Rêves malgaches

Entretien de Christiane Rafidinarivo avec le Dr Ratrema

2000
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Le Docteur Ratrema a un parcours au nœud des sacrés : psychiatre, ancien médecin chef de la seule clinique psychiatrique de Madagascar, Anjanamasina, plasticien et mpiandry, guide spirituel dans un mouvement de réveil charismatique. Son art contemporain pratique « le changement de cadre » pour guérir des pertes de repères.

Qu’est-ce qui a fait votre trajectoire ?
La foi.
Qu’avez-vous découvert ?
L’être humain est fragile.
Quelle est votre œuvre ?
Plutôt mes œuvres. Elles sont dans mon séjour et je les découvre. C’est une plastique thérapeutique, une façon de dégorger tout ce que j’ai entendu.
Qu’avez-vous entendu ?
L’être humain est fragile.
Pourquoi avez-vous choisi l’art contemporain ?
Je n’ai rien choisi. Je travaille des matériaux sur ce qui me travaille. Une bribe de psaume devient une calligraphie avec une vieille clé rouillée sur un bois tendu de toile. La mère devient trois grâces de pierre.
Qu’est ce qui a changé dans ce qui vous travaille ?
Les couleurs. J’ai écrit sur la chromatique. Les rêves.
Qu’est-ce qui a changé chez vos patients ?
Leurs rêves comme leurs affections. Au début de ma carrière, la reine Ranavalona en était un personnage familier. Déchue par la conquête coloniale, elle avait été exilée à la fin du siècle et mourut alors que Galliéni pacifiait le pays. Le retour de ses restes a profondément marqué les esprits. A ma retraite, je traitais majoritairement des cas de toxicomanie.
Est-ce d’un effondrement du cadre dont souffrent vos patients ?
Mes œuvres sont parfois sans cadres.

///Article N° : 2951

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