Que fait l’Unesco pour le patrimoine culturel africain ?

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L’action de l’Unesco en faveur de la protection et la promotion du patrimoine africain est intense et diversifiée : soutien aux musées, action normative, manifestations culturelles vers le grand public, encouragements à la recherche et la connaissance de haut niveau. Mais ces initiatives se révèlent insuffisantes pour endiguer le trafic massif de biens culturels africains qui profite de la vogue croissante des œuvres d’art du continent auprès du public occidental.

Les musées européens présentent de plus en plus fréquemment des œuvres d’artistes africains. Depuis 1986, le musée Dapper à Paris a réalisé des expositions de masques et objets africains. De même, le Centre Pompidou a présenté deux expositions « Magiciens de la terre » (1989) et « Africa Remix » (2005). En outre, le 23 août prochain, le « Musée international de l’esclavage » sera inauguré à Liverpool dans le cadre de festivités organisées pour le bicentenaire de l’abolition de la traite négrière dans l’ancien Empire britannique. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) soutient avec détermination cette récente orientation des musées européens (1). Ainsi, en Belgique, cet organisme international soutient le Musée royal de l’Afrique centrale (MRAC) de Tervuren, où il a été à l’initiative d’une exposition mettant en valeur la diversité naturelle et culturelle de la République démocratique du Congo.
Dans quel objectif s’inscrit cet effort de l’Unesco de soutien au patrimoine culturel africain ? Il convient tout d’abord de retracer le caractère ancien de cette préoccupation, puis d’analyser les principaux programmes lancés par cet organisme pour sauvegarder et promouvoir ce patrimoine – programme pour la conservation des biens culturels en danger, Fonds africain du patrimoine mondial, programme Africom, Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel – pour enfin s’interroger sur les raisons du relatif échec de l’Unesco face au grave et récurrent problème du pillage des œuvres d’art africaines.
Le sauvetage très médiatique des temples d’Abou Simbel
Dès sa création, l’Unesco a soutenu la promotion et la protection du patrimoine culturel dans le monde entier. Ainsi, en 1946, a été créé, en lien étroit avec l’Unesco, le « Conseil international des musées » (ICOM), ONG se consacrant à la promotion et au développement de ces derniers. L’ICOM, qui compte actuellement plus de 15000 membres, a constitué au fil des années un réseau mondial de communication pour tous les professionnels du musée. À partir de 1948, l’Unesco a également suscité la publication de Museum International, revue trimestrielle qui contribue à l’échange d’informations scientifiques et techniques sur les musées et le patrimoine.
De plus, chaque année depuis 1977, sous l’égide de l’Unesco, la « Journée internationale des musées » est célébrée le 18 mai. Depuis une quinzaine d’années, le thème annuel retenu pour cette journée commémorative concerne particulièrement l’Afrique : « Musées et peuples autochtones » (1993), « Lutter contre le trafic illicite des biens culturels » (1997 et 1998) et « Musées et patrimoine immatériel » (2004).
C’est en réalité à partir des années 1960, époque correspondant à l’acquisition de l’Indépendance par de nombreux États africains, que l’Unesco s’est intéressée de manière croissante à la promotion du patrimoine culturel africain, alors que dans les deux décennies précédentes, elle concevait ce patrimoine essentiellement dans sa portée occidentale et classique.
Ainsi, l’Unesco a gagné une importante notoriété dans les années 1960 en organisant de manière médiatique le sauvetage des temples d’Abou Simbel en Nubie – que la création du nouveau barrage d’Assouan vouait à l’engloutissement sous les eaux du lac de retenue. Cette gigantesque et périlleuse opération, consistant à découper en gros blocs et à déplacer les immenses temples, achevée avec succès en 1968, a permis à l’organisation internationale de se tailler une légitimité dans le domaine de la protection du patrimoine, notamment africain, et l’a amenée à prendre conscience que cette activité pouvait provoquer l’enthousiasme du public.
