La question de l’Internet arabe ou quand les États se trompent de cible

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Si certains États arabes excellent dans la traque numérique au risque d’aliéner leurs populations, force est de constater que leur souci majeur est loin d’être la sécurité de leurs populations ou encore la lutte contre la criminalité grandissante sur Internet. Confortés à leur propre illégitimité politique, ces gouvernements ne cessent de déployer les techniques et subterfuges afin de museler toute forme de contestation de leurs pouvoirs…

La régulation des pratiques individuelles et collectives d’Internet dans les pays arabes a découlé d’un contexte naturellement hostile à la liberté de pensée et d’expression. Le marché numérique est placé sous l’autorité d’États répressifs. Aujourd’hui consolidés en cela par les mesures anti-terroristes, et soutenus techniquement par les organismes et corporations internationales, certains États arabes déploient des moyens allant de simples subterfuges archaïques comme la surveillance visuelle des écrans dans les cybercafés, aux plus sophistiqués comme les logiciels de traque et de filtrage de sites, souvent sans aucune base juridique objective. Toutefois, on observe dans ce chaos politico-juridique arabe, que cet arsenal sécuritaire émane d’un seul souci : celui de protéger les États et de museler toute forme de liberté de pensée et d’expression. À titre d’exemple, aucun texte, aucune mesure juridique, aucun recours, ne font allusion à une question aussi élémentaire que la protection des différentes composantes de la société civile (mineurs, femmes, minorités ethniques, etc.) sur Internet (2). L’étude de la terminologie relative à la censure et au contrôle du flux des informations sur Internet ne fait aucunement allusion à cette question ! Dans ces pays, la traque numérique vise exclusivement à protéger les États de toute menace intérieure ou extérieure. La question de la sécurité numérique s’ouvre sur de nombreuses complexités propres au contexte arabe dont la première est l’enchevêtrement des notions de la pérennité politique, de la confiscation du réseau numérique et du conflit de re-territorialisation. Par conséquent, on verra comment la hantise de la pérennité représente l’unité motrice de la régulation. Ensuite, la régulation développée de façon violente et arbitraire débouche sur une confiscation du réseau engendrant par là même un bras de fer entre États et singularités désirant, chacun depuis la posture qu’il occupe, re-territorialiser l’espace numérique tant convoité.
Monde arabe et libertés : une équation difficile
Les États arabes ont pris conscience de l’impossibilité de rester à l’écart du mouvement mondial et ont pris position en faveur de la connexion à Internet et aux réseaux ouverts de communication. Seulement, ces gouvernements ont dû prendre en compte certaines mesures qui se sont aussitôt imposées à eux. En ce sens, ils ont choisi de se connecter à Internet sous des formes nouvelles.La problématique qui s’est imposée à eux est la suivante : comment se connecter à Internet sans pour autant que leur propre pouvoir, leur légitimité et leurs structures hiérarchiques ne soient menacés ? L’on comprend mieux ce dilemme en analysant le contexte local de l’introduction et de l’évolution d’Internet. Ce contexte est fermé à la libre circulation de l’information et de la pensée. La connexion à Internet s’est effectuée sous certaines conditions dont la première est la restriction. Dans ces pays, le pouvoir politique s’incarne dans le personnage du dirigeant et les interactions sociales sont réglementées par l’État-tuteur. La liberté de l’information et de l’opinion se heurte à la restriction et à la « violence » du politique. Il en résulte une absence de toute forme de contestation politique ou de presse libre. La culture, imprégnée des traditions anciennes, a gardé des aspects contraignants et restrictifs. Ceux-ci sont visibles au niveau de l’habitus, de l’agir sociétal et de la mémoire collective. L’assujettissement de l’individu à la logique du pouvoir politique se trouve également conforté par le maintien d’un modèle d’autorité / obéissance qui apparaît depuis la microstructure familiale. Celle-ci devient dans ce sens, un élément qui pourrait servir le pouvoir politique. La problématique du contrôle et de la censure de l’information dans ces pays ne date pas d’aujourd’hui. Suite aux indépendances et l’établissement du parti-État autour d’un leader symbolisant la libération du pays, la répression de l’information se traduisait souvent par la mainmise de l’État sur les médias, qui deviennent la voix du parti unique en servant de support à la propagande officielle.
L’arrivée d’Internet a ouvert aux populations locales de nouvelles perspectives d’expression et d’accès à l’information. Seulement, à l’instar des médias traditionnels, Internet n’a pu échapper à la répression d’États désirant protéger leurs arrières et assurer leur pérennité pour les décennies à venir. En même temps, l’on sait que la cybersurveillance est devenue aujourd’hui courante dans d’autres pays et même en Occident (les États-Unis y recourent dans leur combat contre le cyberterrorisme). Certains pays, dont notamment la Chine et le Vietnam, réglementent rigoureusement l’accès et les usages d’Internet. Analysant l’état des pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, Clement Henry estime que certains de ces pays ont développé une « timidité de l’information » (Information shy) (3). C’est pour cela que l’émergence d’Internet a suscité pour eux plusieurs interrogations. Celles-ci ne sont pas seulement d’ordre religieux mais relèvent également des points de vue économique et politique.
