Jazz et théâtre : frères siamois ou frères ennemis ?

Selon le sens que l’on donne au mot théâtre, l’idée d’une fraternité du jazz et du théâtre est la plus évidente, la plus indiscutable des idées. Ou bien alors la plus problématique – ce qui ne signifie pas qu’elle ne soit pas féconde, au contraire, puisque cette tension ouvre sur d’importantes questions théoriques et pratiques.

Fraternité immédiate – si immédiate qu’on peut même alors parler de fusion, de confusion, sitôt qu’élargissant un peu les significations de ce mot-là de théâtre, on l’inclut plus globalement dans les arts de la scène, les arts du spectacle. Alors et au moins depuis les premières tournées américaines des danseurs de cake walk voire des minstrels (« Minstrels, pionniers du jazz, nous avons oublié vos gibus, vos guitares (1) »), la musique américaine noire et la scène sont absolument confondues. Le jazz, le premier jazz et ses avant-coureurs sont essentiellement spectaculaires. L’invention du concert de jazz est récente – les années trente – et française ou à peu près. Avant, ailleurs, c’est le règne de la revue, du cabaret – le fameux Cotton Club – et de la musique interprétée pour la danse. C’est sous forme de revue – « Revue nègre » ou Blackbirds – que Paris, que l’Europe, vont découvrir un jazz immédiatement spectaculaire. Les Blackbirds de l’entrepreneur en spectacles Lew Leslie joueront, pour beaucoup d’écrivains français, membres ou non du groupe surréaliste, le rôle exac...

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