Des résultats inégaux pour « La route de l’esclave »
En 1970, l’Unesco suscite la création à Tombouctou du « Centre de documentation et de recherches Ahmed-Baba » (Cedrab), qui se consacre à répertorier, restaurer et protéger les milliers de vieux manuscrits retrouvés dans la région. Ces précieux écrits, dont certains remontent au XIIIe siècle, sont menacés de décomposition et de pillage. Or, ils possèdent une importance primordiale pour l’histoire du continent car ils réfutent le mythe de l’oralité africaine et donnent à l’Afrique subsaharienne le substrat historique qui lui a longtemps manqué (2). De même, dans le cadre du « devoir de mémoire » au sujet de l’histoire de la traite négrière et de l’esclavage, l’Unesco a lancé dans les années 1990 un vaste projet intitulé « La route de l’esclave ». Cependant, dispersé en de nombreuses actions ponctuelles, celui-ci a eu des résultats inégaux, qui ont amené récemment l’Unesco a en entreprendre une évaluation interne.
Le programme pour la conservation des biens culturels en danger
Aujourd’hui, divers projets opérationnels ont été impulsés par l’Unesco, comme le programme pour la conservation des biens culturels en danger, en cours en Afrique afin de protéger et promouvoir le patrimoine matériel en danger. Ces projets portent, par exemple, au Bénin, sur les Palais royaux d’Abomey ; en Tanzanie, sur la restauration de la vieille ville de Zanzibar ; au Kenya, sur le musée de Fort Jésus et au Lesotho, sur le musée national de Thaba. Au Sénégal, depuis 1980, est menée une campagne internationale de sauvegarde du patrimoine architectural de l’île de Gorée. En Éthiopie, une campagne internationale de sauvegarde des principaux monuments et sites du pays a abouti notamment en avril 2005 à la réinstallation sur son site d’origine de l’obélisque d’Axoum qui se trouvait à Rome depuis 1937. Enfin, au Soudan, a été lancé un projet-pilote de conservation des objets en danger du musée national du Soudan et du musée archéologique de Jebel Barkal (cf. illustration).
De plus, un fonds visant à aider les États de l’Afrique subsaharienne à améliorer la préservation de leur patrimoine culturel et naturel a été lancé en mai 2006 en Afrique du Sud : il s’agit du « Fonds africain du patrimoine mondial ». Il a également pour objectif d’aider à faire progresser le nombre de sites africains inscrits sur la « Liste du patrimoine mondial », créée par l’Unesco en 1972. En effet, l’Afrique subsaharienne y est gravement sous-représentée : 65 seulement des 812 sites inscrits s’y trouvent. Ce nouveau fonds doit aider les États africains à préparer les inventaires nationaux de leur sites et les dossiers de proposition d’inscription sur la liste.
Par ailleurs, un autre projet, intitulé « Patrimoine de la libération africaine », centré sur l’Angola, le Mozambique, la Namibie, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe, vise à conserver la mémoire des mouvements de libération africains par l’archivage, la recherche de l’histoire orale, et l’identification et la protection de sites patrimoniaux liés à ces luttes. La création d’un musée, d’un centre de recherche et d’une bibliothèque sur le patrimoine de la libération de l’Afrique est également envisagée.
Le programme AFRICOM
En novembre 1991, l’ICOM organisait au Ghana, au Bénin et au Togo les rencontres « Quels Musées pour l’Afrique ? Patrimoine en devenir ». De ces rencontres qui ont réuni plus de 120 professionnels de musée est né le programme « AFRICOM », programme de l’ICOM pour l’Afrique, qui vise à concevoir les politiques muséales des pays africains de manière globale à l’échelle du continent, en dépassant les barrières nationales et linguistiques. Le programme a abouti à la publication d’un Répertoire des professionnels de musées en Afrique (1993), à la publication de l’étude Pillage en Afrique (1994) et d’un ouvrage sur L’autonomie des musées en Afrique (1995), à la mise en place d’ateliers sur la lutte contre le trafic illicite des biens culturels, et au lancement d’un « projet de formation à l’éducation par les musées en Afrique » (MEPOA). Ce dernier, entamé en 1998, vise à développer la fonction d’éducation populaire des musées et à favoriser leur meilleure intégration dans la vie locale. Dans ce cadre, l’Unesco a mené à bien à partir de 2001 un projet-pilote au Burkina Faso encourageant les femmes à poursuivre l’art traditionnel de la poterie, considéré comme facteur de rapprochement entre communautés villageoises et musées : il s’agit ainsi de faire redécouvrir aux communautés leur propre patrimoine et de les aider à prendre conscience que c’est grâce à leurs activités artisanales que leur patrimoine continue à vivre.
