Quelques bouts de bois et cordelettes pour un grand voyage

Soundiata, L'enfant-buffle, l'enfant-lion

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Les douze marionnettes maliennes de la compagnie « Car à pattes », tout droit venues de Picardie, ont donné rendez-vous cet été aux enfants en Avignon au collège de Lassalle pour un voyage avec une des plus belles figures de la culture mandingue.

C’est en lisant une bande dessinée chez un ami que Titi Mendes, marionnettiste passionné par l’Afrique, découvre le personnage de Soundiata l’enfant-buffle, l’enfant-lion. Cet infirme, fils du roi mandingue Nare Manghan Keita et de Sogolon Kedjou la laide, est depuis toujours la risée du peuple mandingue. Pourtant la prophétie veut que Soundiata accomplisse un grand destin. Effectivement Soundiata est le roi qui aura le plus marqué l’histoire du Mali.
L’histoire de ce personnage est toujours connue de nos jours grâce à la tradition orale transmise depuis environ 700 ans par les griots. Pour retrouver l’histoire de Soundiata et l’adapter au théâtre, Nathalie Hatron-Jelmoni, l’auteur, a mené un vrai travail d’investigation. Pendant ses recherches, elle a trouvé nombre de versions différentes et de personnages. La transmission orale a conduit à des variantes nombreuses de l’histoire qui, au fil du temps, est devenue une sorte de parabole à propos de la moquerie et des facéties du destin.
Or nous restons souvent très ignorants de l’histoire des pays d’Afrique. Peu de gens conçoivent même que l’Afrique ait une histoire tout comme l’Europe et l’Amérique. Titi Mendes nous confronte à cette vérité. Certains spectateurs ne manquent pas d’y être sensibles. Et les messages de remerciements laissés dans le livre d’or sont éloquents : « Merci pour la transmission, vous faites office de griot » (Ousmane, spectateur).
Les marionnettes conçues par Titi Mendes s’inspirent directement de la tradition des masques. Il joue sur des formes géométriques et des matériaux communs (bois, cories, rafia, chanvre…). Mais il a en même temps cherché à « moderniser » le masque en l’épurant afin d’éviter les effets de folklores. Les marionnettes ne sont ni à gaines, ni à fils mais se manipulent comme des poupées. Elles sont toutes réalisées de la même façon et pourtant chacune a son caractère. Le résultat est très efficace. C’est donc bien entendu avec émerveillement que les enfants s’approchent pour les regarder de plus près à la fin du spectacle. « Les marionnettes sont superbes » (élève de CM2), « Les marionnettes sont bien faites. C’était super ! » (élève de CE1).
Les effets de lumière convoquent par ailleurs un théâtre d’ombres qui fait beaucoup penser à l’animation. Les personnages apparaissent et disparaissent dans des jeux d’ombre et de lumière qui accompagnent les marionnettes. Le spectacle est aussi ponctué d’interventions musicales au balafon. Et tous les effets sont orchestrés par le marionnettiste. Il s’occupe à la fois de la manipulation, des instruments, des lumières et utilise toutes sortes d’astuces pour accompagner sa narration … car il faut dire qu’il est aussi le conteur de l’histoire : projection de silhouettes, petites cartes postales, jeux de ficelles, lanternes magiques. Le castelet se métamorphose en une petite machine à rêves. C’est un dispositif conçu pour voyager et pour nous faire voyager. En tout cas les grands et les petits passagers sortent conquis.
« C’était une très belle histoire. J’ai bien aimé. Merci. » (Romain, 10 ans 3/4)
« Du merveilleux, de la sensibilité, de l’histoire… Bref, un beau voyage » (une Maman),
« j’ai bien aimé l’histoire. Le monsieur est très fort. » (Mathis, 7 ans).
« Très original (…) une mise en scène particulièrement réussie. » (Pascal, 41 ans).

Texte et dramaturgie : Nathalie Hatron-Jelmoni
Conception du spectacle, scénographie, jeu et manipulation : Titi Mendes
Mise en scène : Evelyne Villaime
Décor et Lumières : Xavier Lefrancq///Article N° : 9704

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