“Je me méfie de toute forme d’esthétisme en photographie”

Entretien de Marian Nur Goni avec Guy Hersant, photographe

Depuis de nombreuses années, le photographe français Guy Hersant, passionné de l’Afrique et de ses photographes, développe un travail autour de portraits de groupes : un genre un peu désuet en photographie auquel il s’est attaché à donner, avec bonheur, un nouvel élan. Nous l’avons rencontré de retour d’un voyage au Gabon où il a pu développer son projet photographique et juste avant qu’il n’y retourne pour présenter le travail réalisé.

Comment est née l’idée de ce travail de portraits de groupe, de “cartographie humaine”, si l’on peut la nommer ainsi ? C’est lié à mon parcours, à mon histoire et à des réflexions qui se sont faites au cours du temps. J’ai toujours eu le sentiment que la photographie était une sorte d’écriture. C’est quelque chose qui n’est pas anodin, qui sert à exprimer des idées ou des sentiments. J’ai toujours eu confusément cette impression par rapport à la photographie. Même quand j’étais très jeune. Pour ce qui concerne les portraits de groupe, je pense que ce n’est pas un hasard que cela se soit révélé en Afrique. C’était dans un contexte particulier, au Nigeria. J’avais fait des photos dans le cadre d’une résidence pour l’Alliance française de Lagos. Faire des photos à Lagos, ce n’est pas facile. Je ne savais pas comment m’y prendre. J’avais déjà fait de nombreuses photos en Afrique mais jamais en milieu urbain. Et Lagos, c’est une vie terriblement urbaine. Ce fut un choc incroyable. Une ville, c’...

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