Une expérience de qualité

Il faudrait seulement pouvoir être n’importe quoi et n’importe qui.

De très loin Plus que la mesure, l’important est ici la sensation. C’est d’abord une question d’optique. Ici, la visibilité de notre teint crée une sensation de masse qui amplifie une impression d’extranéité. Elle dépasse celle que suscite la présence d’autres personnes, également originaires d’ailleurs, mais physiquement moins prégnantes. Le regard distingue en premier lieu les contrastes. Pour nous le contraste est fort, la perception immédiate. Il en est de même là d’où nous venons, lorsque nos hôtes actuels se distinguent du nombre spontanément. Pour atténuer ou contrôler la force de ce premier signe, d’aucuns parmi nous se concentrent sur l’habillement, la posture, voire la clarté du teint. Par ces indications de similitude, de proximité, d’appartenance à un même univers, la distance semble réduite, la communication peut alors s’installer plus facilement. En premier lieu vient donc l’expérience de la couleur. De plus près En second lieu, une fois passé ce sentiment optique, l’esprit se réveille et dans cette masse distingue des gens, qu’il caractérise à partir d’indices auxquels il accole des significations premières. Il projette ce que nous transportons, ce que nous signifions de loin, de différent, de pauvre, de sport, de danse, de fête, de guerre, de faim, de rires, de musique, d’accueil, d’eau, de piment, de masques, de fatalité et de chatoyance. La projection sera ainsi confortée, compl...

Connectez-vous pour lire la suite de l'article...
Si vous avez déjà un compte client sur Africultures vous pouvez saisir vos paramètres d'identification :

Si vous n'êtes pas encore abonné à la revue AFRICULTURES, vous pouvez le faire en cliquant sur Adhérer.
Partager :

Laisser un commentaire