Samia Orosemane se dévoile

Samia Orosemane est l’étoile montante de la scène comique française. Son one-woman show Femme de couleurs tire le portrait d’une France bigarrée, truculente qu’on ne montre pas souvent. Rencontre.

20 heures, dans un petit théâtre du 20e arrondissement de Paris. Noir. Une faible lumière éclaire soudain un visage qui se veut menaçant. Puis la silhouette gironde de la comédienne se dessine, dans un ensemble en wax et mouchoir de tête/ foulard. Le ton est donné : se jouer de la peur en jouant à faire peur. Faire rire quand on devrait pleurer. Le spectacle de Samia Orosemane, Femme de couleurs, joue sur le chaud-froid et fait salle comble tous les mardis. Comme après chaque représentation, des grappes de jeunes femmes viennent la remercier et se font photographier avec elle. Reconnaissantes que cette étoile montante du rire propose un show estampillé « sans vulgarité ». Pas une grossièreté n’est prononcée. La salle rit quand même, touchée par la galerie de personnages humains, trop humains que Samia dépeint. La mère envahissante, le papy usager des transports et parfois impoli, la tantine africaine : on les a tous déjà croisés quelque part. La comique, qui confesse avoir toujours voulu être noire, tire les meilleures histoires de son quotidien.
One-woman show péchu
Elle a grandi à Clichy-sous-Bois (93). Petite dernière de la famille, Samia Orosemane désirait être comédienne et s’est battue pour. Ses classes, elle les fera au conservatoire avant que le comédien Phil Darwin ne lui donne sa chance. Avec lui et d’autres, elle crée Samia et les 40 comiques en 2010. Avec Femme de couleurs, elle signe son premier onewoman show, volontairement orienté sur les problématiques féminines : le mariage mixte, la difficulté d’enfanter ou la perte d’un parent. Si l’aspect biographique affleure, c’est pour mieux dire l’universel. Malgré tout, son travail est parfois mal compris et taxé de communautariste. Dans un de ses sketches, elle moque les hommes de son pays d’origine, la Tunisie, qui, plutôt que d’aider aux tâches ménagères, feignantent sur le canapé.
Voile et féminisme
Naturellement féministe même sans le revendiquer, elle exècre les mouvements qui prétendent l’être.
Ni pull ni chemise, du nom d’un sketch joué en duo avec Sihame Haddoui, tourne en dérision l’association bien connue. D’ailleurs, la punchline la plus musclée du spectacle est une référence à Fadela Amara, qu’elle ne porte pas dans son coeur. « Ce sont des arrivistes. Plus que le féminisme, elles faisaient avant tout la promotion d’elles-mêmes. Elles ont stigmatisé les leurs. » Samia l’affirme : voile et féminisme ne sont pas antinomiques, au contraire. « La libération de la femme ne passe pas par la nudité. On peut décider de se couvrir afin d’être apprécié pour ses valeurs. » Les « foulardées », comme Miss Orosemane les appelle, sont diabolisées. « Personne n’a intérêt à dire qu’on peut être libre, libéré et porter le voile. Mon spectacle est une prise de parole pour que l’on devienne visible ».

Rendez-vous : Au théâtre Popul’air rue Henri Chevreau (Paris 20e) à 20 heures tous les lundis et mardi du mois de janvier. En tournée du 12 au 30 janvier en France et en Belgique.

Samia Orosemane en quelques dates : 1982 : Naissance à Clichy-sous-Bois (93) / 2002 : Entrée au conservatoire de théâtre / 2010 : Metteure en scène du spectacle Samia et les 40 comiques / 2012 : Premier one-woman show Femme de couleurs

Commentaires (2 Messages de forum)

Samia Orosemane se dévoile 8 janvier 2013 23:27, par NADIA LISON
SALAM JE SUIS RAVIE D AVOIR SE BOUT DE FEMME DE COULEURS ET PLEINE DE SENS DE L AMOUR PETIT JEUX DE MOT UNE HUMORISTE ENFIN COMME ON LES AIMES

Samia Orosemane se dévoile 8 janvier 2013 23:50, par Dolores Bakèla
ERRATUM : Samia n’est pas née à Clichy mais à Paris. Et elle n’est pas la dernière,mais l’avant-dernière… Mea culpa ! Dolores Bakèla
///Article N° : 12583

Partager :

Laisser un commentaire