Nouveautés du disque

Mars 2000

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Brice Wassy, Balengu Village (MELT 2000) ****
Brice Wassi a du talent. Et il le prouve avec son nouvel album, du nom d’un village de l’ouest du Cameroun, qu’il a enregistré dans ce pays. En puisant dans son patrimoine culturel, l’artiste se souvient du temps où il écoutait le vrai Mangambeu. Adepte du jazz, il nous associe à sa quête musicale et propose un savant dosage de tradition et de modernité. Il nous rappelle que la musique est un bonheur.
Soriba Kouyaté, Kanakassi (Act / Night & Day)***
Soriba Kouyaté est d’origine malienne. Dans la famille, on est griot de père en fils et c’est tout naturellement qu’il le devient à son tour. Grand maître de Kora, il propose ici un magnifique opus. Son instrument s’accorde avec subtilité à la trompette de Paolo Fresu, à la basse de Linley Marthe, et aux percussions de Joël Allouche. Le concept, initié par le synthétiseur Philippe Gaillot est intéressant. Soriba remet au goût du jour des chants traditionnels mandingues sur un rythme jazzy. L’album est un anti-dépressif.
Geoffrey Oryema, Spirit (Sono / Musisoft)***
Spirit, le nouvel album de l’Ougandais Geoffrey Oryema est à la hauteur de ses ambitions : une musique typique qui interroge. L’artiste préviens :  » avant qu’on dise que je sonne rock, j’aimerais bien expliquer que peut-être que le rock sonne Geoffrey ! Parce que ce rythme vient de loin et il y a des génération qu’il existe. » Alors arrêtons de nous poser des questions et écoutons plutôt la musique. Au menu, dix titres très Geoffrey !
Tribo de Jah, Totem do Brasil (Blue Silver / Globe) **
Le groupe Tribo de Jah est né d’une rencontre entre cinq musiciens dans une école de non-voyant dans l’État de Maranhao au Brésil. A leur début, dans les années 80, les musiciens animent les bals de la capitale, Sao Luis, surnommée « la Jamaïque brésilienne ». Adoptant un reggae aux saveurs brésiliennes, ils diffusent des messages d’amour, de paix et de justice sociale. Totem do Brasil est leur cinquième album. Il y est question de civilisation, de racines et d’esclavage. Rien de révolutionnaire.
Mathey, Iyo (Lusafrica/Musisoft)*
Mathey est Ivoirienne. Passionnée de musique, elle entre dans la marine en 1988 et intègre naturellement l’orchestre. Un premier album en 1993, où figure la chanson « Son’dja », un deuxième opus intitulé « Amzi » en 1994, c’est avec « Clépo », son troisième album paru en 1996, qu’elle est consacrée par son public. Elle revient aujourd’hui avec « Iyo ». Un mélange d’Afro-zouk et de R&B sous la houlette de Manu Lima. Dès la première écoute, la musique est certes entraînante, mais manque d’originalité. La voix, le rythme, le son, rappellent trop une certaine Monique Séka.
Milton Nascimento, Travessia (Universal) **
Travessia est une compilation où on retrouve le meilleur de Milton Nascimento. De O Que ser de Chico Buarque, enregistré en 1976, à Amor de Indio (1986), en passant par Maria, Maria (1986), ou encore Anima (1982), les nostalgiques trouveront sûrement leur compte. Le son est d’origine, de quoi se rappeler de bons souvenirs. Pourquoi pas !
Rex Omar, Abiba (Blue Silver/Globe) ***
Né à Koumassi (Ghana), Rex Owusu Marfo, alias Rex Omar pourrait bien être l’étoile montante du Ghana. Abiba, son nouvel album, propose une musique aux accents high-life, funk et hip hop. Résultat ? Une musique qui balance, et met dans une ambiance de fête. La chanson « Konka » nous rappelle qu’avant que Fela ne s’empare du high-life, il fit un séjour au Ghana.
Pablo Symbol, Ma graine 2000 (M’nD Prod) ***
Avec Ma graine 2000, Pablo Symbol dit bye bye aux années 1900. Il nous lance un dernier mot avant de se tourner vers le nouveau millénaire. Des messages de paix et d’amour, en compagnie de Koko Atéba, l’interprète de « Frou-Frou ». L’artiste, qui chante en français et en bassa, propose une musique acoustique assez épurée, simple et agréable.
Samy Nja Kwa

///Article N° : 2028

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