, fictions, courts ou longs métrages, ils sont tous le fruit de l’urgence et de la symbiose entre le créateur et sa petite caméra, outil de libération.

Qu’ils nous viennent de France, de Belgique ou d’Afrique, les films choisis sont autant de signes d’une nouvelle esthétique, pas toujours la même d’ailleurs, d’un continent à l’autre. L’Occident cherche la mise en valeur d’un nouveau genre, proche de l’essai quelquefois. Le Sud, au contraire, apporte des films plus carrés, plus traditionnels, au style parfois basique, qui seront les fers de lance de la conquête de la liberté qui s’acquiert et se construit en dehors des sentiers balisés par des cultures importées.

L’an passé, Gérard Mordillat affirmait : « Le festival Songes d’une nuit DV est l’essence même d’Altermedia : montrer par l’exemple que ce que l’on décrète impossible est possible. Il s’agit d’encourager les initiatives qui vont dans le sens de la vidéo pour réaliser des films. En permettant cette année de rendre visible le cinéma numérique d’Afrique, de France et de Belgique, « Songes d’une nuit DV » contribue à redéfinir la cartographie du cinéma mondial. » Nous avons placé de nouveaux points de référence dans cet atlas dont il parle. Le voyage ne fait que commencer.

Dany MARTIN
Directrice.

—-
Songes d’une nuit DV est riche,
de la richesse des cinémas « numériques »
belges, français et africains.

Cette 5ème édition persiste sur cette ligne géographique très spécifique et étonnamment prolixe en heureux regards croisés. Dany Martin, directrice, (ex-directrice du Festival du film francophone de Namur, et conseillère technique et artistique pour le Fespaco), y ré-affirme son goût pour un cinéma novateur, de recherche et sans frontière, en programmant les derniers films de ces pays où elle travaille depuis longtemps : de Belgique, de France et d’Afrique.
Outre les publics universitaires et professionnels, dionysiens et étudiants, curieux et amateurs de Belgique, de France et d’Afrique, elle invite, cette année, à palabrer à l’Ecran de Saint-Denis, avec leurs compatriotes cinéastes, de nombreux africains des associations séquano-dionysiennes.
Les films belges inédits qu’elle nous apporte se font déjà remarquer dans des festivals internationaux, tant ils sont, dans la tradition de ce cinéma, libres de conventions esthétiques et ouverts sur le monde. Les films africains sont souvent ses propres découvertes en terre d’ébène, de cinéastes qui se libèrent, grâce à la légèreté des caméras numériques, des financements, et donc des circuits obligatoires et formatés par nos critères esthétiques, de l’institution française.
Quant aux cinéastes français qui s’essaient au numérique, ce sont là-aussi sans doute les moins conventionnels, qui fabriquent des images nouvelles pour exprimer leur regard, leur amour des hommes, et faire ainsi, avec eux, le récit de l’histoire du monde aujourd’hui.

Caroline Chomienne
Déléguée générale d’Altermedia et de Songes d’une nuit DV


NOS INVITES

PASCAL ARNOLD ET JEAN-MARC BARR – WILLIAM AUGUST – LOREDANA BIANCONI – FRANCOIS CAILLAT – BOUBAKAR DIALLO – FRANCOIS DUPEYRON – ILAN DURAN-COHEN – RENE FERET – BENOIT JACQUOT – DANY KOUYATE – JOACHIM LAFOSSE – WILLY M’BAYE – JEAN-PIERRE MOCKY – SARAH MOON HOVE – GERARD MORDILLAT – PATAR ET AUBIER – FANTA REGINA NACRO ABDERHAMANE SISSAKO – JEAN-LUC SLOCK – MOUSSA TOURE – PIERRE-YVES VANDEWEERD – MICHA WALD – FREDERIQUE DEVAUX ………….


