Shaft, les nuits rouges de Harlem

De Gordon Parks

Détective de choc
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John Shaft est le détective privé le plus cool de Harlem. Il ne roule pas en Aston Martin, ne possède pas de stylo explosif et ne finit pas ses aventures sous les palmiers d’une île tropicale. Rien de tout ça ne l’empêche d’être un véritable tombeur qui résout ses enquêtes sans sourciller face au danger. Sa mission : retrouver la fille de Bumpy Jonas, baron de la drogue sur lequel la mafia blanche fait pression. Il va réussir en s’associant à un groupe de militants noirs qui a le plus grand besoin de l’argent de Bumpy pour… lutter contre lui. Shaft dynamite le repère des mafieux et lance l’ère de la blaxploitation, ces films d’action dont les héros sont des hommes et des femmes noirs qui déjouent la police corrompue et finissent toujours gagnants, assaisonnant leur victoire d’un sourire en coin et d’une remarque bien placée.
Comme le révolutionnaire Sweet Sweetback Baadasssss Song de Melvin Van Peebles sorti la même année, ou leurs émules Superfly (1972), Coffy (1973), The Mack (1973), Black Caesar (1973), Cleopatra Jones (1973), Foxy Brown (1974) et bien d’autres, ces films ne sont pas seulement des histoires de super héros des quartiers chauds auxquels les spectateurs noirs pouvaient enfin s’identifier. Ce sont de véritables mises en accusation du rêve américain en cette période de crise économique et de lutte politique. Ainsi quand on lui demande quel est son problème, Shaft répond qu’il en a deux : il est né pauvre et il est né noir.
Shaft a eu une influence capitale sur les films de blaxploitation (contraction de  » black exploitation « ) qui, avec leurs héros noirs, leur esthétique urbaine et leur impressionnante rentabilité au box-office, ont marqué toute une génération de cinéastes, des frères Wayans à Quentin Tarentino. Les ventes phénoménales de la musique de Isaac Hayes ont bouleversé la politique marketing des musiques originales. La blaxploitation a disparu avec les blockbusters de la fin des années 70, Jaws et autres Star Wars, mais Shaft n’est pas mort, et il ressort dans les salles de l’hexagone en 2004, quatre ans après le remake de John Singleton.

Shaft, les nuits rouges de Harlem (1971 – Shaft). Réalisé par Gordon Parks. Avec Richard Roundtree (Shaft), Moses Gunn (Bumpy Jonas), Charles Cioffi (Vic Androzzi), Gwenn Mitchell (Ellie Moore). Directeur de la photographie: Urs Furrer. Une production MGM.
Sortie française le 20 octobre 2004.
A retrouver aussi avec la nuit de la blaxploitation au Champo le 23 octobre, en compagnie de Jim Brown dans Black Gun et du concert de Wattstax.///Article N° : 3557

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