Fiche Film
Cinéma/TV
LONG Métrage | 2022
Grand frère tambour-tam-tam
Pays concerné : Bénin
Durée : 90 minutes
Genre : musical
Type : fiction

Français

Sous les cieux tropicaux, et plus particulièrement dans certaines contrées du continent noir, la vindicte populaire est devenue un sport local et plébiscité. « On braise ! » en toute impunité. Ils s’appellent Elysée, Concorde, Placide et Aimé. Bifurquent entre bambins et adolescents. Et incarnent ceux qu’on appelle vulgairement « les enfants de la rue ». Musiciens hors pair, ils font l’aumône pour subvenir à leur pitance. Et dans les pires moments, ils s’abandonnent à l’ode de la débrouillardise et chourent. Au « Carrefour des cinq continents », situé au milieu du plus grand marché de l’Afrique occidentale, le marché Dantokpa à Cotonou au Bénin, un marché fréquenté par tous les représentants de la Planète Terre, une vindicte populaire a lieu. Elysée, approximativement 12 ans, comme d’habitude, a volé une tomate. Mais ce jour, la malchance le frappe. La frêle vendeuse de tomates en détail est fatiguée de se faire dépouiller par ces sales lascars de la rue. Ces renégats d’un autre monde qui l’empêchent de sortir du tunnel et d’humer un brin d’air frais. Alors, il faut le braiser. Avec la complicité de ses collègues vendeuses de bouffe et de tout au coin de la rue, elle va déverser sa maigre économie sur un jerrican d’essence, quelques pneus et une boîte d’allumette. Le gamin est alors enroulé dans les pneus, puis on déverse l’essence sur lui et une buchette d’allumette va faire le reste !? Dans mon film, on démarre avec ce « folklore », mais une main masculine bienveillante saisira la main féminine punitive pour l’empêcher de commettre l’irréparable ! Cette main s’appelle l’Aïeul-mains propres. Ici, par le biais de chapitres charpentés en comédie musicale, je vais raconter la vie de chacun de ces quatre bambins jusqu’à la descente aux enfers, des trajectoires brisées ! Des bambins qui étaient appelés à devenir de grandes figures emblématiques, mais qui ont été frappés par le mauvais sort : la disparition d’un des piliers de la famille, le père. Des pères terrassés par des fléaux qui minent l’Afrique subsaharienne. Cette absence de père qui déclenche chez certains la perte du repère et qui les incite à avoir de grosses ambitions : partir loin de la misère et revenir faire le paon. Et pour partir, il faut de l’argent. Et pour trouver l’argent, il faut travailler. Et comme il n’y a plus du tout de travail, il faut jongler, voler ou exploiter ses talents d’artistes. Elysée, Concorde, Placide et Aimé ont choisi d’être des musiciens de rue. Des musiciens qui vont amasser la fortune nécessaire pour rejoindre les petits copains aux portes du Sahara, franchir le vaste Désert, traverser la Méditerranée et assouvir le summum du rêve pour bon nombre de jeunes du continent noir : devenir Grand frère Tambour-Tam-Tam. Un ancien de leur quartier populaire qui a réussi sa vie en France et qui est revenu dans leur « panthéon de la joie », puis a construit une belle villa avec piscine. Mais ce qu’ignorent tous ces jeunes, c’est que cette pseudo référence, n’était pas mieux nanti qu’eux dans le pays du colonisateur. A force de trimer en France, il est mort de solitude dans une chambre de bonne, incognito. La vindicte populaire sur un bambin de 12 ans aura-t-elle lieu ?

Oncle Gabriel, alias Grand Frère Tambour-Tam-Tam est un modèle, une icône pour tout le quartier du « Panthéon de la joie ». Parti de Ouidah, il a réussi à Paris et fait maintenant construire au beau milieu de son quartier déshérité une villa majestueuse qui suscite l’admiration et incite les gamins à des rêves démesurés.

Mais les vrais héros de cette comédie musicale ont de 12 à 14 ans. Ils s’appellent Élysée, Concorde, Placide et Aimé.
Vidomègon (enfant placé), enfant fantôme (sans existence légale) ou encore orphelin, ils chantent, dansent et sourient encore à la vie.
Leurs misérables demeures font face à la villa de l’Oncle Gabriel. Alors ils rêvent. Ils seront riches et célèbres, à Paris…
Pour partir, il leur faut de l’argent. Ils font l’aumône en chantant sur les places et les marchés de Ouidah. Ainsi ils accumulent piécette après piécette.
Mais ils ne sont pas des anges et, poussés par la faim, il leur arrive de chaparder une orange, ou une tomate…
En ce jour funeste, deux événements parallèles bousculent le « Panthéon de la joie » :
Grand Frère Tambour-Tam-Tam n’est plus. Il ne rejoint sa terre natale que pour y reposer pour l’éternité.
Et du côté de nos 4 héros le chapardage vire au drame :
La marchande a repéré le voleur. Elle l’attrape. Il s’appelle Élysée, il est orphelin, il a 12 ans. Il a faim. Il a volé UNE tomate. Devant ses trois camarades, on va le braiser !
Quelques-uns s’opposent à l’horreur. Un vieux tisserand, l’aïeul mains-propres, sacrifie ses économies pour sauver le bambin. Mais cela ne suffit pas.
Mais cette histoire se déroule au Bénin et nulle part ailleurs. Le Bénin est le pays du vodoun, des revenants.
Entre croyance, folklore, tradition, fête, magie, au Bénin, les revenants existent vraiment, ils sont partie prenante de la vie et de la société. Ils s’appellent egunguns. On ne peut les toucher, on ne doit pas les regarder en face. On les craint.
Grand Frère Tambour-Tam-Tam n’est plus. Mais son egungun est bien là.
Son chemin croisera-t-il celui du pauvre Élysée ? Car lui seul a encore le pouvoir de le sauver…

un film de Jean ODOUTAN

Bénin / France, 2022, Long-métrage fiction, 1h30

Pays : Bénin / France
Duré : 90′ (1h30)

Le film a été tourné à Ouidah à l’automne 2021.
Une sortie en salle est prévue au deuxième semestre 2022.

PRODUCTEUR
Jean Odoutan (Tabou-Tabac Films / 45 Rdlc)

RÉALISATEUR
Jean Odoutan

SCÉNARISTE
Jean Odoutan

PRODUCTION
Tabou-Tabac Films (Bénin)
45 Rdlc (France)

avec le soutien du Fonds Image de la Francophonie (OIF – sept 2017, Aide à la production : 50 000 €)

LIENS
www.45rdlc.com/grand-frere-tambour-tam-tam/
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