L’oeuvre romanesque de Calixthe Beyala. Le renouveau de l’écriture féminine en Afrique Sub-saharienne

De Rangira Béatrice Gallimore

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Depuis une décade, la prise de la parole par les femmes dans le domaine littéraire fait l’objet de la critique littéraire. Citons la thèse de Kembe Milolo : L’image de la femme chez les romancières de l’Afrique noire francophone (Fribourg, 1986), Voix et visages des femmes dans les livres écrits par les femmes en Afrique francophone (Abidjan, 1989) de Madeleine Borgomano, ou encore la récente étude d’Odile Cazenave : Femmes rebelles, naissance d’un nouveau roman africain au féminin (L’Harmattan, 1996). Mais jusqu’ici, aucune étude ne nous semble avoir été consacrée à une romancière africaine.
L’ouvrage de Béatrice Gallimore vient combler ce vide. Il se divise en quatre parties. La première examine la « société anomique » dans laquelle l’écriture de Beyala prend sa source ; le second expose les stratégies subversives d’écriture adoptées par la romancière franco-camerounaise pour la réappropriation de la parole. Le troisième porte sur le processus communicatif féminin, en présentant la prise de la parole par Calixthe Beyala comme un moyen d’établir un lien avec les autres femmes du Tiers-monde et du monde en général. Le dernier chapitre analyse l’originalité de l’écriture Beyalienne en la situant entre l’oralité et l’écriture.
S’ouvrant par un texte de Calixthe Beyala sobrement intitulé : « j’écris », l’essai de Rangira Béatrice Gallimore se clôt par un compte rendu sur la controverse qui a lieu en France, depuis la publication du Petit Prince de Belleville jusqu’aux Honneurs perdus, sur le plagiat dont on accuse la romancière franco-camerounaise. Un débat dans lequel Béatrice Gallimore refuse de prendre parti car sa postface se veut d’abord une description objective des faits, laissant au lecteur le soin d’être le seul juge :  » Nous entendons accorder au mot « compte rendu » son sens strict, c’est à dire celui de la présentation objective et neutre des différentes positions en conflit. Notre choix de la neutralité se justifie par diverses raisons. La principale a trait à la rigueur scientifique. Au moment où nous rédigeons cette postface, l’issue de la controverse n’est pas encore nettement définie. Ainsi ne sommes-nous pas autorisée à émettre un jugement de valeur ni à prendre parti pour ne pas tomber dans une légèreté inadmissible pour un critique littéraire.  » (p. 205)

L’oeuvre romanesque de Calixthe Beyala. Le renouveau de l’écriture féminine en Afrique Sub-saharienne, de Rangira Béatrice Gallimore, L’Harmattan, 209 p.///Article N° : 175

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