Langues africaines et création littéraire

La question des langues africaines comme langues d’écriture littéraire est un défi à relever, car « le champ littéraire africain se singularise par une fascinante anomalie », produire de la littérature dans les langues coloniales, analyse Boubacar Boris Diop.

Bépp làkk rafet na buy yee ci nit xel ma Di tudd ci jaam ngor la. * Serigne Moussa Kâ *Toute langue est belle qui élargit l’horizon intellectuel de l’être humain et redonne à l’esclave le goût de la liberté.

Comme toutes les autres, l’histoire de la littérature en Afrique sub-saharienne est jalonnée de dates repères (création de Présence africaine en 1947), de grands noms d’écrivains et de mouvements comme celui de la Négritude. On ne peut certes parler d’une production soutenue mais les textes publiés suscitent un certain intérêt de la presse, qui relaie volontiers les débats académiques : l’avenir de la littérature africaine est-il dans le métissage si réussi par Kourouma entre le français et le malinké ? Le réalisme magique a-t-il le même sens chez Sabato et Labou Tansi ? Les écrivains eux-mêmes voltigent d’un Salon à un autre et à force d’être instamment priés de refaire notre pauvre monde, finissent par s’emmêler un peu dans leurs fiches. En somme, rien ne semble distinguer a priori un auteur nigérian ou camerounais de ses homologues du reste du monde. Pourtant à y regarder de plus près, le champ littéraire africain se singularise par une fascinante anomalie. Il n’est e...

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