L’âme prêtée aux oiseaux

De Gisèle Pineau

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Après le remarquable L’Exil selon Julia, Gisèle Pineau nous revient avec son style dense, accrocheur qui donne du corps à des personnages toujours attachants malgré le désespoir qui parsème les chemins que l’auteur leur fait emprunter. Personnages qui se rencontrent, se quittent, se croisent, reviennent sur leurs pas. Dans ce roman, Gisèle Pineau nous offre d’abord le personnage central, Sybille une jeune guadeloupéenne qui débarque à Paris avec son jeune enfant Marcello et qui rencontre Lila une femme de tempérament qui l’aide à poser ses valises et à faire grandir le petit. Sybille était la fille de Robert, mort non à la guerre où à la tache, mais dans un lit d’amour en même temps que Clothilde, une oracle de vingt ans. Commence alors la valse de personnages hauts en couleurs que le lecteur est appelé à découvrir et à aimer. D’abord, Lila, une parisienne arrivée au bout de l’aventure mais qui connut une vie mouvementée, riche en amours et en passions. Dont la plus grande fut celle qui la lia à Henry, un Antillais rencontré dans l’effervescence de la Libération. Le même Henry possède un parcours hors normes : moitié « bâtard », baroudeur de première dans un siècle riche en conflits, cuisinier hors-pair, il s’installera à New-York, loin de la pétulance de Lila. Henry était lui-même le fils de la belle Jenny séduite par Georges l’héritier de la grande famille Mc Dowell qui louait ses services, alors qu’elle était promise à Michael qui préféra le suicide à l’humiliation. Jenny n’avait pas su écouter le conseil de l’avisée Peggy qui lui répétait sans cesse  » Jenny fais attention, les Nègres avec les Nègres, les Blancs avec les Blancs et la terre continuera à tourner rond…  »
Tous les personnages de la romancière sont en quête d’une place juste, d’un bonheur, d’une chance, d’une porte de sortie joyeuse. Il y est donc beaucoup question de voyages forcés, d’exils, de déracinements, d’amours construits ou brisés, de combats gagnés ou perdus… Il n’y a pas de place pour l’indifférence et la platitude dans les multiples histoires qui peuplent le roman. Gisèle Pineau reste égale à elle-même : c’est à dire excellente.

L’âme prêtée aux oiseaux, de Gisèle Pineau Ed. Stock, 1988, 222 p., 110 FF.///Article N° : 561

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