Régulation de l’Internet arabe : Pays divers, œuvre commune
Législation commune

De la péninsule arabique jusqu’en Afrique du Nord, le même souci de réguler l’Internet de manière sévère préoccupe une large partie des gouvernements en place (4). Un arsenal juridique a été mis au point servant ainsi de cadre légitime de régulation des usages, de l’accès et de la production sur Internet. L’exemple des législations saoudienne, qatarie, algérienne, égyptienne, syrienne et des Émirats Arabes Unis sont ici pertinents car la régulation a été minutieusement étudiée et les lois soigneusement établies. Le rapport 2006 du réseau de l’information sur les droits de l’Homme présente, pays par pays, le contexte de censure et de régulation stricte du réseau (5). Le rapport dénonce les pratiques de censure et de contrôle dans la quasi-totalité de ces pays y compris ceux que l’on estime plus « ouverts » que d’autres comme le Maroc ou le Liban. Le législateur arabe prouve ainsi qu’il est habité par les mêmes peurs et qu’il œuvre de la même manière à tel point qu’un projet de loi’modèle’ sur le crime sur Internet a été voté en 2004 par le conseil des ministres de l’intérieur des pays arabes (6). Ce projet de loi stipule que la production, l’envoi ou le stockage sur Internet d’informations contraires aux mœurs, à l’ordre public, à la religion et à la famille, sont passibles de peines d’emprisonnementet seront poursuivis même s’ils sont commis à l’étranger (7). Par ailleurs, il est également surprenant de constater que le législateur arabe considère Internet comme un simple média de masse puisque c’est le code de la presse qui régit le Net dans un grand nombre de pays de cette région (8). Par conséquent, considérer Internet comme un simple média revient à le réduire à un simple outil de transmission et de diffusion des informations. Or, Internet est avant tout une infrastructure d’échanges, de liens, d’identités, d’interchangeabilité, de circulation et de stockage du savoir, etc.
L’article 8.3 du règlement Qatari de l’Internet stipule que « tout acte criminel ou illégal, l’utilisation du service à des fins illégales pour encourager le jeu, la pornographie ou tout acte contraire à l’ordre public entraîne la suspension ou la cessation de service » (9). Q-Tel est le site officiel de la législation qatarie du Web. En Arabie Saoudite, c’est l’Internet Service Unit qui se charge de la censure du Web saoudien en contrôlant tout le contenu des échanges des données et en fournissant l’infrastructure technique nécessaire au maintien de cette censure. La dernière réalisation de l’ISU se présente sous forme d’un formulaire électronique que l’agence diffuse à tous les internautes saoudiens leur demandant de signaler les adresses des sites qu’ils aimeraient voir bloqués (10). L’Égypte a adopté en 2006 une loi stipulant qu’il est possible de « bloquer, suspendre ou fermer tout site Internet susceptible de représenter une menace pour la sécurité nationale » (11). Nonobstant une tolérance apparente de la liberté d’expression, l’accès et l’usage d’Internet reste également surveillé aux Émirats Arabes Unies. Reporters sans frontières dénonce le filtrage et le blocage de plusieurs sites et publications ainsi que la surveillance systématique des messageries électroniques (12). Autorisant pourtant une légère liberté de presse, le législateur algérien incite les fournisseurs de services Internet à surveiller constamment les contenus afin de prévenir toute infraction à la moralité et à l’opinion publique (13). La législation syrienne stipule que la conception d’un site web requiert de la part de l’internaute le dépôt d’une photocopie d’une pièce d’identité ainsi qu’une preuve de domicile auprès des autorités (14).
Souvent, les fournisseurs privés des services Internet sont également contrôlés par le fournisseur public. Celui-ci oblige tous les fournisseurs à contrôler l’accès au Web en imposant les restrictions nécessaires à l’accès à un nom de domaine et en assumant la responsabilité du contenu de tous les sites et les pages qu’ils hébergent. De plus, la cryptographie reste une technique interdite. Dans les rares cas où elle tolérée, elle se voit monopolisée par l’État qui se positionne d’emblée en tant que tiers de confiance auprès duquel la clé doit être déposée. Dans ces cas, la cryptographie reste soumise à des lois strictes et son usage réglementé rigoureusement. Par ailleurs, les responsables des cybercafés sont également tenus de surveiller les usages des internautes et ce en observant directement ce qui défile sur les écrans. En effet, les ordinateurs sont souvent disposés de manière à ce que le responsable voie tout ce qui s’y affiche.
