L’Auberge du Salut

Un feuilleton contre l'intégrisme
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L’action se passe dans une cité de Libreville. Angélique a entre 23 et 25 ans et vit avec son frère et sa mère, Mme veuve. A la mort de son mari pour se protéger des vicissitudes de la vie, Mme veuve bascule dans la religion pour se mettre sous la protection de la communauté de fanatiques Frères et Sœurs du Christ. Sa maison devient alors un sanctuaire où se retrouvent tous les jours ses « frères et sœurs en dieu » pour des réunions et des prières. Angélique, qui a accepté la religion pour ne pas contrarier sa mère, commence à étouffer. Elle voit les autres filles s’amuser et ne peut s’empêcher de les envier et de chercher une occasion de quitter le domicile familial.
Un beau jour, une maison se libère et le fils du propriétaire, Regal, un musicien décide de récupérer ce logement pour en faire une auberge. Ce garçon qui a bourlingué et croque la vie à pleines dents, craque pour Angélique. Il la courtise. Tout en appréciant son amitié, Angélique le tient à distance compte tenu de ses convictions religieuses, mais comme elle veut vivre autrement elle accepte de travailler avec lui à l’auberge, et quitte donc le foyer familial. Pour sa mère, l’artiste musicien est l’incarnation de Satan. Elle va donc tout faire pour la récupérer. Malgré leurs parents qui s’opposent à ce mariage, les deux jeunes gens bien qu’il ne soient pas de la même ethnie, décident de se marier.
L’Auberge du salut, produit à l’initiative du CENACI (Centre nationale du cinéma gabonais), est le feuilleton africain par excellence. A l’instar des soaps américains, il traite à la fois de sujets légers et graves touchant la société africaine. Il met en face deux mondes, celui schématique et manichéen des « illuminés » de la religion et l’autre, ouvert, généreux, des gens de l’auberge. Le but ultime du feuilleton est selon Charles Mensah, directeur général du CENACI, de traduire « nos réalités, nos contradictions et nos préoccupations. Il est issu de l’observation que nous avons faite de notre société aujourd’hui. On assiste ainsi à la résurgence de certaines croyances. La croyance en elle-même est une très bonne chose mais devient perverse quand on va vers le fondamentalisme et l’intégrisme dont on connaît les méfaits. Nous avons alors conçu un argumentaire mettant face à face deux modes de vie à travers deux familles. Notre message est celui de la tolérance. Ce thème a été choisi après l’appel que nous avions lancé aux écrivains et cinéastes gabonais. De toutes les propositions, nous avons retenu le concept proposé par l’écrivain Laurent Owondo » (L’Union du 27 avril 1994). Pari réussi.

///Article N° : 2179

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