HOMMAGE A PHILIP BROOKS

PHILIP BROOKS, REALISATEUR ET PRODUCTEUR SENSIBLE
Nous avons choisi de rendre un hommage à un cinéaste talentueux, sensible et courageux.
Philip Brooks est mort le 6 janvier 2003.
C’est en février de la même année que j’ai rencontré ceux qui l’ont côtoyé de près, ont travaillé à ses côtés, vécu à son contact, ses très proches. Nous étions à Ouagadougou, pour le Fespaco. Leur tristesse était terrible, aussi importante que la furieuse décision de projeter les films voulus par Philip. A tout prix. Même celui de la colère de se sentir délaissés dans ce grand capharnaüm joyeux. Blessés et seuls devant ce devoir immédiat de mémoire.
Nadège Hasson et Laurent Bocahut ont atteint leur objectif, ils ont remis dans les yeux et les têtes le souvenir de cet australien généreux qui a établi tant de passerelles entre les continents, entre les gens, entre les histoires.
A Songes d’une nuit DV, nous voulons continuer, avec eux, ce travail. Nous qui aimons les films qui disent, et qui sont, et qui se battent, nous vous invitons à venir ou revenir voir Chronique d’une catastrophe annoncée ou Une journée portée disparue. Philip Brooks était un homme profondément engagé et il fallu cet australien pour rappeler, par le cinéma, la ratonnade des 17 et 18 octobre 1961 à Paris. Maurice Papon était préfet de police.
(Samedi 20 novembre à 16 heures).

BIOGRAPHIE de PHILIP BROOKS
Né en 1953 en Tasmanie, c’est à Melbourne en 1974, que Philip Brooks rencontre nombre de ses futurs amis, tous engagés dans des activités politiques et artistiques. Philip Brooks est connu pour sa fougue, son désir trouble d’aventure, son anarchisme à la recherche d’une cause.
En 1975, il fuit l’Australie pour l’Angleterre, il est l’un des organisateurs du premier concert « Rock against the racism » Nous sommes en pleine période punk, il fait partie d’un groupe d’agitateurs semant la zizanie et hurlant leur haine de l’apartheid. La grisaille de l’Angleterre lui donne l’envie de partir et il s’installe définitivement à Paris en 1978.
Il se rend à plusieurs reprises aux Philippines, où il finit par tourner plusieurs documentaires et se lier d’amitié avec le grand cinéaste Lino Brocka. C’est l’époque où il commence à se rendre en Afrique du Sud, d’où il sera expulsé après avoir été tabassé à l’aéroport et déclaré « persona non grata ». Après avoir changé de nom et de passeport, il se rend de nouveau en Afrique du Sud et tourne assez clandestinement des films tels que « Bussing », sur le trajet de

100 à 150 kms effectués quotidiennement par les ouvriers noirs Sud-Africains pour se rendre sur leur lieu de travail ; ou encore « Health under the Apartheid », dans lequel il s’intéresse au sort des noirs dans le système de santé blanc sud-africain.
Il tente de monter une télévision libre à Soweto mais, faute de moyens conséquents, le projet tombe à l’eau. Il écrit, en collaboration avec un autre Sud-Africain, Andrew Wordsdale, enfant terrible, mais cinéaste et scénariste de talent, un scénario sur la vie de Roger Casement, diplomate anglais et rebelle irlandais ayant dénoncé les abus de l’exploitation coloniale au Congo et auteur des fameux « Carnets noirs » dans lesquels il dévoile son homosexualité, avec force détails. Ici aussi, faute de financement, le projet rejoint les oubliettes.
Les réserves financières se dégradant, il reprend son bâton de journaliste. Il travaille sur différents films, en particulier avec « Point du jour ». Les temps redeviennent durs.
En 1990, il rencontre Laurent Bocahut avec qui il créera la société de production Dominant 7.


TABLES RONDES

Table Ronde 1 : La transmission des savoirs, pour avancer ensemble sur une charte de la professionnalisation sur les films de long métrage et téléfilms.
Œuvrer pour la transmission des savoirs et l’émergence des jeunes talents est l’activité permanente du Centre de Ressources emploi-formation cinéma audiovisuel d’Altermédia, depuis 7ans en Ile-de-France, et 3 ans à Marseille
Cette rencontre constituera le suivi de notre journée professionnelle du 29 avril qui avait pour thème les difficultés de professionnalisation des nouveaux venus dans les métiers du cinéma. Se posera la question d’une régulation de la formation et la constitution d’une charte (souhait émis par les participants à cette rencontre)

Modérateur : Monsieur Bernard Gourinchas, président de l’AESPA
Participants pressentis : Jacques Peskine, Paul Marie (Conseil régional – secteur formations), Laurent Blois, des représentants de la Fémis, des IIIS, de Louis Lumière et de l’INA, Pierre William Glenn de l’ADP, Eric Briat du CNC, Christophe Valentie de l’ANPE Spectacle, Gilles Morin (Les productions du Dragon)…

MERCREDI 17 NOVEMBRE 16H30

Table Ronde 2 : Le droit à l’image quand il vient s’opposer au droit à l’information et à la création.
Roland Rappaport, avocat de Nicolas Philibert, auteur réalisateur de « Etre et Avoir » sera un des intervenants. Nous réunirons, autour de lui, des amis cinéastes de longue date, tel que Gérard Mordillat avait qui il avait co-réalisé « La voix de son maître ». Ils nous parleront des obligations morales et juridiques des filmeurs et des filmés.
Ce thème rencontrera une actualité proche puisque le tribunal a tranché en ce qui concerne le conflit autour du film Etre et avoir de Nicolas Philibert. Des juristes, des réalisateurs seront présents pour échanger leurs points de vue. Nous tenterons d’en tirer un enseignement pour imaginer comment gérer ce rapport à l’autre et à son image.