Surveillance hiérarchique
Il est ainsi possible de constater que la particularité de la répression arabe de l’Internet et des internautes réside dans une surveillance qui repose sur une hiérarchie représentative telle que l’État se trouve au sommet mais est continuellement représenté. Dans son analyse de ce processus de la surveillance, Michel Foucault souligne : « […] S’il est vrai que la surveillance repose sur des individus, son fonctionnement est celui d’un réseau de relations de haut en bas, mais aussi jusqu’à un certain point de bas en haut et latéralement ; ce réseau fait « tenir » l’ensemble, et le traverse intégralement d’effets de pouvoir qui prennent appui les uns sur les autres : surveillants perpétuellement surveillés. Le pouvoir dans la surveillance hiérarchisée des disciplines ne se détient pas comme une chose, ne se transfère pas comme une propriété ; il fonctionne comme une machinerie. Et s’il est vrai que son organisation pyramidale lui donne « un chef », c’est l’appareil tout entier qui produit du « pouvoir » et distribue les individus dans ce champ permanent et continu » (15). Le pouvoir de la surveillance est aussi discret et indiscret (16). Il est indiscret parce qu’il agit partout et « contrôle sans cesse ceux-là mêmes qui sont chargés de contrôler » (17) et discret parce qu’il agit en silence. Seulement, ce pouvoir de surveillance produit des discours qui servent sa politique, maintiennent sa force et protègent son pouvoir. Au-delà de la censure et de la surveillance, une pratique largement répandue entreprend l’uniformisation des contenus et des usages. Prenant de plus en plus d’ampleur, cette pratique consiste à diffuser parmi les populations des règles pour le bon usage d’Internet. Cet usage se résume à utiliser Internet sans irriter les autorités. Ce discours est largement véhiculé par les médias. L’uniformisation des usages ne concerne pas uniquement Internet. Elle s’inscrit dans un cadre plus global de propagande et d’asservissement des populations à la volonté de l’État. Bien avant l’apparition d’Internet, les autorités diffusaient les consignes de bonne utilisation des médias traditionnels (18).
Le concours des technologies occidentales
Parallèlement aux textes juridiques, un arsenal technologique de pointe est utilisé par ces États afin de contrôler le flux d’informations circulant sur le Net, filtrer les contenus, retracer les internautes, etc. Des cellules entières ont été mises au point afin de mettre en œuvre les techniques de censure les plus sophistiquées. Concrètement, la censure sur Internet consiste entre autres au blocage et filtrage des sites et blogs indésirables, l’interception des contenus jugés illicites, la recherche des proxys, le piratage des messageries électroniques, l’espionnage des forums et conversations, le contrôle et la vérification des listes des abonnés, l’interdiction de l’accès à Internet à certaines personnes (opposants politiques), l’enquête sur certains individus avant de leur permettre l’accès, l’incitation à l’autocensure, etc. Confortés en cela par la contribution et le concours d’entreprises et experts internationaux, ces États ont pu ainsi bénéficier de la logistique nécessaire à leur politique. Plusieurs organisations non gouvernementales accusent la Secure Computing par exemple de mettre sa technologie et son savoir faire au service de ces États. Reporters Sans Frontières rapporte qu’en Arabie Saoudite, l’ISU œuvre étroitement avec des entreprises américaines dont notamment la Secure Computing qui lui fournissent la logistique nécessaire à la censure ainsi que les moyens de filtrage (19). Amnesty Inernational pointe des technologies développées par les grandes firmes américaines et permettant le filtrage des contenus tels que Smartfilter et Websense (20). Dans son rapport 2006 sur la liberté d’expression en Chine, Amnesty International accuse Yahoo, Google et Microsoft de fournir la logistique nécessaire au régime chinois afin de censurer les informations sur Internet et faciliter les sanctions contre les internautes dissidents (21). Des sommes faramineuses sont ainsi dépensées et investies dans l’acquisition des derniers-nés des logiciels de sécurité. Sans le concours de la logistique occidentale, il serait plus difficile pour ces États de filtrer le Web et de maintenir leur emprise sur les contenus qui y circulent.
