Lumières sur une mosaïque africaine de l’art contemporain

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En amont de la COP21 (1), le fonds de dotation African Artists for Development organise du 4 au 24 novembre une exposition au Théâtre national de Chaillot à Paris. 54 artistes du continent africain, présenteront une œuvre inspirée de «  L’Afrique des Lumières « . rencontre avec Jean-Michel Champault, directeur artistique de l’exposition.

Afriscope : Pouvez-vous nous présenter l’ex
position Lumières d’Afrique?

jean-michel Champault : L’exposition reflète le milieu artistique des 54 pays d’Afrique, à travers les œuvres d’artistes engagés pour le mieux-être de leur société. Il y a donc une dimension purement artistique, et une autre d’engagement sociétal, lié à l’accès à l’énergie. Nous avons passé commande aux artistes pour qu’ils s’expriment sur cette question des lumières d’Afrique. Ce n’est pas une opération commerciale. Personne n’achète les œuvres. C’est un engagement de la part des artistes. Tous sont conscients qu’ils font partie de la société civile et de ceux qui peuvent, par leurs œuvres, avoir une influence sur les comportements et les mentalités.

Ces artistes sont-ils issus des diasporas ou bien créent-ils à partir du continent ? Sontils des artistes émergents ou des habitués des galeries ?
Certains artistes vivent à plein temps en Europe, mais ils sont peu nombreux. Une partie vit entre le continent africain et des pays européens. Et une autre partie est complètement implantée dans son pays d’origine. Tous voyagent beaucoup et sont invités à exposer sur tous les continents. Ensuite, la no
tion d’émergence dépend des marchés. Par exemple, vous avez des artistes très connus et dans le monde anglo-saxon et qui ne le sont pas nécessairement en France. L’émergence aussi, ce sont des jeunes artistes comme l’Algérienne Amina Zoubir. Par son engagement, ses œuvres et son dynamisme, elle commence à se faire un nom. Elle ne sera pas à Beaubourg demain, mais peutêtre après-demain.

Vous parlez d’incandescence des arts, de la culture et de la pensée africaine. Quelle serait cette spécificité ?
Il y a une très grande diversité des expressions artistiques. Dans le film que nous avons réalisé qui représente 54 secondes filmées par chaque artiste réalisant son œuvre, on voit un foisonnement et une créativité incroyables. De plus en plus d’artistes africains sont présents sur le marché occidental, des institutions leur ouvrent leurs portes. En 10 ans, ça a évolué de façon considérable. Et dans les 10 prochaines années, je pense que l’Afrique sera le continent du 21e siècle. Il y aura un phénomène comparable à ce qu’on a appelé les musiques du monde, pour les arts visuels. à Kinshasa, il y a 10 ans, il était interdit de photographier dans la rue. Aujourd’hui, le nombre de jeunes photo
graphes à Kinshasa, à Lubumbashi ou dans le Kivu a explosé. Aussi, la relation du continent à l’Occident transparait souvent dans les œuvres. Par exemple, la création de l’artiste égyptien, De l’ombre jaillit la lumière a été écrite dans sept langues européennes qui correspondent aux différents pays qui ont colonisé le continent africain.

La portée de l’exposition n’est-elle pas justement de faire évoluer le regard sur cet art contemporain du continent, trop méconnu en France ?
Oui, et d’ailleurs nous avons voulu, en choisissant le théâtre de Chaillot, aller vers différents publics, ne pas nous enfermer dans des milieux d’arts contemporains. L’exposition est totalement gratuite, et ouverte le soir. On organise aussi des visites avec des scolaires qui viennent de toute l’île-de-France. Et cette exposition va tourner, elle sera en mars à Abidjan. Car nous voulons qu’elle puisse être vue par des publics africains, c’est très important.

(1) CONFérENCE DES NATIONS UNIES SUr LES ChANGEMENTS CLIMATIqUES qUI AUrA LIEU À PArIS DU 30 NOVEMBrE AU 11 DéCEMBrE 2015.plus d’infos : Exposition
Lumières d’Afrique, du 4 au 24 novembre au Théâtre national de Chaillot, 1 place du Trocadéro, Paris 16e
www.LUMIErESDAFrIqUES.COM///Article N° : 13305

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Les images de l'article
© Aïda Muluneh - Ethiopie Darkness give way to light (Chelema le berhane botawen seelek) Photographie and body painting 120 x 120 cm ©Aïda Muluneh




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