Lalla Hobby

De Mohamed Abderrahman Tazi

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Traiter du drame des immigrés par le biais de la comédie est un pari osé, d’emblée sympathique mais difficile à réussir. Surtout quand il s’agit de ceux qui perdent leur vie dans le détroit de Gibraltar en essayant de passer du Maroc à l’Espagne, et à qui ce film est dédié. Lalla Hobby a pour cela des atouts. Reprendre comme personnage central le héros de A la recherche du mari de ma femme, une comédie réussie ayant connu un grand succès au Maroc, permet à Tazi d’entrer directement dans le vif du sujet sans devoir passer du temps à camper le burlesque du personnage pour le faire accepter du spectateur comme par exemple dans La Vie est belle de Roberto Begnini. C’est donc dès le début du film que l’inénarrable Haj Ben Moussa tremble de peur sur la barque de la traversée et veut déjà revenir en arrière. Ce qui se passe malgré lui, si bien qu’il échoue à la prison de Tanger. Une fois libéré, il prend l’avion pour Bruxelles, car son but n’est pas d’émigrer mais de retrouver le mari de sa troisième femme… Le comique de situation servira dès lors de toile pour aborder le tragique de la condition d’immigré, et l’inquiétude de la famille restée au pays, jusqu’à culminer dans de savoureux quiproquo, comme celui où la famille l’attend à l’aéroport pour connaître sa nouvelle femme alors qu’il revient enchaîné à une charmante policière belge ! Le scénario de Noureddine Saïl n’est ainsi pas le moindre atout de ce film attachant qui trouve un juste rythme dans le montage de Kahena Attia, orfèvre en la matière.

///Article N° : 851

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