Vide juridique autour de la protection des composantes sociales
À l’examen des textes de lois régissant l’accès et l’usage d’Internet, il ressort que la surveillance / contrôle / sanction ainsi que toutes les mesures mises en œuvre sont ici motivées par le souci d’éviter les infractions (22). Le maintien de l’ordre et la protection des bonnes mœurs sont le prétexte-phare présumé de la surveillance. Seulement, l’on remarque que le législateur ne fournit aucune précision sur leur signification. La seule précision fournie concerne le respect de la religion musulmane et celui de la famille. Dans l’hypothèse où les valeurs religieuses seraient claires et ne mériteraient pas d’analyse approfondie, le concept de famille utilisé dans ces textes nous paraît vaste. Ainsi, il est légitime de s’interroger sur la définition que ces États donnent de la famille. On pourrait imaginer qu’il s’agit ici du respect des membres de la famille et des valeurs familiales. On pourrait aussi se demander pourquoi, en voulant protéger la famille, le législateur ne met pas l’accent sur la protection des enfants et le droit des femmes, plus encore, sur le droit des minorités, l’interdiction de la haine raciale, du terrorisme, etc. ? Le terme famille servirait-il ainsi de concept fourre-tout ou de trompe l’œil ? Il est du devoir d’un législateur de produire des textes précis et portant le moins à confusion. Ce que l’on observe concernant la législation arabe sur Internet est d’abord le caractère commun des textes. En effet, ceux-ci sont repris de la même façon dans presque tous ces pays sans aucun souci de spécificité. Ensuite, les textes sont flous et ne comportent que peu ou prou de précisions. Enfin, des sujets aussi importants que la protection des différentes composantes sociales sont totalement absents.
Par ailleurs, le terme pornographie revient souvent dans tous les textes de lois représentant ainsi l’un des interdits majeurs. Ainsi, face aux discours repris par les autorités à propos de la sécurité sur Internet, force est de constater que le souci de maintenir l’ordre public, les valeurs religieuses et familiales et d’interdire la pornographie est somme toute le souci majeur pour ne pas dire unique exprimé par le législateur. Par conséquent, on peut estimer que dans la législation arabe de l’Internet, la sécurité numérique se résume ainsi à ce seul défi, à savoir le maintien de l’ordre public, des valeurs religieuses et familiales et l’interdiction de la pornographie. Toutefois, l’on sait que le concept de la sécurité numérique peut renvoyer à des notions multiples allant de la simple sécurité des données, à l’éthique informationnelle, la sécurité des individus, des groupes, des États, des échanges, des entreprises, etc. En conséquence de quoi on peut se demander pourquoi ces textes de lois ne considèrent de la sécurité numérique que quelques notions particulières. Que fait-on à cet instant de la protection des mineurs, des groupes et minorités (ethniques, religieuses, culturelles, etc.), des droits des femmes, de l’interdiction de la pédophilie, de la haine raciale, du terrorisme, etc. ? Autant de notions négligées. Pour un législateur soucieux de la sécurité numérique, un thème aussi crucial que la protection des mineurs sur Internet n’aurait pu passer inaperçu. Il semble donc curieux de la part de ces États qui investissent lourdement dans la régulation et le contrôle d’Internet de négliger les sujets ci-dessus énumérés. Ceci est d’autant plus étrange que chacun sait que des crimes comme la pédophilie et le racisme profitent librement de l’espace d’action infiniment ouvert et anonyme offert par Internet. Articulé au contexte politco-socio-culturel déjà connu de ces pays, le vide juridique qui entoure les questions primordiales de la protection de toutes les composantes sociales permet de constater que la pérennité des régimes en place serait le véritable moteur de la régulation.
Il est un fait que dans sa régulation de l’Internet, le législateur arabe pose comme objectif suprême la protection des États et non pas celle des populations. Pis encore, la redondance d’une même terminologie dans tous ces pays relèverait ici plus d’une tutelle / infantilisation des populations et des usagers que d’une réelle protection. La tutelle renvoie ici au maintien dans une posture tutélaire de millions d’individus, ce qui relève d’une habitude chère à l’État arabe. Ceci d’autant plus qu’aucune approche réelle n’a été entreprise ou privilégiée dans ces pays en vue de protéger les enfants des contenus pédophiles circulant sur Internet. En outre, les pratiques numériques des mineurs ne sont pas réellement encadrées et ne bénéficient pas même de simples campagnes de sensibilisation. Il en va sans dire que les simples logiciels de contrôle parental ne sont que rarement connus par l’ensemble des internautes arabes qui possèdent une connexion résidentielle. Ces logiciels, pourtant fort répandus en Occident, sans cesse revus et améliorés, peuvent être fort utiles dans le cas de supervision parentale des usages des enfants de l’Internet. La plupart des fournisseurs Internet se soucient peu de mettre ces outils à la disposition de leurs abonnés. Il peut sembler par ailleurs étonnant que la Ligue des États arabes mette au point des mesures communes facilitant la poursuite et la sanction d’internautes alors que ces États auraient pu conjuguer leurs efforts afin de concevoir des campagnes de sensibilisation et des mesures de prévention des dangers que les mineurs et les différents groupes sociaux peuvent rencontrer sur la toile. Un simple examen du contenu des médias locaux révèle l’absence de telles mesures de prévention alors que ces mêmes médias se trouvent souvent complices de diffusion de propagandes gouvernementales et d’uniformisation des usages (23). Ce n’est qu’à l’automne 2006 que le Centre for Media Freedom in the Middle East and North Africa (CMF MENA) publie un rapport sur les crimes de l’Internet à l’encontre des enfants au Maroc (24). Le rapport conclut à la négligence de cette question de la part des ONG et du gouvernement marocain.
