Huxlay, une amazone de la poésie bientôt dans les bacs

Au sein du collectif de slam Chant d’encre, on la connaissait sous le nom de Sab. Elle répond désormais au pseudo d’Huxlay et sortira son premier album en mars 2017.

Huxlay est en référence à Aldoux Huxley, l’auteur du roman d’anticipation Le Meilleur des mondes que l’artiste martiniquaise dévorait adolescente. C’est en 2015 que Sab a laissé sa place à Huxlay. Le déclic a lieu lors du festival Cri de femmes organisé par Nefta poetry à l’Entrepôt (Paris 14e).
« Je me suis aperçue que je ne me mettais pas assez en danger. Avec Sab, les gens avaient une idée un peu trop lisse. J’ai une voix douce, posée. Alors que je peux être une amazone, une guerrière, avec des colères sur la société, le racisme, le capitalisme, que j’exprime de façon virulente« , explique l’artiste.
Une transformation que le public peut d’ores et déjà percevoir dans sa dernière création. Suite à un atelier hommage aux femmes, initié en décembre dernier avec des enfants de Saint-Denis, Huxlay a sorti son premier clip Amazone, réalisé par Pascal Tessaud. Dans la foulée, son album, enregistré au studio 129 H de Rouda, devrait sortir en mars 2017. « Il y aura des musiques qui me ressemblent, du hip hop, du jazz, du saxophone, de la kora…« .
Les « garçons » de Chant d’encre, comme elle les appelle, Huxlay les a rencontrés en 2002. Elle était alors comédienne, sous la férule du metteur en scène guadeloupéen Luc Saint-Eloy et rencontre Gaël Faye, Édgar Sekloka, Apkass et Neggus sur une scène slam. « C’était comme un jeu raconte-t-elle. Il y avait des battles de slameurs avec une bouteille de champagne à la clé. » Le collectif Chant d’encre est né.
En 2003, la jeune femme émeut lorsqu’elle déclame un hommage émouvant à Aimé Césaire retransmis sur la chaîne RFO. Avec son collectif, elle s’engage auprès de l’association Survie, pour la cause des sans-papiers, des sans-abris…
Et en 2014, pour la commémoration du génocide rwandais Chant d’encre produit le spectacle Les Hommes debout. « Une conscience africaine nous lie. En tant qu’Antillaise, j’assume parfaitement ces racines, explique Huxlay. À notre petit niveau, on a essayé de mettre du fond dans nos morceaux. »
Certains des « garçons » de Chant d’encre, à l’instar d’Édgar Sekloka, participeront d’ailleurs à ce premier album solo. Un album sur fonds propres qu’un financement participatif doit permettre de finaliser.
Avis aux bonnes volontés !

///Article N° : 13846

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