Rwanda 94, du Groupov (Belgique) et Méfiez-vous de la pierre à barbe de la Madani Compagnie

Que peut le théâtre face à l'horreur génocidaire ?

Rwanda 94 Le théâtre qui tente de convoquer la violence des génocides et des guerres pour la tendre aux regards des spectateurs et la soumettre à leur jugement, leur indignation, leur questionnement, leur mémoire aussi, ce théâtre doit renoncer à la représentation dont on aurait pu croire qu’elle est l’essence de l’acte scénique. Ce théâtre contourne la représentation, car il travaille précisément sur l’irreprésentable. Mais ce contournement l’amène justement à interroger la forme dramatique en profondeur, à en explorer les limites, et à convoquer sur le plateau des expressions qui entretiennent avec le réel un autre rapport que celui de la représentation, puisque celle-ci est précisément invalidée par l’horreur même dont il est question. D’où, par exemple, le recours au témoignage ou à l’image vidéo dans la démarche de Jacques Delcuvellerie pour réaliser Rwanda 94, un spectacle que l’on avait pu voir en Avignon sous forme d’un chantier de recherche en 1999 (voir Africultures n°20, avcc un entretien avec Jacques Delcuvellerie) avant la création finale à Liège au printemps 2000 et que le Festival des Théâtres Francophones avait programmé dans les derniers jours de la manifestation. Clôture magistrale du festival afin de montrer ce que peut être justement “l’engagement théâtral en terre de francophonie”. Le travail scénique ne se fait plus ici spectacle et, quand on pense au sujet et à l’enjeu de la proposition théâtrale, le mot devient presque indécent. On peut d’ailleurs imaginer qu&...

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