Le vrai moteur de la régulation des pratiques numériques dans ces pays se révèle ainsi dénoter d’un simple souci politique. Le rapport du PNUD sur le développement humain dans le monde arabe de 2004 souligne que « le législateur arabe, dans la réglementation de la liberté d’opinion et d’expression y compris la réglementation de la presse et des médias, privilégie des considérations d’ordre sécuritaire et d’intérêt public au détriment des valeurs de liberté, de pluralisme et des droits de l’Homme. Les législations arabes pénales ou non pénales regorgent de textes qui considèrent la publication de la presse, la diffusion audio-visuelle et l’exercice de la liberté d’expression comme des activités dangereuses qu’il convient de museler » (25).
Autour de la notion du territoire
La hantise sécuritaire qui habite les États arabes découle de leur peur pour leur survie. Face à des gouvernements dont la légitimité ne cesse de décroître, le réseau numérique représente une menace. La régulation de l’Internet n’est plus ici un objectif en soi mais simplement le moyen de garantir une certaine pérennité. Il est évident que le réseau est devenu un territoire sur lequel ces États souhaitent maintenir leur emprise. L’appropriation et / ou régulation du réseau garantit ainsi la sécurité des régimes en place. Cette appropriation s’apparente à une action de territorialisation telle que la possession du territoire garantit une suprématie, légitime ou confisquée. Il convient de suivre Gilles Deleuze et Félix Guattari dans leur définition du territoire : « le territoire, c’est d’abord la distance critique entre deux êtres de même espèce : marquer ses distances. Ce qui est mien, c’est d’abord ma distance, je ne possède que des distances. Je ne veux pas qu’on me touche, je grogne si l’on entre dans mon territoire, je mets des pancartes » (26). D’une part, détenir le territoire d’une main de fer permet aux États arabes d’imposer leur suprématie et de garantir leur survie. D’autre part, nombre d’autres groupes, collectifs, singularités tentent également de déposer leurs marques et d’exister à leur tour sur Internet.
Les réseaux ouverts de communication sont des espaces de déterritorialité : « les réseaux de télécommunications déterritorialisent » (27). Le cyberspace est déterritorialisé non seulement parce qu’il représente un genre nouveau de lieu et qu’il ne se définit pas géométriquement, mais aussi parce qu’il est un espace d’extériorisation. Bernard Stiegler souligne que « la matérialisation ou l’objectivation des trames est aussi le mouvement de leur désaffection ou déréalisation : c’est l’extériorisation. Les réseaux affectent et désaffectent, organisent et désorganisent les rythmes, les mémoires. Le réseau en général est en ce sens programmatique. La transmission de rythmes programmatiques venus d’ailleurs, du dehors, suspend d’autres rythmes et d’autres programmes en ouvrant à l’autre, tandis que le devenir-matériel des trames, l’objectivation ou extériorisation qui est territorialisation dans la déterritorialisation est soumis à la tendance technique » (28). En même temps on sait que ce mouvement de déterritorialisation inclut systématiquement une re-territorialisation telle que celle-ci est une délimitation d’un nouveau territoire. On signe sur le Web de sa personnalité, de son goût, de son nom propre, de son pseudo, de son identité politique, religieuse, sociale, etc. On signe également de la violence que l’on déverse sur ses conquérants et adversaires (29). La signature a la particularité de déterminer un espace, une dimension, une appartenance. Elle permet de délimiter un territoire, de le dessiner et celui-ci « appartiendra au sujet qui les porte ou qui les reproduit » (30). Gilles Deleuze et Félix Guattari expliquent que « la signature, le nom propre, n’est pas la marque constituée d’un sujet, c’est la marque constituante d’un domaine, d’une demeure. La signature n’est pas l’indication d’une personne, c’est la formation hasardeuse d’un domaine » (31).
Dans le cas des pays arabes, Internet représente un espace convoité par les États et par les singularités. L’on sait que l’État le régule en mettant en œuvre un arsenal juridique, technologique, politique, etc. Cependant, il convient d’admettre que les tentatives de ré-appropriation du territoire ne cessent de croître. Forums, chat rooms, pages Web, blogs, vlogs, etc. où l’on exprime identité, goûts et occupations mais aussi délits différents (piratages), etc. sont autant de marques et de signatures par lesquels on peuple le cyberspace. Dominique Boullier précise dans ce sens que « les usages dominants de l’Internet seront autant marqués par le surf, dont on se lasse, que par une multiplication des appartenances à des groupes d’intérêts variés, éphémères même, mais qui peuvent conduire à des pratiques durables. Les listes de diffusion, les forums, les intranets sont autant de dispositifs de constitution de communautés d’appartenance à géométrie variable » (32).