Une « Liste rouge » des objets archéologiques africains menacés
En outre, toujours dans le cadre du programme AFRICOM, l’Unesco a créé à partir de 1997 une « liste rouge » des objets archéologiques africains particulièrement en danger, afin de lutter contre le pillage artistique qui sévit en Afrique. Terres cuites, statuettes, poteries, bronzes, masques sont parmi les biens culturels les plus touchés par ce pillage. Protégés par les législations de leurs pays, ils sont interdits d’exportation et ne peuvent pas être proposés à la vente. Un appel est donc lancé aux musées, salles des ventes, marchands et collectionneurs afin qu’ils ne les achètent plus. Parallèlement, plusieurs ateliers régionaux ont été organisés en Afrique pour renforcer la coopération entre services du patrimoine, de la police et des douanes. La récente publication d’un Manuel de normes. Documentation des collections africaines s’efforce également d’y œuvrer. Cette diffusion d’informations contribue à la sensibilisation des professionnels et du grand public et a abouti à des restitutions d’objets.
Depuis octobre 1999, AFRICOM est devenu le « Conseil international des musées africains », organisation autonome et panafricaine siégeant à Nairobi (Kenya). Initié sous l’égide d’un organisme international, ce programme a ainsi peu à peu acquis un statut pérenne et indépendant, sous direction africaine, conformément aux vœux des États concernés et de l’Unesco elle-même.
Fin 2006, toujours dans le cadre de ce programme, l’Unesco a lancé le projet « DigiArts Afrique Studio », reposant sur un concept de studio mobile qui permet d’exposer concrètement et virtuellement les travaux d’artistes africains utilisant les nouvelles technologies. Ce projet original vise à questionner les liens entre musées, patrimoine immatériel, cultures vivantes et pratiques contemporaines. Il a aussi pour objectif d’améliorer la communication entre les artistes, les différents secteurs d’activité et les enseignants, de responsabiliser les communautés culturelles, de mettre les industries des TIC au service des activités culturelles, de rassembler les artistes du numérique de toute l’Afrique et d’améliorer leur image.
« Quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » : la convention du patrimoine immatériel
Folklore, contes et rites d’Afrique tendent depuis plusieurs décennies à s’évanouir sans laisser de traces. Dès le début des années 1960, l’intellectuel malien Amadou Hampâté Bâ, membre du conseil exécutif de l’Unesco, avait tiré la sonnette d’alarme : « en Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. » C’est pour lutter contre ce phénomène irréversible que l’Unesco a décidé de protéger non seulement le patrimoine matériel mais aussi le « patrimoine immatériel », conçu comme « des pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire transmis de génération en génération et qui procurent aux communautés et aux groupes un sentiment d’identité et de continuité ».
L’organisation a donc mis en place en 2003 une « Convention du patrimoine immatériel ». Ce texte, observant que « les processus de mondialisation et de transformation sociale font peser de graves menaces de dégradation, de disparition et de destruction sur le patrimoine culturel immatériel », prévoit la constitution de deux listes : une « Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité » et une « Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente ». Un « fonds pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel » a également été établi. Il est prévu que des « collecteurs de mémoire » visiteront les villages et noteront avec minutie tous les détails des cérémonies, les différentes versions des contes, filmeront les danses chamaniques, transcriront les contes et légendes, afin qu’ils ne tombent pas dans l’oubli s’ils venaient à disparaître. L’Unesco a également lancé, sous l’égide d’un jury de spécialistes, trois proclamations de « Chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité » (en 2001, 2003 et 2005) qui ont désigné au total 90 chefs-d’œuvre provenant de 107 pays, dont 27 ont déjà bénéficié d’un soutien effectif de l’Unesco pour la mise en œuvre de plans de sauvegarde. La nouvelle convention est entrée en vigueur en avril 2006, et compte actuellement 52 États-parties. Cependant, si certains d’entre eux, comme l’Éthiopie et la Somalie, ont déjà entrepris d’inventorier leur patrimoine culturel immatériel, l’action concrète tarde à se faire et les résultats tardent à se concrétiser.
