Produire chez soi ou périr : la dépendance à l’estomac

Parler de la production littéraire en Afrique implique de poser, ne serait-ce que de façon sommaire, le problème des conditions de production et de circulation des biens matériels sur ce continent. On sait depuis les travaux de Samir Amin (1968, 1970, 1971, 1985) qu’à la différence des économies occidentales assurant leur propre cohérence interne, les économies africaines sont subordonnées aux besoins des métropoles industrielles. Cette extraversion économique à l’origine du sous-développement dans les pays du Tiers-Monde et particulièrement en Afrique n’a pas toujours existé. Le sous-développement en Afrique a, selon Samir Amin, une genèse et une histoire : celle de l’intégration progressive des économies de subsistance au marché mondial, à travers l’esclavage, la colonisation et les indépendances formelles. S’inspirant des travaux de Samir Amin, le philosophe Paulin J. Houtondji trouve une similitude structurelle entre le mode de fonctionnement de l’économie et l’activité scientifique africaines. Pour lui, l’extraversion scientifique de l’Afrique est un aspect particulier de son extraversion économique. Cette thèse, il la développe dans le dernier chapitre de son livre : Combats pour le Sens (1997). A ses yeux, l’anthropologue du Tiers-Monde est, dans le contexte international de la recherche, l’héritier de l’informateur illettré ou semi-lettré de l’anthropologue occidental. Le problème prévient, tout de suite Houtondji, ne doit pas être posé en termes de compétence, parce qu’il existe en Afrique des anthropologues de qualité, mais en terme de structur...

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