Le web arabe : un espace de résistance
Le territoire délimité dans le cyberspace représente pour l’internaute un espace propre, un domaine d’appartenance. Toutefois, celui-ci n’est pas matériellement défini. C’est un espace déterritorialisé qui ne répond pas aux critères géométriques habituels. Le cyberspace ne peut être assimilé à un lieu, au sens classique du terme. Cependant, les appartenances et domaines qui s’y créent ne sont pas une négation de l’existence (non-existence) puisque cet espace permet la présence des individus et groupes ainsi que la création de liens entre eux : « ici, le lien fait lieu en lui conférant une réalité et une raison d’être. Ni u-topiques (lieux chimériques), ni a-topiques (non-lieux), les regroupements virtuels engendrent des lieux autres qui n’appartiennent pas à l’ordre symbolique classique de l’espace » (33). La délimitation d’un espace déterritorialisé représente ici une action de re-territorialisation. Le cyberspace revêt ainsi une territorialité nouvelle.Déposant leurs marques, les subjectivités diverses prennent leur distance par rapport au système qui les segmente. Bernard Stiegler estime que c’est le réseau qui donne toute sa signification au territoire : « le réseau est ici le chemin de la territorialisation comme telle, l’unité d’un territoire et les solidarités qui s’y développent […] sont largement conditionnées par les différents réseaux qui le desservent. La territorialisation s’accomplit comme inscription dans l’espace : comme matérialisation, organisation, instrumentalisation. Le territoire est un espace d’organes. Le réseau est une organisation issue d’une négociation entre le social et le technique où s’articulent le quoi et le qui » (34).
Les tentatives de connexion, d’inscription, de contribution aux écritures numériques initiées par toutes les composantes de la société civile arabe représentent autant d’actions de re-territorialisation. Ces singularités retrouvent sur le réseau un espace qu’ils peuvent conquérir [souvent sous couvert d’anonymat]et qu’ils signent de leur expressivité, productions, actes, etc. Ce sont des groupes qui sont déjà fragmentés par la violence d’un système (partis politiques interdits, associations clandestines…) et qui trouvent ainsi un espace d’existence et d’extériorisation. Sur cet espace, ils déposent leurs marques et revendiquent leurs droits. Le Web devient pour eux un territoire, un espace de liberté. Par ailleurs, ces groupes ont également besoin de s’affirmer parmi tant d’autres qui s’approprient ce lieu à leur tour. Ce mouvement de re-territorialisation caractérise leurs rapports au réseau : « Le développement des nouveaux réseaux permet de franchir les limites des territoires préexistants et, à terme, de les transformer profondément, de les déstructurer et de les recomposer d’une manière différente » (35). On assiste ainsi, à la lumière de cette analyse, à un bras de fer État / société civile. D’ailleurs, plusieurs arrestations de « cyberdissidents » ont lieu systématiquement dans nombre de ces pays, notamment en Syrie, en Égypte, en Arabie Saoudite, etc. La question de la régulation de l’Internet devient dans le cas du monde arabe un problème de survie. Les mesures de contrôle et de sanctions sévèrement appliquées par les États dénotent d’un souci majeur de maintien de leur pouvoir. Les actions de contestations et de violations de l’espace Web ainsi lourdement gardé, représentent pour les singularités et la société civile un moyen d’existence ne serait-ce qu’à travers une interface. En définitive, l’espace web devient dans le contexte arabe, un terrain de conflit dont le moteur principal n’est autre qu’une question de pérennité et de survie, aussi bien pour les États que pour la société civile.
Émergence du lien social
On s’attend dans de telles conditions à ce que la navigation, voire même, l’idée de la navigation sur Internet suscite peur, paranoïa et rejet de la toile. Pourtant, même si la répression des États arabes affaiblit la société civile, elle n’a pas tout à fait réussi à aliéner les populations, à fragmenter le tissu social et à produire un rejet de l’Internet. Car, sur le web arabe, dans les cybercafés comme lors des discussions dans les cafés, de nouvelles conditions de navigation et de communication sont apparues. Celles-ci ont la particularité d’évoluer dans un contexte de convivialité, de faire ressortir le lien social et de renforcer la résistance vis-à-vis des États. D’abord, les regroupements d’usagers dans les cybercafés nombreux dans les pays arabes, présentent de nouvelles occasions de recréation d’espaces de convivialité. En ce sens, le cybercafé est devenu un nouvel espace concret au sein duquel peut se déployer un nouveau type de convivialité. C’est un espace de discussion et de connaissance des autres en plus d’être un espace de connexion à Internet. La connaissance des autres s’entend ici comme un tissage de liens avec d’autres internautes mais aussi, et peut-être même surtout, avec les autres usagers et avec les surveillants présents dans les cybercafés. C’est également un espace où se manifestent des relations d’amitié ou familiales à travers les groupements à deux ou plus lors de la navigation sur le réseau.
