Sandra Nkaké : « Je ne veux pas être classée »

Propos recueillis par André Ottou

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Son deuxième album, Nothing For Granted est dans les bacs depuis huit mois et déjà, elle parcourt les routes de France dans le cadre d’une tournée qui passera par le festival de Jazz de Tours. Après un concert mémorable lors du festival d’Île de France en octobre dernier, celle qu’on dit d’un talent « inclassable » s’est confiée à Africultures.

Quel accueil le public français a-t-il réservé à votre deuxième album ?
Les gens en parlent, ils connaissent les chansons et les chantent avec nous pendant les concerts. Je crois surtout qu’ils s’y reconnaissent et ce n’est pas le fruit du hasard. Cet album est quelque peu en trois dimensions. Les thèmes tournent autour de : comment se construire dans la société qui est la nôtre ? Ce n’est pas encore fini, nous commençons à peine. Nous avons choisi de commencer par tourner en France, c’est le lieu où l’album a vu le jour. Puis, nous irons à nouveau en Suisse et en Angleterre et ce sera certainement d’autres types de réactions.
Avez-vous l’impression de marcher sur les sentiers battus du premier album, Mansaadi sorti il y a près de quatre ans ?
Pas du tout. C’est diffèrent depuis le début. Pour ce deuxième album j’avais envie de mettre des destins en relief. Je me suis laissée inspirer par des tableaux, des polars, des films… Ce n’était pas un acquis. Sur le plan vocal j’ai testé de nouvelles textures et je me suis accompagnée de nouveaux musiciens. Je voulais une mixité réelle lors des concerts, des dialogues, encore plus de vitalité. Je n’espérais pas moins, un album est toujours l’instant d’une vie.
Il se dit que c’est par hasard que vous avez embrassé une carrière musicale…
Ce n’est pas tout à fait faux. J’ai fait mes études à la Sorbonne et je voulais devenir professeur d’anglais. Un jour, une amie qui savait que je chantais bien sous la douche, m’a proposé de remplacer un chanteur dans un groupe de funk. À l’époque, je n’écoutais pas de funk. J’ai quand même accepté, je voulais me rassurer que je pouvais réaliser les mêmes performances que sous la douche. C’était un petit défi personnel. J’ai accepté de le faire, d’autant plus que j’aime les rencontres. Il faut dire que tout s’est bien passé, j’ai été retenue et aujourd’hui je suis là…
Quelles ont été vos influences au départ ?
Je ne pourrai en faire une liste exhaustive. Il y a entre autres des artistes tels que Brassens, Chopin, Bob Dylan, Nina Simone qui n’effectuent pas de tri stylistique à proprement parler. J’ai été marquée par plusieurs artistes, pour peu qu’ils soient entiers dans leur être…
C’est en tant que comédienne que vous vous êtes d’abord révélée au public français…
Mes débuts professionnels étaient au théâtre, même si je chantais déjà. Je n’ai absolument rien calculé, c’est arrivé comme çà. Depuis 2011, je n’ai pas beaucoup travaillé de ce côté-là car il faut aussi que le corps tienne le coup. J’ai beaucoup de projets théâtraux qui ont été repoussés parce que je travaille également à des productions musicales initiées par des tiers. En novembre, je serai certainement de retour à la télé avec une série sur France 2. Une journée c’est seulement 24 heures et j’ai aussi besoin de faire des crêpes, de passer du temps avec mes enfants, d’aller en vacances…

///Article N° : 11094

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Sandra Nkaké © Benjamin Colombel





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