Modérateur : Gérard Mordillat (cinéaste, président d’Altermedia)
Participants pressentis : Sarah Moon Howe, Roland Rappaport, Régine VIAL (films du losange), Alain BERGALA, Raymond DEPARDON, Serge LALOUX, Pierre-Yves Van de Weerd, Pierre Lekeux ….

JEUDI 18 NOVEMBRE 14H


Table Ronde 3 : A quoi engage le fait de faire du cinéma ? A quoi engage le numérique ? Des rencontres, des paroles à tenir, des mémoires à ouvrir ?…
Le fait de prendre une caméra et de tourner est-il un simple acte gratuit ? L’engagement est-il seulement de l’ordre de la dénonciation ? Les petites caméras réorientent-elles cet acte, ses moteurs et ses conséquences ?
Anne-Marie Faux, qui modère la table ronde sur ce thème, répond : « À presque rien peut-être mais dans ce presque il y a : des rencontres, des paroles à tenir, des risques à faire, défaire et refaire, des refus à toute forme de collaboration avec les pouvoirs, des mémoires à ouvrir, une communauté qui vient, des mouvements à danser, un chemin vers une singularité quelconque, des incertitudes invérifiables, des avant-pensées, des formes d’actes-de-guerre, des appels au présent… »

Modératrice : Anne-Marie FAUX
Participants pressentis : Moussa TOURE, Jean-Louis COMOLLI, Michael RAEBURN, Valentine ROULET (CNC), Pierre Yves VANDEWEERT, Thierry GARREL (ARTE),Frédérique DEVAUX, Dominique SAMPIERO, Laurent Bocahut (Dominant 7)….

SAMEDI 20 NOVEMBRE 14H


Table Ronde 4: Le numérique ou l’argentique, ou « comment les jeunes cinéastes et producteurs engagent-ils choix esthétiques et économiques pour le support des films ? Le support numérique permet de manipuler davantage l’image. N’est-ce pas une des raisons de l’attachement de certains à la pellicule argentique, un attachement au cinéma d’enregistrement?
Ils considèrent encore souvent le choix du numérique comme un pis aller, une simple et triste contrainte économique. Pourquoi ne se donnent-ils pas la chance d’être inventifs, de travailler un autre cinéma, sans artifices, plus direct ? Pourquoi, dès qu’il reçoivent des aides, s’orientent-ils, la plupart du temps vers l’argentique ?
De l’attrait de l’argentique pour les jeunes cinéastes qui choisissent souvent cette technique de travail plutôt que le numérique susceptible de les soulager en ce qui concerne le poids financier du tournage d’un film.
Qu’est-ce qui les à se tourner quasi automatiquement vers l’argentique dès qu’ils sont financés, même à un petit niveau ?

Modérateur : Louis Héliot, responsable Cinéma au centre Wallonie Bruxelles de Paris et producteur.
Participants pressentis : René FERET, Caroline CHAMPETIER, Jean-Marc BARR et/ou Pascal ARNOLD, Karim BENSALLAH, Jean-Fabrice BARNAULT (Movie Da), Zeka LAPLAINE, Pascal TESSAUD, Joachim LAFOSSE, Boubacar DIALLO, Marc NICOLAS (FEMIS), Frédéric SABOURAUD…

DIMANCHE 21 NOVEMBRE 14H






QUELQUES FILMS DE LA PROGRAMMATION

· ALICE ET MOI
Belgique/2004/Noir et blanc/19mn
De Micha Wald

Simon doit conduire sa vieille tante Mala à la mer, en compagnie de Lydia et Colette, deux amies de Mala. Pendant le trajet, Alice, sa petite amie, lui téléphone et ils se disputent. En bonne grand-mères juives, les trois femmes s’immiscent petit à petit dans l’histoire de Simon, ce qui bien sûr, n’arrange rien à la situation…

Le Réalisateur
Micha Wald a réalisé trois courts-métrages de fiction et un documentaire sur son père spirituel Boris Lehman. Il a aussi écrit aussi trois longs-métrages.
« Alice et moi » a été primé au Festival de Locarno et a reçu un accueil chaleureux pendant La Semaine de la Critique à Cannes.

