Nouveautés du disque

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Gangbé Brass Band
Togbé (Contrejour)****
Du métal, de la peau, du bois. De là vient le son de la fanfare béninoise, Gangbé Brass Band. Ce groupe nous rappelle le passé musical de l’Afrique. De tout temps, les fanfares ont existé sur le continent, on a tendance à l’oublier. Le combo pratique des musiques sacrées issues d’un répertoire composé de chants populaires réadaptés et de musiques originales, comme ce high life qui nous rappelle la proximité du Bénin et du Nigeria. SNK
African show boyz
Spiritual song (Buda musique)****
Les African Show Boyz ont toujours su que leur existence sera guidée par la musique. A leurs débuts, c’est en jouant sur la place publique d’Accra, qu’ils gagnent leur vie. Bien qu’exécutée par des instruments traditionnels, la musique de ces cinq instrumentistes ghanéens, issus de la même famille, est résolument moderne. Ils ont bâti leur réputation en jouant du bundurus, une musique qu’ils ont créée : des rythmes rapides, forts et énergiques. Par sa façon de battre le tambour et d’exécuter le chant, le musicien invite à la danse. Une reprise magistrale de Three Little Birds de Bob Marley, en instrumentation traditionnelle, ou encore Redemption Song, en surprendra plus d’un. SNK
Casa de la Trova
La Serenata Picante (Warner)****
Lorsqu’on évoque La Casa de la Trova, il est normal de penser aux sœurs Faez : initiatrices du combo, elles en sont l’image, la voix, l’âme et l’esprit. Cet album fut enregistré lors de deux concerts donnés à la scène nationale du Quartz de Brest les 29 et 30 mai 2002. Un enregistrement « live » où se retrouvent plusieurs acteurs : Les Repentistes, Raul Herrera et Luis Martins, qui viennent de la région de Sancti Spiritu (Cuba) ; Diapason, un groupe vocal, venant de Alicante, qui conjugue jazz et musique classique ; et des individualités : Caridad Hierrezuelo, une maestria spécialiste de la guaracha, populaire en Amérique latine et à Cuba, ainsi que Daniel Mille, accordéoniste, né et grandi dans le rythme. Il est celui que tout le monde réclame. Des airs de salsa, de tango voire de flamenco pour un album bouffée d’énergie. SNK
Music From the Nonesuch Explorer Series (Nonesuch Record/WEA)****
Lorsqu’on aime les musiques traditionnelles africaines, il est important d’en écouter les sonorités rythmiques. Ainsi peut-on découvrir les instruments et s’y familiariser. Pour les néophytes, cet album est une véritable pédagogie. Un véritable travail de recherche réalisé par des ethnologues et musicologues. Chaque titre met en avant une région particulière à travers les rythmes, du nord au sud, de l’ouest et à l’est de l’Afrique. C’est aussi une façon de sentir l’importance de la musique dans les sociétés africaines. Comme dans le Nord de l’Afrique, où lors de la tabasky (Aïd-el-kebir), une musique sacrée est jouée avant le sacrifice. Ou encore en Afrique de l’Ouest où la musique célèbre une naissance, un mariage. 16 titres initiatiques.
Black Jack (Mk2 music)***
Souvenez-vous des Démocrates D, un groupe de rap qui s’est fait connaître sur la scène française au début des années 90. L’Ivoirien Black Jack en était le leader. Dix ans plus tard, il revient avec un album éponyme étonnant, déroutant par l’éclectisme de la musique. Les rythmes oscillent entre soul, salsa, jazz, et l’Afrique, dans une ambiance hardcore soutenue par des textes toujours aussi mordants. On notera pour certains titres la participation de Didier Awadi du Positive Black Soul venu tout droit du Sénégal ainsi que de MC Solaar. SNK
Tama
Espace (Virgin)***
La musique du groupe Tama donne envie de supprimer le frontière. Ce Combo composé de quatre musiciens se caractérise par la complémentarité de ses membres. Sam Mills, le guitariste du groupe, apporte par son expérience pop et rock et sa connaissance des rythmes soufis (Bangladesh) une touche world à la musique africaine. Le percussionniste Djanuno Dabo, originaire de Guinée-Bissau, a côtoyé Angélique Kidjo, Césaria Evora et Touré Kounda. Il est le pont avec les rythmes africains. Tom Diakité, joueur de ngoni, est celui sur lequel le groupe s’est reposé au départ. Quant à Mamani Keita, l’unique femme du groupe, elle s’impose par sa voix haut perchée et suave. Un opus de toute beauté où la musique, pop mandingue, définit l’espace. SNK
BBA
Issue de secours (Next music)***
Ils viennent du Congo et font du rap. Jusque là tout va bien. BBA : comprenez « Biz Béton Armé ». Ces jeunes rapent leur pays, déchiré par la division et les guerres ethniques. « Peu importe nous sommes tous d’une même maison / combattons luttons contre la division », dit la chanson Ata Ozali. A l’analyse des textes scandés par les jeunes, on imagine leur quotidien durant la dure période de la guerre au Congo. Ils veulent changer leur avenir par des paroles réalistes et positives. « Le pouvoir marche quand les gens ne se sentent pas écartés / l’unité des peuples chasse la haine ainsi forcenée… » SNK
An Afro-Portuguese Odyssey (Putumayo)***
Cet album est un voyage dans le monde de l’Afrique lusophone, avec pour guides Paulo Flores de l’Angola, Mabulu du Mozambique, Eneida Marta de la Guinée-Bissau, Mendes Brothers du Cap-Vert, Ruy Mingas de l’Angola et bien d’autres. Bien que cette compilation sorte aujourd’hui, on a l’impression d’être transporté à la fois dans la période de la colonisation et dans celle des indépendances. SNK
Zé Manel
Maron di mar (Africa Productions)***
Lorsque l’Afrique s’est libérée des puissances colonisatrices aux débuts des années 60, la musique fut le moyen idéal pour faire passer des messages politiques. Dans les années 90, lors de la vague de démocratisation, elle joua son rôle. Aujourd’hui, alors que guerres et catastrophes sévissent un peu partout, les artistes lancent à nouveau des messages de paix et d’unité. Dans son pays, la Guinée-Bissau, Zé Manel est une icône. Il jouit d’une immense popularité. Installé aux Etats-Unis depuis 1998, il sort enfin de 20 années de mutisme. Sur une musique acoustique qui rappelle la coladeira du Cap-Vert, l’artiste milite pour la justice. Il dénonce la corruption, réclame la démocratie. SNK
Dominic Kanza
All These Years (Kanza music)**
Depuis une dizaine d’années, nombreux sont les artistes africains qui tentent leur chance aux Etats-Unis. Le guitariste congolais Dominic Kanza en fait partie. Après une bref passage par la Grande-Bretagne, c’est au pays de l’oncle Sam qu’il s’épanouit en jouant aux côtés de Paul Simon, Harry Belafonte, Michaël Brecker. Cet enregistrement, réalisé à New York, est l’occasion pour le guitariste de se retrouver avec ses frères, Philip Kanza, à la basse et Hugh Kanza à la voix, épaulé par le chanteur camerounais Gino Sitson. Du soukous, du reggae, de la rumba, du funk un soupçon de jazz, telles sont les rythmes inoculés dans cette galette. On regrette simplement que l’artiste chante en anglais, il gagnerait à le faire en lingala. SNK

///Article N° : 2724

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