Le lien social tel qu’observé dans les cybercafés arabes ne se tisse pas uniquement sur le Web, dans le cyberspace. Il se manifeste également à travers les discussions et les échanges entre les usagers. Ce tissage se fait à une échelle locale et immédiate. Les usagers sont en présence les uns des autres. Ils n’attendent pas de se mettre sur les ordinateurs pour être entendus ou pour discuter ; ils discutent avec leur voisin de machine. Le lien social se crée en dehors du cyberspace mais dans une structure censée lui permettre l’accès. Bien avant qu’ils se mettent à naviguer et que le lien social se noue à travers des échanges électroniques, celui-ci se tisse dans l’espace concret de leurs interactions vivantes. Ces internautes manifestent de la convivialité notamment lorsqu’ils entrent, attendent leur tour, consultent leur messagerie à deux ou plus et s’apprêtent à sortir ou à payer leur connexion. Le global et médiat présenté par Internet donnerait une dimension supplémentaire au local et à l’immédiat (ici le cybercafé). Le lien social acquiert une dimension nouvelle dans le cadre de cette nouvelle confrontation généralisée au savoir et à la technologie numérique. Partant essentiellement et avant tout du local il peut devenir global lorsqu’il se prolonge ou peut-être même se retisse dans le cyberspace.
La sécurité de l’Internet dans le monde arabe est garantie par l’État non pas réellement pour le bénéfice de la société et des populations mais à leur encontre. En effet, la répression des États n’a pas manqué d’engendrer un vide intellectuel et scientifique du Web arabe qui nous rappelle d’ailleurs le même vide livresque et éditorial qui règne au sein des ces pays. La pauvreté de l’édition et la rareté de la production littéraire, résultante des politiques de contrôle et de censure, témoignent de la difficulté de la circulation des savoirs dans ces sociétés. Il est un fait que « les Arabes constituent cinq pour cent de la population mondiale mais ne produisent qu’un pour cent des livres dans le monde. Aussi faible que soit cette production, un pourcentage beaucoup plus élevé que celui de la moyenne de la production mondiale est consacré aux ouvrages religieux » (36). À l’instar du monde de l’édition et des médias, le Web arabe est victime des politiques de censure et des restrictions des libertés d’expression. Ce vide engendré par des politiques « sécuritaires » excessives a ouvert la voie aux discours radicaux en leur permettant de confisquer l’espace public (37). En effet, « les ouvrages religieux représentent 17 pour cent de tous les ouvrages publiés dans les pays arabes contre une moyenne mondiale de près de 5 %. Les ouvrages de sciences sociales, de littérature et d’arts représentent un pourcentage bien plus faible » (38).
L’examen du cadre juridique et des outils technologiques utilisés pour imposer un système de régulation rigoureux ainsi que les nombreuses lacunes que comportent les textes de lois montre que dans le cas de ces pays, la sécurité numérique est une composante du dispositif de pérennité de l’État. En ce sens, l’apparition d’Internet et la nécessité de réguler et de contrôler le flux informationnel ne se sont pas posés en termes nouveaux ou dans une optique nouvelle, mais ont découlé d’une pratique courante, déjà connue de ces États. Le problème d’Internet renvoie donc à la difficulté que ceux-ci éprouvent envers les libertés. La logique de surveillance et de contrôle stricte imposée sur les médias et les populations est ainsi reportée sur Internet. Même si le législateur prétend œuvrer ainsi afin de garantir la sécurité numérique, les efforts qu’il fournit ne sont pas réellement convaincants. Paradoxalement, et face à un vide juridique patent autour de questions cruciales, les sanctions ne cessent de se multiplier. D’ailleurs c’est dans la pratique que les vraies ambitions des États paraissent. Car, combien d’affaires d’arrestations de cyberdissidents sur la base de leur activisme politique ou citoyen éclatent au grand jour alors qu’on n’entend presque jamais parler d’arrestations de cyberpédophiles. Nonobstant les tensions et les conflits qui s’expriment à travers ces actions, de nouvelles formes de résistance et de re-création du lien social ne cessent, paradoxalement, d’émerger sur la toile arabe. Par ailleurs, inventivité et changement sont également à l’œuvre, agissant au-delà des limites du conflit qui oppose la société civile et les répresseurs. Dans la sphère arabe, les particularités des usages d’Internet traduisent la nature des rapports qui relient les individus aux autorités. Aussi expriment-elles le désir des populations de s’affranchir des contraintes et de se libérer de la violence politique.