· A TOUT DE SUITE
France/2004/Noir & Blanc/1h35
De Benoît Jacquot

Paris 1975 : une jeune fille de 19 ans, issue de la bourgeoisie s’éprend d’un jeune marocain rencontré dans un bar. Une nuit, il débarque chez elle avec un copain. Tous deux viennent de braquer une banque, de tuer un vigile et faire plusieurs otages. Alors, commence pour la jeune femme une fuite à travers toute l’Europe aux côtés des deux malfrats…

· BORRY BANA
Burkina Faso/nov2003/Couleur/57mn30
De Luc Damiba et Abdoulaye Diallo

« Borry Bana », expression en langue bambara qui veut dire « la fuite est terminée » est le titre de ce film sur le destin fatal de Norbert Zongo, célèbre journaliste burkinabè assassiné pour ses idées. Le titre de ce film a été emprunté à Norbert Zongo, qui, lui-même, s’est inspiré de l’Almamy Samory Touré afin de marquer la fin de son nomadisme circonstanciel et sa décision d’affronter son destin. En créant son propre journal, il pouvait défendre librement ses points de vue, même au risque de sa vie.
Le 123 décembre 1998, il est assassiné avec trois de ses compagnons sur la route qui mène à sa ferme. Ce documentaire est un hommage à un homme qui a consacré sa vie à défendre les faibles et les sans voix.


· CLOSED DISTRICT
Belgique/2004/Noir et blanc/55mn
De Pierre-Yves Van de Weerdt

En 1996, je séjournai dans le village de Mankien, au sud-Soudan, pour y filmer la guerre. A l’époque, je pensais que réaliser un film sur une région en prise avec un conflit un acte d’engagement.
Une fois sur place, la réalité m’est apparue différente de ce que j’avais imaginé. De retour en Belgique, je sombrai dans un sentiment d’impuissance et d’écoeurement, au point de ne jamais monter ces images, jusqu’à aujourd’hui. Il y a peu, j’ai appris que la plupart des gens que j’avais filmés avaient perdu la vie ….
Closed district est non seulement un film sur la guerre au Sud-Soudan, mais davantage sur les guerres en général, sur la mort et la détresse qui, souvent, en découlent. Il pose aussi la question de la place du cinéaste dans une situation de conflit.


· ENTRE DEUX RIVES
France/2002/couleurs/52mn
De Frédérique Devaux

C’est une histoire intime, celle de la réalisatrice et de sa famille qui cueille l’occasion pour faire une enquête sur la grande émigration Kabyle en France. Les enfants, la deuxième génération, à cheval entre les deux cultures, connaissent la difficile dimension de ceux qui se trouvent sur les « deux rives ». « Tout ce mélange de culture, de religon » dit l’un des interviewés, « je n’arrive plus à trouver mon équilibre ».

· FOLIE PRIVEE
Belgique/2004/Couleur/67mn
De Joachim Lafosse
Pascale a quitté Jan et a décidé de refaire sa vie avec Didier.
Lorsque Pascale revient s’installer dans leur maison, Jan est toujours là, il refuse de quitter les lieux et de se séparer de son fils. Avec l’arrivée de Didier, le conflit explose.
En vingt-quatre heures, le destin de chacun des protagonistes va irrémédiablement basculer.
Le film s’inspire de « Médée », la tragédie d’Euripide. Il a reçu un accueil très chaleureux du public et de la presse au festival de Locarno.

· Film d’ouverture
INGUELEZI
France/2004/Couleur/1h50
De François Dupeyron

Avec Eric Caravaca et Marie Payen
Suite à la mort de son ami, une femme ne peut assumer ce qui s’ensuit : l’enterrement, le cimetière et les autres. Par hasard, elle se retrouve confrontée à un clandestin Kurde à la recherche de la terre promise.
Inguelezi est un film sur une histoire de clandestins, et de la vie à retrouver après un deuil.

