Comment ramener le public au cinéma ?

L'expérience de Christian Tsieng à Yaoundé.

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Je m’appelle Tsieng Christian. Je suis né le 12 juin 1983 à Messamena, une petite ville située dans la province de l’Est du Cameroun. Je suis le fils aîné de ma maman, qui elle est mariée dans la province du Littoral.
Très tôt j’ai compris qu’il fallait que je me batte pour réussir dans ce monde, c’est ainsi depuis mon cycle primaire jusqu’à l’université, je me débrouille moi-même pour financer mes études. Je me bats très dur pour aller à l’école, raison pour laquelle je ne blague pas avec ce qui me paye les études ou me permet de manger. Je compte d’abord sur moi-même : certains de mes amis m’appellent l’homme « Lion » ; d’autres sont allés jusqu’à inventer une doctrine autour de mon nom : la doctrine du « christiantisme » pour cristalliser mon courage, mon dynamisme, ma confiance en moi, ma patience et surtout ma persévérance !
En fait, je suis titulaire d’un certificat d’études primaires, d’un C.A.P aide-comptable, d’un bac G et d’un DEUG en droit fondamental. Actuellement, j’aspire à une licence en droit public que je prépare à l’université de Yaoundé 2 Soa.
J’ai une particularité, c’est que je réussis toujours là ou ça paraît impossible ! J’adore l’aventure, le cinéma, le sport que je pratique beaucoup, la musique, la découverte et la lecture. Je parle plusieurs langues camerounaises et je maîtrise aussi plusieurs cultures et endroits au Cameroun, tout ceci grâce à une enfance dispersée entre mes oncles et tantes maternelles qui m’utilisaient à bon escient.
Actuellement, j’ai décroché un job que j’adore et surtout qui promet. C’est peut-être le début de quelque chose mais je sais que tout dépendra de moi. Rester à l’écoute : vous vivrez dans le moindre détail toutes mes aventures ! Celles d’un gérant de salle de cinéma dans un pays où emmener quelqu’un dans une salle de ciné paraît impossible ! Pourtant, moi, je crois avoir trouvé la clé du mystère. En effet, je suis appelé à gérer trois salles de cinéma dans la ville de Yaoundé, ceci pour le compte des « Ecrans noirs du cinéma francophone et africain ».
Tout commença le 26 novembre 2004, lorsque les Ecrans noirs ont investi mon campus de l’université de Yaoundé 2 Soa pour y ouvrir une salle de cinéma. Le projet était de projeter exclusivement des films africains et francophones. Sur le coup, l’initiative m’intéressa et très vite je compris l’importance qu’il y a pour nous étudiants à regarder les films réalisés par nous Africains et pour eux d’être vus par les nôtres et pourquoi pas dans le monde entier. A la première séance où je me suis tout de suite rendu sans me poser de question, ma surprise a été grande de constater que j’étais seul dans la salle. Tout de suite, je me suis posé beaucoup de questions ! Pourquoi les étudiants ne s’intéressent-ils pas à venir au cinéma ? Est-ce un problème de coût ? Non, le prix d’accès est largement abordable, 200 Fcfa la séance. Est-ce les jours de projections ? Non, les jours de projections – le mardi à 18h et le vendredi à 18h -sont ok. Est-ce parce que ce sont des films africains qui ont la particularité d’être très cool ? Même à l’Abbia où on projette des films de tous genres, il n’ y a pas grand monde (la salle de ciné Abbia, c’est la seule salle de nos jours dans la capitale camerounaise ! On peut comprendre que si dans une capitale de près de deux millions d’habitants, il n’y a qu’une seule salle, c’est grave !). Peut-être est-ce le problème de la piraterie qui a presque permis l’accès des films en VCD à toutes les couches de la société à un coût préférentiel ? Mais les films africains sont rares dans le milieu de la piraterie… Ça doit donc être un problème de négligence et que les gens se foutent de venir voir un film dans une salle de cinéma et préfèrent rester dans leur maison pour visionner les VCD sur la télé ou bien les films sur les chaînes câblées.