Pillage des biens culturels, juste derrière les trafics d’armes et de drogue
Loin d’être en perte de vitesse, le trafic de biens culturels qui frappe les pays d’Afrique s’avère au contraire en pleine expansion. Ainsi, en avril 2000, lors de l’inauguration de la « salle des arts premiers » du musée du Louvre, le quotidien Libération a révélé que trois terres cuites nok et sokoto exposées provenaient de fouilles illicites au Nigeria (3). Le pillage des biens culturels représenterait entre 2 et 4,5 milliards d’euros et arrive juste derrière les trafics d’armes et de drogue. Il reproduit les inégalités dominantes des autres marchés en drainant les richesses des pays du Sud vers ceux du Nord. Les territoires en guerre constituent d’importants fournisseurs : ainsi, l’Institut des musées nationaux du Zaïre s’est vu gravement pillé lors de la chute de Mobutu. Même en période de paix, l’absence de moyens de protection, la corruption et la misère facilitent les vols et trafics illicites.
Depuis 1994, 90 % des sites de Bura, au Niger, ont été dégradés par des fouilles clandestines. Au Mali, au début des années 1990, une équipe de scientifiques néerlandais a constaté que 45 % des sites répertoriés avaient été pillés. Partout, les pilleurs fouillent puis vendent les objets à des antiquaires locaux, qui se chargent de les revendre à des marchands d’art et à des collectionneurs.
Au cours de ces tractations, les prix peuvent être multipliés par mille. Surtout, les objets, en changeant de pays, en participant à des expositions, acquièrent un « pedigree », sont « blanchis », avant que l’Unesco ne puisse intervenir (4). Les trafics sont encouragés par les cotes astronomiques qu’atteignent aujourd’hui dans le marché de l’art de nombreuses œuvres d’art africain, les masques gabonais en particulier. Ainsi, en 2006, un masque fang du Gabon, datant du XIXe siècle, a été adjugé à près de 6 millions d’euros aux enchères (5).
C’est afin de lutter contre les pillages et trafics dont les pièces gabonaises font l’objet que le gouvernement de ce pays, avec l’encouragement de l’Unesco, réfléchit à l’établissement d’un certificat d’origine. Dans le même objectif, l’Unesco soutient, au Bénin, l' »École du Patrimoine africain » (ÉPA), créée à Porto-Novo en 1998.
De la convention de La Haye à la convention Unidroit : des textes peu efficaces
Parallèlement, l’Unesco a travaillé, depuis longtemps, à mettre en place un cadre normatif pour lutter contre ces dérives qui causent un grave préjudice au patrimoine africain. Dès 1954, l’organisation a mis en place la Convention de La Haye, sur la « protection des biens culturels en cas de conflit armé ». Un protocole supplémentaire a interdit l’exportation des biens culturels d’un territoire occupé et exigé leur restitution. Si plus de 100 États l’ont ratifiée à ce jour, les plus actifs d’entre eux dans le domaine du trafic artistique, comme les États-Unis et le Royaume-Uni, ne l’ont toujours pas fait, ce qui hypothèque gravement son efficacité.
En 1970, pour compléter ce dispositif, l’Unesco a élaboré une autre convention, applicable en temps de paix, qui propose des « mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriétés illicites des biens culturels ». Le texte encourage les États à adopter une législation protectrice et à répertorier leurs collections, mais il a en fait une portée plus éthique que juridique. Dès 1995, M. Lyndel V. Prott, responsable de la section des normes internationales à l’Unesco, reconnaissait l’inefficacité de cette convention, face aux associations de négociants en œuvres d’art, constituées en groupes de pression très puissants.