· LA OU L’HERBE EST MOINS VERTE, LA PLUIE EST PLUS DRUE
France/2003/Couleur/8 mn
De Marie-Clothilde Chery

« Il me faut tellement de temps pour ne rien faire, que je n’en ai plus pour travailler. »
« Assise devant un maquis, je feuillette un journal local et souris à l’auto-dérision africaine de cette situation. Mais elle me ressemble aussi, bien que je ne sois qu’une touriste blanche. Je suis allée à Ouagadougou, parce que ce nom chantait à mes oreilles. J’ai compris que c’était pour ne rien faire, juste regarder, écouter. »


· LAST NIGHT ON EARTH
Belgique/2004/Couleur/ 70mn
De William August (Gilles Daoust)

Max décide d’en finir avec la vie. Ce soir. D’une balle. Avec un revolver qu’il vient d’acheter pour l’occasion.
Mais avant cela, il demande à son meilleur ami, Bud, de venir filmer sa dernière journée sur la terre. Pour laisser un témoignage.
L’entièreté du film est vue à travers le point de vue subjectif de la caméra de Bud.
« Last night on earth » se veut le premier film long métrage tourné en direct, en une seule journée.
La production a pris, de l’écriture au montage, 1 mois.

· LE GLANDEUR
France/2000/Couleur/1h20mn
De Jean-Pierre Mocky

La journée mouvementée d’un glandeur que sa femme, secrétaire d’Etat aux sports, veut
forcer à travailler.

Avec Jean-Pierre Mocky dans le premier rôle, et Jean Abeillé, Evelyne Harter et Macha
Béranger.

· LES PETITS FILS
France/2004/Couleur/1h30
De Ilan Duran Cohen

Guillaume cherche à s’émanciper de l’amour de deux femmes : sa mère, récemment décédée, et Régine, sa grand-mère paternelle qui l’a élevé.
Les cendres de la belle-fille reposent dans une urne placée sur le balcon de la grand-mère qui a pris l’habitude de lui parler tous les jours.
Aujourd’hui, tous se sont habitués à l’urne. Personne n’est capable de s’en séparer. L’arrivée de Maxime, un jeune homme de ménage, les pousseront à entreprendre le chemin du deuil, jusque là évité.





· MES CHERS ANTIPODES
France/2000/Couleur/60mn
De Philip Brooks

Portrait d’une Australie transfigurée. Philip Brooks, lui-même australien, retrouve sa famille, tous émigrés anglais et des amis, musiciens, écrivains qui sont des figures emblématiques de cette Australie moderne. Ce film est une réflexion et une interrogation sur le passé récent, le présent et le futur de l’Australie, mais aussi sur le parcours personnel du réalisateur. Ce film met en relief tout ce qui rapproche le réalisateur, mais aussi tout ce qui le sépare, de son Australie natale. Rythmé par les paysages de la Tasmanie, où il est né, puis par le tempo endiablé de sa jeunesse à Melbourne.


· NE DITES PAS A MA MERE
Belgique/2003/Documentaire/Couleur & NB/27mn
De Sarah Moon Howe

« Je fais du strip-tease depuis mes 22 ans. Je voulais voir et être vue. Je voulais explorer ma féminité à travers les regards des autres. Je voulais me brûler les ailes, sentir la peur et au bout de chaque nuit, en réchapper. Pendant toutes ces années, j’ai filmé en super 8 noir et blanc ce que je découvrais dans ce monde souterrain. Ce film est un témoignage, une tranche de vie ».
« Ne dites pas à ma mère », premier film de Sarah Moon Howe, est un court-métrage autobiographique. Ce film est accompagné par le récit en voix off de la réalisatrice qui impose un rythme étrangement précipité, comme motivé par une espèce d’urgence de dire, de se dire et puis de s’en sortir.

· OUAGA-SAGA
Burkina Faso/2004/Couleur/1h30
De Dani Kouyaté (le fils de Sotigui Kouyaté actuellement en tournée avec les Bouffes du Nord pour la pièce Thierno Bokar)

Dans la capitale d’un pays d’Afrique, le Burkina Faso, une bande de jeunes adultes et d’adolescents tente de survivre et de prospérer face aux mille et une tentations. Aventures d’une bande de débrouillards, vivant dans un quartier démuni de Ouagadougou, qui cherche à réaliser des rêves plus ou moins fous. L’astuce et l’ingéniosité compensent l’argent qui manque souvent. La tristesse est bannie d’un mode de vie résolument optimiste. Rapines et petits boulots constituent le quotidien de cette lutte pour la vie. Les uns réussiront modestement, les autres sombreront plus ou moins sans que, pour autant, ne se démente une grande solidarité de groupe.


