Une Maison pour les journalistes réfugiés

Créée en 2002 par Danièle Ohayon, journaliste à radio france, la Maison des journalistes accueille aujourd’hui 14 journalistes réfugiés. Auparavant située à Bobigny, elle est depuis cinq ans à paris. reportage dans ce havre de paix pour des personnes ayant vécu la répression, voire la torture, dans leurs pays.

la Maison des journalistes (Mdj) s’érige dans un bâtiment lumineux, une ancienne usine de brosse à reluire qui expose aujourd’hui, à tous les étages, des tirages photo et des extraits de bandes dessinées. leurs thématiques : la censure, les enlèvements, les conflits, les coups d’états. Darline Cothière, la directrice, nous explique : “Les pays les plus représentés par les journalistes résidant ici en ce moment sont la Syrie, l’Afghanistan et de manière générale le Moyen orient. Mais il y a quelque temps on hébergeait aussi des personnes de la République centrafricaine ou du Burundi “. La MDJ est en effet un baromètre de la situation de la liberté d’expression et de la presse dans le monde. Orientées par le biais d’organisations internationales comme le Comité de protection des journalistes, Freedom-house et Reporters sans frontières, ou encore par des associations comme France terre d’asile, les centaines de personnes demandant à être admises à la MDJ sont sélectionnées selon deux critères : avoir fui leur pays à cause des risques qu’elles y courraient et certifi er de leur profession de journalistes.
Alors que Nadir, jeune stagiaire, guide notre visite de la Maison, on observe les logos affichés sur les portes des chambres des résidents : Radio-France, Mediapart, Arte, le Canard enchaîné, etc. Les mots de la directrice résonnent : “Ce lieu a été créé sur le principe de la solidarité confraternelle. les médias participent à son financement. C’est un choix symbolique qui vise à la reconstruction des journalistes : se retrouver en France, dans une structure soutenue par leur profession“. Selon la directrice, les journalistes de la MDJ y restent en moyenne six mois. Le temps de résoudre les démarches administratives. Dans un documentaire sorti en 20131 consacré à la Maison, Laurène Lepeytre montre en effet le parcours du combattant pour obtenir le statut de réfugié, entre les allers-retours à l’OFPRA(2), l’obtention des récépissés et l’interdiction de travailler en attente du titre de séjour. Mais la MDJ, conçue comme un lieu d’accueil et d’accompagnement, reçoit aussi des non-résidents. Sur place il y a toujours des interprètes, des traducteurs et des professeurs de français ainsi qu’une assistante sociale pour assurer le suivi socio-professionnel des journalistes. Car poursuivre ce métier en France n’est pas facile pour ces exilés. d’ailleurs depuis 2002, ils peuvent mettre en avant leurs compétences dans le journal en ligne de la MDJ L’oeil de l’exilé. espace d’expression où ils apportent à la presse française des nuances souvent méconnues sur la situation de leur pays. ce qu’ils peuvent exprimer également à travers des partenariats noués avec des structures extérieures dont nous parle béatrice, journaliste réfugiée rwandaise, vivant à la MDJ depuis septembre. Elle intervient auprès d’adolescents placés par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) : “C’est un privilège pour moi de participer au programme intitulé ” renvoyé spécial pjj “, d’échanger publiquement avec des jeunes“. Au deuxième étage de la MDJ se trouve un bureau open-space dédié à l’organisation des sorties culturelles, dont Moniem, poète soudanais exilé, nous parle avec enthousiasme. Tout autant que des expositions montées en interne. espace où les diversités culturelles, linguistiques, religieuses et politiques arrivent à vivre sous le même toit, la Maison des journalistes est à l’unanimité défi nie, par nos interviewés, comme “un lieu unique de reconstruction“.

1. JOURNALISTES, VOS PAPIERS.
2. L’OFFICE FRANÇAIS DE PROTECTION DES RÉFUGIÉS ET APATRIDES.
///Article N° : 13925

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