Le cinéma tunisien à la lumière du printemps arabe

L’actualité change le regard. Alors qu’en 23 jours de soulèvement populaire, la Tunisie vient de clore 23 ans de dictature du régime Ben Ali, voici un retour subjectif sur des films tunisiens présentés aux 23èmes Journées cinématographiques de Carthage (23-31 oct. 2010).

Bizarrement, le cinéma a à la fois un temps de retard et un temps d’avance. Lourde machine difficile à financer, il tarde à rendre compte de ce qui anime le réel mais lorsqu’il est geste artistique, il est aussi perspective, prospective, utopie. En cela, il peut être un incontournable témoin du temps présent et un acteur de ses changements, mais aussi, par son recul, un outil de mémoire. Tout comme il peut aussi passer à côté des enjeux de son environnement. Nous avons tous été abasourdis par ce qui vient de se passer en Tunisie, et sommes très à l’écoute des développements à venir. Tout a commencé par le geste sacrificiel de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid, c’est-à-dire loin de tout centre. Mais cette périphérie s’est dilatée dans la blogosphère qui abolit à la fois les distances et le temps. Et ce sont rapidement 10 millions de Tunisiens qui se sont sentis concernés et nombre d’entre eux qui se sont mobilisés malgré les risques. Dans un pays sous contrôle, les images qui ont circulé étaient celles des téléphones portables, mais elles ont fait le tour du monde grâce à Facebook et consorts. Et surtout le tour de la Tunisie. Ces images à ventre ouvert ne sont pas du cinéma, même pas du reportage, mais elles étaient capa...

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