« Tout être est exilé à quelque chose »

Entretien de Boniface Mongo-Mboussa avec Anne Tiddis

Anne Tidis est de deux pays, de deux territoires :  » l’exil m’habite mais je ne me sens pas exilée « . Genèse d’une œuvre.

En vous lisant, on est frappé par l’omniprésence de l’Algérie. Je sais que vous êtes née à Constantine, mais cela ne justifie pas forcément le grand intérêt que vous portez à l’Algérie. Des écrivains français nés en Algérie ne font pas toujours de ce pays la matière première de leurs textes… Chez vous, on a l’impression que l’Algérie constitue l’humus de votre oeuvre. Pourquoi un tel attachement ? L’humus est un terme exact. Tout d’abord, je suis née à Constantine de père algérien et de mère française. J’ai grandi pendant la guerre d’Algérie dans la confrontation de deux cultures pour un pays en voie de libération. Avec un père pétri de la culture française, qui a appris (plus tard) sa langue maternelle à l’âge de 7 ans. Donc, j’ai vécu cette guerre à l’intérieur et à l’extérieur du foyer. A l’intérieur du foyer, dans la mesure où c’était un père très occidentalisé et qui était en même temps pour la défense de son identité nationale. La guerre a fait qu’il est devenu un homme complètement écartelé entre deux cultures comme tous les hommes de sa génération. Ce qui fait qu’il s’est engagé très tard dans la guerre d’Algérie, deux ou trois ans avant la fin. Ensuite, au moment de ...

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