· POUSSIERES DE VILLE
Sénégal/2003/Couleur/52mn
De Moussa Touré

Ce film est un dialogue dense et intense entre le réalisateur et sept enfants de la rue, à Brazzaville. Ils sont âgés de 9 à 17 ans et vivent dans un marché.de Brazzaville, depuis 4 ans. Ils ont été abandonnés par leurs parents et tentent de survivre, en bande et dans des conditions très précaires.
Le réalisateur a rencontré les parents de ces enfants et découvert que des mensonges viennent des deux côtés. Les uns et les autres disent se chercher et, finalement, ne se cherchent pas tant que ça.

· UNE JOURNEE PORTEE DISPARUE
France/1993/Couleur/52mn
De Philip Brooks et Alan Hayling

Le 17 Octobre 1961 des milliers d’Algériens s’étaient rassemblés dans les rues de Paris pour protester contre le couvre-feu qui leur avait été imposé. La police organisa une opération massive pour endiguer la manifestation. Cette nuit-là, et les jours qui suivirent, des crimes innommables furent commis. Des centaines de personnes furent battues, torturées ou fusillées. Des corps furent jetés dans la Seine. Dès lors la police et le gouvernement firent le nécessaire pour étouffer l’affaire. « Une journée portée disparue » nous montre le massacre qui eut lieu ce soir-là et comment un des évènements les plus noires de l’histoire française fut occulté.

· WALKING BACKWARDS
UK/GHANA/2004/Couleur/26mn
De Caroline Deeds

Retour au Ghana pour la réalisatrice ayant grandi en Angleterre. Avec une voix off, comme dans un journal intime, elle raconte son retour dans le village où vit sa grand-mère. C’est le point de départ d’un voyage intense et fuyant dans la mémoire et le présent, des années de la libération et de N’Krumah à la visite aux laboratoires, désormais des restes archéologiques qui auraient dû accueillir les projets de recherche sur l’énergie atomique, jusqu’à l’étape à la forteresse d’où étaient déportés les esclaves.

· WA N’WINA
Afrique du Sud/2001/Couleur/52mn
De Dumosani Phakathi

« Wa n’Wina » est une lettre d’amour que j’envoie à ma rue et aux habitants de Soweto. Au milieu du catastrophisme ambiant, c’est pour moi une façon d’affirmer que les gens sont des individus avant d’être des statistiques. C’est aussi l’affirmation d’une indomptable volonté de survivre ensemble à l’ère du Sida ».

· WHEN THE WAR IS OVER
Afrique du Sud/2002/Couleur/52mn
De François Verster

Gori est un capitaine de l’armée. Marlon appartient à un gang. Ils sont tous les deux noirs et membres d’un groupe de jeunes guérilleros unis dans leur lutte contre l’apartheid dans les années 80 et connu sous le nom de Bonteheuwel Military Wing (Bmw). Aujourd’hui, terminée la lutte pour mettre fin à la ségrégation raciale en Afrique du Sud, Gori et Marlon essaient de survivre parmi cette génération qui est devenue la génération perdue de la nation. Nous les rencontrons dans leur existence quotidienne, au milieu de gangsters et de drogués, de personnes vivant en marge de la société, mais tout en entrevoyant la possibilité d’un espoir pour le futur ;
ALTERMEDIA

ALTERMEDIA est à l’origine du festival Songes d’une nuit DV.
C’est un centre de ressources et de formation créé pour soutenir la création, favoriser l’émergence de jeunes talents et transmettre les savoirs du cinéma et de l’audiovisuel.

Des formations y sont très régulièrement dispensées, parmi lesquelles, tout récemment une formation à l’écriture de documentaires qui trouvera son épilogue le jour d’inauguration du festival lors de l’

ATELIER DE DEVELOPPEMENT DE PROJETS DOCUMENTAIRES ET JURY
Du 24 août au 23 novembre, 12 jeunes réalisateurs sélectionnés sur la qualité et la pertinence de leurs projets suivent l’atelier de développement et d’écriture de films documentaires sous la direction du réalisateur Jean-Pierre Lenoir. Cet atelier leur permet de parfaire l’écriture de leur projet documentaire, de rédiger tous les éléments constitutifs d’un dossier, et de s’entraîner à la présentation orale de leur scénario. Ces heures de travail sont ponctuées par des rencontres avec des réalisateurs et des producteurs.
Au cours de la matinée du 17 novembre, au cinéma l’Ecran de Saint-Denis, ils présenteront leurs travaux à des professionnels – producteurs, réalisateurs, diffuseurs et responsables de structures d’aide à la création – en séance publique, au cours d’un « pitching », ouvrant ainsi la 5ème édition des rencontres « Songes d’une nuit DV ».
Pendant les cinq jours de cette manifestation professionnelle, ils participeront activement aux projections et aux débats autour des films d’écoles et d’autodidactes, des films de cinéastes belges, africains et français confirmés, et aux tables rondes sur la transmission des savoirs et sur le cinéma numérique et ses choix, notamment cette année, sur le droit à l’image, et sur l’engagement au travers du choix de faire du cinéma. Ils pourront engager des relations avec des débutants et des professionnels, développer un réseau professionnel et faire évoluer leur projet dans un cadre favorable.
LE JURY PRESSENTI
Gérard Mordillat, réalisateur
Matthieu Belghiti, LittleBear
Simone Vannier, Documentaire sur Grand Ecran
Jean-Pierre Mast, « Brouillon d’un rêve » Scam
Des représentants de TV5 et Planète




