Printemps des poètes 8 – Fièvre (Algérie-France)

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Africultures célèbre la poésie en invitant des poètes-slameurs, de Dakar à Brazzaville, en passant par Paris, ou encore Lomé, à partager et déclamer un texte original. Un rendez-vous hebdomadaire à ne pas manquer.Cette semaine, entrez à pas feutrés dans les mots d’amour de Nuit noire.

La nuit veille sur mon insomnie
Poétique hémorragie
Qui me garde en vie
Nous partageons la même encre
Par le Verbe, je prends le chemin de ton antre
À tes pieds, j’ai jeté l’ancre
Tu as allumé la flamme
Révélant en moi la femme
Entends le tam-tam de nos cœurs
De nos corps, jusqu’à l’aurore

Fièvre

Le miel de tes lèvres orne ma peau
Sucré est mon réveil, j’ai chaud

Fièvre

Au lever du soleil
Au son de tes mots
Lentement je m’éveille
Je porte le sceau
De l’amour,
Je rêve encore et toujours
Mes mains se souviennent de tes contours
Du parcours nocturne
Voyage entre les dunes
Inspirant ma plume
J’entends encore la musique
En moi, danse l’Afrique

Fièvre

Je rêve que je m’éveille en ce monde érigé de nos mots
Découlant de nos calames
Loin, loin du vacarme
Sans peur, dans la douceur
Je ressens ta chaleur
Je respire ton odeur
Torpeur
Je rêve de tes rondeurs
J’ai éteint la candeur pour allumer le feu
Je n’ai pas oublié tes goûts et tes couleurs
La volupté de nos courbes dans tes yeux

Fièvre

Je veux caresser ton sol de mes mains
Humer le parfum du jasmin
Sentir ton souffle chaud
Sur ma peau
Sur ma peau
Coule l’eau salée
Me rappelant la mer agitée
Qui sépare les êtres aimés
J’y ai plongé pour te retrouver
Elle a bercé mon corps naufragé
Réfugiée
J’ai échoué au bord de ton être
Tu es la Terre qui m’a vue naître
Je reconnais ses courbes, ses fruits, son parfum
Je suis née libre au creux de toi
Libre tu resteras
Et comme un croyant fait l’hijra
Je reviendrai à toi
Ton corps sera ma terre de pèlerinage
Je reviendrai y déposer mes baisers en guise d’offrandes
Je m’enivrerai du vin déposé sur tes lèvres

Fièvre

Ta plume dessine les contours de mon être
Je suis Ève
Je reviens au monde
Dé-livrée à l’humanité
À toi, mon autre, je suis liée

Regarde-moi
Vois ce que tu es à travers moi
Laisse-moi me voir à travers toi
Que je prenne conscience de mon existence
En transe
À fleur de peau, à bout de mots,
Je noie la douleur de ton absence
Dans l’absinthe pour revivre nos étreintes
Et raviver mes sens

Je jure bi’lqalam
Fidèle à mon âme
Ce que tu lis de moi c’est ce que je suis
Ce que je porte en moi, ce qui me garde en vie
De jour comme de nuit,
Noire, telle l’encre qui jaillit de nos plumes
Pour libérer notre essence et éveiller les sens
Jusqu’à la fièvre

J’ai la fièvre

///Article N° : 11499

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