Les premiers États à ratifier la convention ont été des États victimes du trafic. Les États-Unis l’ont ratifiée en 1983, mais avec d’importantes réserves. L’Unesco a alors dû faire appel à l' »Institut international pour l’unification du droit privé », Unidroit, pour élaborer une convention plus efficace. Celle-ci, intitulée « Convention sur le retour international des biens culturels volés ou illicitement exportés », adoptée en 1995, permet à un État d’engager une action en justice contre l’acheteur de l’un de ses biens devant les tribunaux de l’État où il se trouve. Le possesseur doit alors le restituer et ne perçoit une indemnité que s’il peut prouver qu’il a accompli toutes les démarches nécessaires pour vérifier que le bien ne provenait pas d’un trafic illicite. En outre, le délai de prescription passe à cinquante ans.
La convention Unidroit rompt ainsi avec les principes qui étaient jusqu’alors ceux de la plupart des pays européens : la supposée bonne foi de l’acheteur et un délai de prescription traditionnellement très court. Toutefois, elle suscite la forte hostilité des acteurs du marché de l’art (marchands d’art, syndicats d’antiquaires, associations de collectionneurs), qui, paradoxalement, la jugent néo-colonialiste et contraire aux droits de l’Homme. À ce jour, seuls 11 États l’ont ratifiée ; parmi eux, aucun grand pays importateur, comme la France (6). Autant dire qu’elle n’est pour l’instant pas en mesure d’être efficace.
Ainsi, comme l’observe Philippe Baqué, les différentes conventions internationales mises en place sous l’égide de l’Unesco se sont révélées « d’une piètre efficacité » (7). Les trafics se poursuivent de plus belle et entraînent la perte souvent irréparable du patrimoine culturel des pays d’Afrique.
Seule une prise de conscience collective permettra de progresser
L’action de l’Unesco en faveur de la protection et de la promotion du patrimoine – matériel comme immatériel – en Afrique se révèle donc de plus en plus intense et diversifiée : l’organisation poursuit son soutien à des musées (depuis 2004, elle coordonne la Campagne internationale pour la création du Musée de la Nubie à Assouan et du Musée de la civilisation égyptienne au Caire, et actuellement une équipe d’experts internationaux étudie la faisabilité d’un musée subaquatique à Alexandrie), de même que son action normative (conventions). Elle met en place des manifestations culturelles à l’intention du grand public (comme l' »Année internationale de lutte contre l’esclavage et de son abolition » en 2004, et la « Semaine africaine » à l’Unesco, sur le thème « Le patrimoine culturel africain, moteur de la renaissance » en mai 2006), aussi bien que des dispositifs encourageant la recherche et la connaissance à haut niveau (avec la création de la chaire Unesco « Rayonnement de la pensée africaine – préservation du patrimoine culturel africain » à l’université de Lomé en 2006).
Cependant, toutes ces initiatives se révèlent jusqu’à présent insuffisantes pour endiguer le trafic massif de biens culturels africains, comme pour sauver les éléments du patrimoine culturel immatériel africain de l’oubli irrémédiable auquel, dans le contexte de l’actuelle mondialisation de la culture, ils paraissent voués. Seule une prise de conscience collective de tous les protagonistes concernés (collectionneurs, marchands, conservateurs…) et une action beaucoup plus étroitement concertée entre les États et l’Unesco pourrait permettre de progresser dans ce domaine.

1. Cet article s’inscrit dans la continuité d’une thèse de doctorat d’histoire contemporaine, L’Unesco de 1945 à 1974, réalisée à l’université Paris I, sous la direction de M. Pascal Ory et soutenue en avril 2006.
2. Jean-Michel Djian, « Les manuscrits trouvés à Tombouctou », Le Monde diplomatique, août 2004.
3. Libération, articles de Vincent Noce, entre le 13 et le 23 avril 2000, cités par Philippe Baqué, « Enquête sur le pillage des objets d’art », Le Monde diplomatique, octobre 2006.
4. Philippe Baqué, « Enquête sur le pillage des objets d’art », Le Monde diplomatique, octobre 2006.
5. Christine Holzbauer, « Retour à Libreville », Le monde diplomatique, octobre 2006.
6. Philippe Baqué, op. cit.
7. Philippe Baqué, op. cit.
///Article N° : 6719

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