GRILLE DES PROGRAMMES

MERCREDI 17 NOVEMBRE

10 heures : Atelier développement de projets – séance pitching où 12 jeunes réalisateurs présentent leurs projets de film, issus de l’atelier d’écriture et de développement de films documentaires d’Altermedia, et sont confrontés aux avis et conseils de producteurs, diffuseurs et réalisateurs.

13H30 Une série de films de jeunes réalisateurs sortant de l’école ou novices. Des premiers films.

– FISABILILAH
De Aïcha Thiam/ 12mn36/ Productions du quartier au Sénégal
– LA OU L’HERBE EST MOINS VERTE, LA PLUIE EST PLUE DRUE
De Marie-Clothilde Chery/ 8mn/France
– LA PETITE HISTOIRE
De Abnousse Shalmani/13mn/France-Iran
– PAS DE PROBLEME
De M. El Kaissi, E. Siqueira, A.Gandoin, Y. Campe, W.Peleau/ 21mn/France
– LA ROSERAIE
De Amanda Robles/ 35mn/France
– LA ROUE TOURNE
De Joanna Grudzinska/16mn/Belgique
– OPEN BAR
De Marthes Lazarus/10mn/France
– STREET ACADEMY
De Pierrick Servais/3mn/France
– SILENCIO
De Nicolas L’Heureux/16mn/France
– FRED
De Papa Mar N’Diaye/10mn32’/Belgique-Sénégal

16H30

Table Ronde : La transmission des savoirs, pour avancer ensemble sur une charte de la professionnalisation sur les films de long métrage et téléfilms.
Modérateur : Bernard Gourinchas, président de l’Association des Employeurs du Service Public de l’Audiovisuel

19H

– LA FEMME DE MENAGE DE MARION
De Nabil Massad/6mn55/France/Egypte
– BON VOYAGE
De Newton Aduaka/7mn55/Nigéria
– L’EXPERT EN LA MATIERE
De Newton Aduaka/5mn/Nigéria
– WALKING BACKWARDS
De Caroline Deeds/26mn/Ghana
– ERGON
De Joël Godfroid/18mn/Belgique
– TERRES AMERES
De Raphaël Mathié et Romuald Vuillemin/49mn/France


21H

– ENTRE NOS MAINS
De Fanta Regina Nacro/1mn41/Burkina Faso
– OUAGA HIP HOP
De Benny Malapa/52mn/France-Cameroun
– N’AYONS PEUR DE RIEN
De Yann Sinic et Nathalie Combe/30mn/France

JEUDI 18 NOVEMBRE

10H
– ZOE ET LES PACHYDERMES
De Rémi Hatzfeld/16mn/Belgique
– TIGA AU BOUT DU FIL
De Rasmane Tiendrebeogo/10mn10/Burkina Faso
– CESSEZ LE FEU
De Ahmed Zir/15mn/Algérie
– POUSSIERES DE VILLE
De Moussa Touré 52 mn/Sénégal

14H

Table Ronde : Le droit à l’image quand il vient s’opposer au droit à l’information et à la création. Roland Rappaport, avocat de Nicolas Philibert, auteur réalisateur de « Etre et Avoir » sera un des intervenants.
Modérateur : Gérard Mordillat, président d’Altermedia.

