Little Africa à Paris

Entretien de Alexandrine Bouopda Kwengoua avec Jacqueline Ngo Mpii

Afriscope 44
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Avec Little Africa, Jacqueline Ngo Mpii souhaite développer un tourisme orienté vers les mémoires africaines en France. Première étape à Paris. Rencontre.

Afriscope : Comment l’aventure Little Africa est née ?
Jacqueline Ngo Mpii : L’idée de départ était de créer une agence de voyage sur le thème du tourisme des mémoires, avec comme fil rouge
l’Afrique et sa diaspora. Je voulais mettre en place des voyages en Europe, en Afrique et en Amérique du Nord et aborder l’Afrique autrement que le côté Safari généralement vendu. Raconter notamment la traite transatlantique. Cet événement tragique a disséminé la culture africaine et la population noire dans le monde. Cette culture s’est mélangée aux traditions indiennes, occidentales et autres, tout en gardant ses racines. La France connaît une population africaine importante depuis des siècles. Nantes, Bordeaux, La Rochelle, ces villes ont toutes été marquées par la présence africaine. Elles étaient de grands ports négriers. Je voulais faire des visites de tous ces lieux. Mais le projet n’a pas abouti par manque de financement. Il se restreint, pour le moment, sur Paris. Little Africa a eu un an en novembre 2015.

Quels sont les parcours retenus ? Comment les choisissez-vous ?
Little Africa propose des expériences culturelles qui se traduisent dans un premier temps sous forme de visites guidées. La Paris’TribalArt est la première visite guidée à pied sur l’art africain à Paris, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés- Montparnasse, où existent de nombreuses galeries d’art africaines. Petite anecdote, un jour quelqu’un m’a demandé si c’était la semaine africaine dans le quartier (rires). Alors qu’évidemment, c’est comme ça toute
l’année. La culture africaine à Paris est un trésor insoupçonné encore enfoui et qu’il me tarde de dépoussiérer progressivement. De nombreux lieux existent, mais peu sont connus. Je propose également des visites ponctuelles, par exemple au Jardin Tropical de Vincennes durant l’été, en parlant des expositions coloniales qui y ont eu lieu. J’en mets aussi en place au sein d’expositions d’art contemporain comme pour Lumières d’Afrique au Théâtre Chaillot en novembre dernier. Enfin, je propose des itinéraires personnalisés.

À quel public vous adressez-vous ?
Parmi les touristes il y a les repeaters, des gens qui sont déjà venus plusieurs fois à Paris. Ils cherchent désormais autre chose. L’idée est de leur proposer Paris sous l’angle africain. Cette première année était une année test. J’ai eu des retours très positifs de jeunes, parisiens et parisiennes, de touristes, et d’associations liées à l’Afrique.

Quelles sont les difficultés que vous avez pu rencontrer dans votre parcours ?
Le financement pour créer une agence de voyage est de 100 000 euros, et quand on est jeune et propriétaire de rien on n’a aucune de chance d’obtenir un prêt. Le financement a donc été ma plus grosse difficulté. Par contre, je connais mon secteur. Mon expérience m’a beaucoup aidée. J’ai voyagé et eu plusieurs postes dans le tourisme où je travaille depuis 8 ans. Je suis passée du projet d’agence de voyage à guide touristique en faisant du terrain.

Plus d’infos : LittleAfrica.fr///Article N° : 13374

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