Une nouvelle marque entre Paris et Abidjan

Entretien de Cathy Thiam avec Adjara Diaby-Bergez

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Native d’Abidjan, Adjara Diaby-Bergez, 40 ans, vit en France depuis l’âge de 19 ans. L’ancienne étudiante en droit, désormais créatrice de mode à Paris, s’inspire beaucoup de ses souvenirs d’enfance à Bouaké, une ville du centre-nord de la Côte d’Ivoire. Légèreté et volume du boubou habitent ses tops et ses combinaisons vaporeux, des pièces uniques coupées dans des soies et des mousselines de premier choix. Adjara Diaby-Bergez vient de créer son entreprise de mode en août dernier et lance sa marque : Adjara. Rencontre avec une battante, à la hauteur de ses ambitions.

Comment êtes-vous devenue créatrice de mode ?
Mon grand-père maternel était tailleur. Déjà à l’âge de 14 ans, je voulais intégrer une école de mode à Abidjan. Mon père, enseignant, y étant formellement opposé, j’ai continué mes études en France et obtenu une licence en droit. C’est seulement à 30 ans que j’ai décidé de vivre ma passion, en reprenant des cours de stylisme-modélisme à l’IICC de Marseille, puis aux Ateliers Chardon Savard à Paris. Tout mon temps libre, je le passais à coudre et à me perfectionner dans mon studio parisien.
Qu’est ce que cela représente de créer sa propre entreprise dans le milieu de la mode aujourd’hui ?
Beaucoup de volonté, de courage. Le déclic m’est venu en décembre 2010, lors d’une rencontre avec le propriétaire d’un showroom, rue Royale. Sans structure à mon nom, je ne pouvais pas lui présenter une collection. J’ai alors rencontré l’association Pivod qui parraine bénévolement des micro-entreprises, et qui m’a accompagné dans toutes mes démarches. Le business plan finalisé avec mon associé, nous avons créé la SARL Adjara. Maintenant, c’est la course aux investisseurs pour avoir un fonds de roulement de 30 000 euros, le minimum pour présenter ma collection printemps été 2012 aux acheteurs fin septembre ! Car depuis le début, ce sont ma famille et surtout mon frère qui m’ont soutenu financièrement. Cela m’a permis de garder mon indépendance. D’autres créateurs n’ont pas eu cette chance…
Quelle est votre clientèle aujourd’hui ?
Mes clientes sont européennes, japonaises et pour beaucoup, africaines. De la jeune femme cadre dynamique, ou privilégiée, à celle qui aura économisé un an pour s’offrir une robe à 3 000 euros. C’est pourquoi je travaille sur une deuxième ligne de prêt-à-porter haut de gamme, ADJ, plus accessible, avec des prix allant de 100 à 1 000 euros. Cette ligne sera fabriquée en série, en Europe mais aussi en Afrique, avec le même standard de qualité. Je compte également voyager en Côte d’Ivoire, pour étudier les possibilités d’y travailler avec des femmes, brodeuses dans un premier temps. Et peut-être, participer à ma manière à la reconstruction sociale du pays.

Article également paru dans Afriscope n°22, septembre-octobre 2011///Article N° : 10463

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