16H00
– BRUSH GOT AND PLAY
De Michel Welfringer/7mn19/Belgique-Luxembourg
– WE ARE WINNING DON’T FORGET
De J.G. Périot/7mn/France
– SALUT A TOI
De Bastien Ehouzan/52mn/France
– RAJIV KUMAR
De Michaël Kummer/17mn/France
– RUE DU RETRAIT
De René Feret/1h30/France

19H
– DANS TES RÊVES
De Blandine Lenoir/17mn/France
– A TOUT DE SUITE
De Benoît Jacquot/1h35/France
– OTHER VOICES
De P.Arnold et J.M.Barr/
Gary Walter : 11mn45


21H
– NUISIBLE
De Antoine Morau/8mn35/France
– LAST NIGHT ON EARTH
De William August/70mn/Belgique
– TRAQUE A OUAGA
De Boubakar Diallo/96mn/Burkina Faso

VENDREDI 19 NOVEMBRE

10H
– L’ÎLE
De Justin Zerbo et Giovanni Casconne/3mn7/Belgique-Burkina Faso
– LA PETITE FEUILLE
De Luc Dechamp/16mn/Belgique
– POUR UNE NOIX DE COCO
De Mathieu Labaye/3mn30/Belgique
– SCROUNCH
De Mathieu Labaye/3mn/Belgique
– DEFENSES EN DANGER
De Mathieu Labaye/4mn/Belgique
– GOULAFFF
De Dominique Van Hecke/2mn20/Belgique
Les épisodes de la série « Panique »
– LISE&JAN
– LA COURSE CYCLISTE
– LE BEAU VOYAGE DE GENDARME
– LE GRAND SOMMEIL
– LES VOLEURS DE CARTES
De Stéphane Aubier et Vincent Patar/5mn par épisodes/25mn au total / Belgique

14H
– LA CAGE
De Simon Pernollet/11mn/France
– SOUS-SOL
De Luc Maréchaux/16mn30/France
– DEVENIR
De Loredana Bianconni/80mn/Belgique

16H
– L’AFFAIRE VALERIE
De François Caillat/1h13/France
– LETTRE DU DERNIER ETAGE
De Olivier Ciechelski/33mn/France
– WHEN THE WAR IS OVER
De François Verster/52mn/Afrique du Sud

19H
– NE DITES PAS A MA MERE
De Sarah Moon Hove/27mn/Belgique
– FOLIE PRIVEE
De Joachim Lafosse/1h07/Belgique

21H ouverture officielle
– ALICE ET MOI
De Micha Wald/19mn/Belgique
– INGUELEZI
De François Dupeyron/1h50/France

SAMEDI 20 NOVEMBRE

14H
Table Ronde : A quoi engage le fait de faire du cinéma ? A quoi engage le numérique ? Des rencontres, des paroles à tenir, des mémoires à ouvrir….
Modératrice : Anne-Marie Faux
16H le cinéma de Philip Brooks
– MES CHERS ANTIPODES
De Philip Brooks/60mn/France
– UNE JOURNEE PORTEE DISPARUE
De Philip Brooks/52mn/France
– CHRONIQUE D’UNE CATASTROPHE ANNONCEE
De Philip Brooks/55mn39/France

19H
– XALIMA LA PLUME
De Ousmane William M’Baye/51mn/Sénégal
– OUAGA SAGA
De Dani Kouyate/90mn/Burkina Faso

21H
– VOSTOK’1
De Jan Andersen/2mn48/France
– TOURISTES OH YES!
De J.P. Mocky/1h30

DIMANCHE 21 NOVEMBRE

14H Table Ronde : Qu’est-ce qui pousse les jeunes cinéastes à se tourner quasi automatiquement vers l’argentique dès qu’ils sont financés, même à un petit niveau ? Ils considèrent encore souvent le choix du numérique comme un pis aller, une simple et triste contrainte économique. Pourquoi ne se donnent-ils pas la chance d’être inventifs, de travailler un autre cinéma, sans artifices, plus direct ? Avec la participation de Jean-Fabrice Barnault, producteur et distributeur chez Movie Da.
Modérateur : Louis Héliot, responsable Cinéma au centre Wallonie Bruxelles de Paris et producteur.

16H
– LES GOSSES
De Abderrahmane Sissako/5mn21/Mauritanie
– BORRY BANA
De Luc Damiba et Abdoulaye Diallo/57mn30/Burkina Faso
– WA N’WINA
De Dumisani Phakati/52mn/Afrique du Sud

19H
– SANS RELÂCHE
De Hamet Fall Diagne et Olga Kiswendsida Ouédraogo/9mn16/Sénégal-Burkina Faso
– CLOSED DISTRICT
De Pierre-Yves Vandeweerd/55mn/Belgique sur un thème africain, le Darfour
-ENTRE DEUX RIVES
De Frédérique Devaux/52mn/France-Kabylie – toutné à Saint-Denis

21HFILM DE CLOTURE
– LES PETITS FILS
De Ilan Duran Cohen/1H24/France