1. PhD. Information / Communication. Université Paris VII.
Auteure Internet dans le monde arabe : complexité d’une adoption, Paris, L’Harmattan, (2005), 340 p.
Professionnelle de recherche et chargée de cours, Université de Sherbrooke, Québec.
2. Des initiatives très timides et jugées largement insuffisantes de surveillance de la criminalité sur Internet ont commencé à voir le jour récemment (2007) dans quelques pays : Qatar, Maroc…
3. Henry, Clement.M. (1998). « Challenges of global capital markets to information-shy regimes : The case of Tunisia », Emirates Center for Research and Startegic Studies.
4. Le Qatar et l’Algérie sont considérés comme étant relativement plus ouverts en matière de liberté d’expression. Cependant. La surveillance des contenus Internet continue à être pratiquée.
5. Arabic Network for human rights information (2006), « Initiative for an open Arab Internet ». En ligne < http ://www.openarab.net/en/reports/net2006/>. Consulté septembre 2006.
6. Essoulami, Said (2005). Op. cit. p. 8-9.
7. Ibid. p. 9.
8. Mihoub, Samia (2005). Internet dans le monde arabe, Complexité d’une adoption, paris, L’Harmattan.
9. Essoulami, Said (2005). Op. cit. p.6.
10. Reporters sans frontières (2004, 2005, 2006, 2007). « Reporters sans frontières : pour la liberté de la presse », dans Sur un Internet filtré, les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent : Analyse pays par pays. En ligne < http://www.rsf.org>. Consulté en octobre 2006.
11. Reporters sans frontières. La liberté de la presse au quotidien. En ligne < www.rsf.org> Consulté en mars 2008.
12. Ibid.
13. Arabic Network for human rights information (2006), op. cit.
14. Ibid.
15. Foucault, Michel (1975). Surveiller et punir : Naissance de la prison, Paris, Gallimard, p. 179.
16. Ibid.
17. Ibid.
18. Cf. sur cette question Mihoub (2005). Internet dans le monde arabe : complexité d’une adoption, op. cit.
19. www.rsf.org
20. Campagne Amnesty International contre la censure sur Internet.
21. Amnesty International (2006), Undermining freedom of expression in China, the role of Yahoo, Microsoft and Google, Londres, The human rights action centre.
22. Cf. textes de lois régissant l’accès et l’usage d’Internet de l’Arabie Saoudite, Égypte, Maroc, Algérie, Koweït…
23. Cf. Mihoub (2005), Internet dans le monde arabe : complexité d’une adoption, op. cit.
24. Centre for Media Freedom in the Middle East and North Africa (2006). Les crimes de l’Internet et l’enfance au Maroc. En ligne . Consulté en juillet 2007.
25. Programme des Nations Unies pour le Développement (2004). Sommaire du rapport 2004 sur le développement humain dans le monde arabe : Vers la liberté dans le monde arabe. En ligne < www.rbas.undp.org>. Consulté en août et septembre 2006.
26. Deleuze, Gilles et Guattari, Félix (1989). Mille plateaux, Paris, Minuit, Paris p. 393.
27. Stiegler, Bernard (1996). XE « Stiegler (Bernard) »La technique et le temps, t. 2, Paris, Galilée, p. 168.
28. Ibid. p. 168-169.
29. C’est le cas des États répressifs.
30. Deleuze, Gilles et Guattari, Félix (1989), op. cit. p. 389.
31. Ibid. p. 389.
32. Boullier, Dominique (2000). « Rebonds », Libération, p. 8.
33. Bertini, Marie-Joseph (1998). « Actualités de Michel de CerteauXE « Certeau (Michel de) » : Paysages de ruine avec passants, », SFSIC Médiations sociales : systèmes d’information et réseaux de communication, Metz, SFSIC, p. 208.
34. Stiegler, Bernard (1996), op. cit., p.169.
35. Ibid.
36. PNUD (2003). « Rapport arabe sur le développement humain 2003 : Mass média, liberté de la presse et édition dans le monde arabe », dans Des intellectuels arabes s’expriment. En ligne < www.rbas.unpd.org>. Consulté en septembre 2006.
37. Mihoub, Samia (2005). « Crise d’identité arabo-islamique : rapports à l’Occident et enjeux du discours radical » dans Michel Gabay (sous la direction de), Communiquer dans un monde en crise : images, représentations et médias, Paris, L’Harmattan, Col. Communication des organisations, pp. 97-114.
38. PNUD, 2003. Op. cit.
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