R.Style : le hip-hop en mouvement

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Installée dans le quartier de Riquet-Stalingrad dans le 19e arrondissement, l’association R.Style développe depuis 1999, des activités de promotion des cultures urbaines. Rencontre avec son président, François Gautret, lui-même danseur.

Paris, milieu des années 1980, métro Stalingrad, on vient de partout en Île-de-France pour suivre ce que tous appellent « Le Mouvement « . On chope les dernières galettes vinyles et baskets new-yorkaises à « Tikaret », on graffe, on mixe, on danse au terrain vague de « La Chapelle ». On saute dans le métro aérien direction Colonel Fabien pour breaker avec les Aktuel Force dans la salle de Paco Rabanne. Paris, début des années 2010, métro Stalingrad, on vient de partout en Île-de- France pour célébrer le hip-hop. On mate les derniers courts-métrages sur la culture urbaine dans le local de R.Style, on graffe, on mixe, on danse à la block party du jardin d’Eole. On grimpe sur un vélib’ direction le 104 pour tester un pas de lockin’, de poppin ou de krump.
Acteurs culturels
François Gautret, 33 ans, a grandi dans le quartier Riquet-Stalingrad dans le 19e arrondissement de Paris. Il a été spectateur de la première époque. Aujourd’hui il est un acteur incontournable de la seconde avec son association R.Style. Mordu de danse, il fonde son asso en 1999 : « Pour obtenir une salle de répétition il fallait avoir une association, une assurance et tout un tas d’agréments des institutions Jeunesse et sport » explique François. « Très vite nous sommes devenus plus qu’un collectif de danseurs. Nous étions force de proposition et organisions des événements » ajoute-t-il. R.Style participe alors chaque été à la Fête interquartiers. Cette semaine de festivités a pour but de rapprocher les habitants de Riquet-Stalingrad et de Cambrai- Curial-Crimée dont les histoires d’accrochages entre jeunes sont innombrables. Le collectif hip-hop est poussé à ses débuts par les « grands frères » du mouvement. Parmi eux, on compte notamment le très célèbre Dj Abdel, icône des soirées funk et rap et ancien pensionnaire du quartier Riquet mais aussi Dj Cut Killer qui invitait François et ses amis à danser sur la scène de l’Elysée-Montmartre lors des « opérations freestyle ».
Cultures urbaines
« Les meilleurs moments restent les rencontres internationales avec des étudiants de Corée, des États-Unis, du Brésil ou d’Ouzbékistan », précise François. Grâce à un partenariat avec les ambassades de France à l’étranger, R.Style organise des visites guidées du Paris des cultures urbaines. Au fil des années, l’association s’est construite une réputation auprès des institutions. Lorsqu’il a fallu ranimer un 104 moribond et faire participer les habitants du quartier, c’est tout naturellement que R.Style a investi les lieux. Sessions de danse hip-hop, séances de graff, ateliers d’écriture rap et projections de films et documentaires sur les cultures urbaines. « J’insiste sur l’appellation cultures urbaines parce qu’audelà du hip-hop, nous nous intéressons aux pratiques de rue telles que le Double Dutch, le BMX, le football freestyle ». Aujourd’hui l’association est une plateforme de rencontres qui permet à des artistes de se produire en spectacle mais aussi de former des jeunes amateurs de hip-hop. Un public de plus en plus large et diversifié, conclut François, « le mouvement s’est démocratisé, nous ne sommes plus enfermés dans un ghetto. Autrefois, t’avais 90 % de mecs dans les cours de danse. Aujourd’hui, t’as 70 % de filles… »

///Article N° : 12492

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