Great black music : L’épopée des musiques noires à Paris

Jusqu’à la fin de l’été la Cité de la musique de Paris célèbre la diversité des musiques noires, avec une exposition inédite sur le fond et la forme : Great black music.

C’est certainement la première exposition interactive mettant à l’honneur les musiques noires en France. Dès l’entrée, une tablette tactile est remise permettant de se saturer les oreilles de sons de James Brown à Bonga en passant par Grand Master Flash et Bob Marley… Le visiteur surfe sur une bibliothèque musicale impressionnante avec, pour chaque titre, des informations que l’on peut recevoir par mail. Tout a commencé en 2007, d’une initiative du fondateur de Mondomix : Marc Bénaiche. Dans le cadre de l’Année de la France au Brésil, il propose au gouverneur de l’État de Bahia une exposition sur les musiques noires. Le célèbre chanteur Carlinhos Brown emballé, propose de l’héberger dans son futur Museum du Ritmo de Salvador de Bahia, berceau de la culture yoruba au Brésil. De fil en aiguille le projet voyage, d’abord au Festival mondial des arts nègres de Dakar en 2010, puis à Saint-Denis de la Réunion et à Johannesburg en Afrique du Sud. Des lieux aux symboliques ô combien fortes.
Mama Africa
Pour l’édition parisienne, l’anthropologue Emmanuel Parent a établi un fil historique entre les musiques noires, des pharaons jusqu’à nos jours. De son côté, François Bensignor, responsable du centre d’information pour les musiques actuelles, a scénarisé la salle, peut-être la plus ambitieuse de l’exposition : « Mama Africa ». Divisée en régions, Afrique du Nord, Afrique de l’Ouest, Afrique de l’Est, Afrique centrale et Afrique australe et Océan indien, elle propose, pour chacune, deux films courts : un sur les musiques traditionnelles et un sur les musiques des années 1950 à 1980. « J’ai d’abord créé une base sonore puis j’ai collaboré avec un réalisateur qui a utilisé des images sur Internet, des scans de photos d’archives. Pour certains artistes on a eu du mal à trouver des vidéos. On a compensé avec les pochettes de disque. » Tout le challenge de cette salle a été de créer une suite logique entre les sons, les vidéos et les périodes de l’Histoire. « Pour la partie Afrique de l’Ouest on part du Cap Vert avec Cesaria Evora qui chante en créole portugais. On passe au Sénégal avec une chanson en créole casamançais de Touré Kunda. On fait un retour sur les années du Dakar indépendant : l’ « Orchestra Baobab », le « Star Band » où Youssou N’Dour a commencé sa carrière. En suivant l’Histoire, on part avec Baaba Maal dans le pays Peul, à l’embouchure du fleuve Sénégal. En Mauritanie, on trouve la grande chanteuse griotte Alouma. On revient par le désert au Mali avec Ali Farka Touré, Boubacar Traoré qui, dans ce bassin des fleuves Sénégal et Niger ont fait le Blues. À Bamako, on suit le « Super Rail band de Bamako », avec Mory Kanté et Salif Keita. Avec le Ghanéen Kwamé Nkrumah il a fait le projet de l’organisation de l’unité africaine. Au Ghana on rentre dans la musique High Life qui permet d’aboutir à l’Afro-Beat au Nigeria… » Et pour poursuivre cette passionnante balade et explorer les autres salles de l’exposition, comme celle des « Amériques noires », rendez- vous aux colloques sur les musiques des diasporas africaines mais aussi aux concerts ! Musicalement vôtre !

La playlist des dix titres incontournables des 50’s aux 80’s de François Bensignor :

Vul’indela de Brenda Fassie / Batarsité de Danyèl Waro / Agatha de Francis Bebey / Independance Cha Cha de African Jazz – Grand Kalle / Erè Mèla Mèla de Mahmoud Ahmed / Sisitizo La Amani Duniani de Hukwe Zawose / Sodade de Cesária Évora / Radio Mali de Ali Farka Touré / Sorrow, Tears & Blood de Fela Kuti / Sidi H’bibi de Salim Halali///Article N° : 12445

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