Pourtant, moi je trouve que rien ne remplace les films dans une salle de ciné, l’ambiance, la qualité du son, des images, le petit truc qui fait qu’on vit le film comme si on y était, et surtout les films africains ont quelque chose de particulier, ils nous révèlent nos propres problèmes et c’est peut-être bien cette vérité-là qui nous fait fuir nos propres films ! Du coup, à la fin de la projection de ce soir-là, j’ai pris une résolution : faire comprendre aux gens le bien fondé de venir au cinéma ! Pour cela, il me fallait commencer par mes proches, donc mes amis et amies. C’est ainsi que le lendemain, lorsqu’on se retrouve au campus après les cours, je leur ai demandé s’ils sont au courant de l’ouverture d’une salle de ciné au campus. Mon meilleur ami Olivier me répond : « oui, mais c’est quoi même déjà les Ecrans noirs ? » Là, il me prend de court mais vu que moi depuis le bas âge je m’intéresse vraiment au ciné et particulièrement au ciné africain et qu’en plus j’entends souvent parler des Ecrans noirs à la télé, je réponds à mon camarade que les Ecrans noirs, c’est un festival organisé pour la promotion du ciné africain et francophone, une idée originale de Basseck Ba Khobio, le réalisateur camerounais du film Le grand blanc de Lambaréné. Et je finis en lui disant qu’il était temps que quelqu’un trouve un moyen de nous ramener dans les salles de ciné pour vivre nos films. Il hoche la tête. J’en profite pour l’inviter à la projection de vendredi soir 18h et je paye l’entrée. Tous sont d’accord ! Je propose même de passer chez eux les chercher un par un pour m’assurer que tous seront là ! Le vendredi tout se passe comme prévu et à la fin du film (Sango malo), tous étaient très satisfaits. En fait, nous étions six : Olivier, Roseline, Aïcha, Bienvenu, Charly et moi. Les commentaires allaient grandissant sur les problèmes soulevés dans le film, notamment celui du système éducatif. Tout le monde donnait son avis et olivier de s’exclamer : « Est-ce que vous savez que c’est la première fois que je viens voir un film dans une salle de cinéma sur écran géant ? » « Ah bon, rétorqua Aïcha, c’est à Christian que tu dois dire merci ! » Tout le monde éclata de rire et comme je sentais qu’ils étaient vraiment ravis d’être venu, je leur demande s’ils sont prêts à revenir. Comme un seul homme, ils répondent : « Et comment ! » Olivier dit qu’il ne manquera plus une seule séance, que voir un film dans une salle avec des amis, le grand écran, la sono, l’ambiance, c’est vraiment agréable ! Avant qu’on ne se sépare, je leur dis d’en parler aux autres. C’est ainsi qu’il y a eu une nette amélioration : dix à quinze personnes de toute façon. Je n’étais plus seul dans la salle !
J’ai l’habitude de chercher s’il n’y a rien de neuf qui puisse me procurer un peu d’argent de poche pour me payer les bords et manger vu ma situation, c’est pour cela que je lis toutes les affiches au campus pour voir si on ne propose pas un petit truc à faire qui puisse me donner un peu d’argent. C’est de ça que je vis depuis trois années au campus : aucun parent pour m’aider. C’est comme ça que ce matin-là du début avril 2005, je tombe sur un communiqué : « tous ceux qui sont intéressés par le cinéma sont priés de se signaler aux bureaux de la DCOU ». J’en parle à Olivier et nous avons aussi mis Bienvenu au courant du communiqué. Déjà, j’avais une influence sur eux parce qu’ils reconnaissaient que partout où je les amenais, ils trouvaient toujours leur compte. Le lendemain, nous nous sommes donc rendus au bureau de la DCOU, mais il était fermé et on décide de repasser le lendemain. Le lendemain, le bureau est toujours fermé. Je décide alors d’appeler les numéros indiqués par le communiqué. Le monsieur au bout du fil me demande de l’attendre sur place et il est là deux minutes après. Apparemment, nous sommes les premiers à répondre au communiqué. Il nous parle de l’importance qu’il y a pour nous jeunes et étudiants à s’intéresser au cinéma, et du partenariat entre les Ecrans noirs et l’université de Yaoundé 2. Le but est de créer au sein du campus un club cinéma, qui va s’occuper de la gestion de la salle de projection, la programmation et du marketing et au bout d’une période les meilleurs ou les plus actifs dans le club bénéficieront d’une formation dans les métiers du cinéma et pourront obtenir un diplôme professionnel.
C’était comme si le Bon Dieu m’avait entendu ! Une rencontre fut programmée avec le responsable des Ecrans noirs, Florent (un Blanc), le lendemain à 13 h. Avant de nous séparer de l’attaché culturel du recteur, mon ami Bienvenu lui demanda s’il pouvait en parler aux autres. La réponse fut non car il estimait que les autres ne viendraient plus par amour du cinéma mais par profit.
Le lendemain, nous fîmes la connaissance de Florent comme prévu, qui nous répéta ce que l’attaché du recteur avait dit, et nous donna la responsabilité de la salle de projection, nous faisant le bilan médiocre des quatre premiers mois. Il finit en nous disant qu’il comptait sur nous pour faire salle comble ! Lui-même avoua que la mission n’est pas facile et même très dure mais il compte beaucoup sur notre imagination pour faire venir les gens. Il mettait à notre disposition tout ce qu’on a besoin pour la promotion. J’étais ravi ! Très ravi, même ! Il fallait que ça marche, les gens devaient comprendre. Comprendre quoi ? Si j’avais réussi avec mes amis, pourquoi pas avec les autres ? Enfin quelque chose qui va me révéler, pas aux yeux des gens bien sûr mais au fond de moi, moi qui ai toujours été rejeté, déjà par mon beau-père, ensuite par mon propre père qui m’a donné la vie. Je me souviens de ce jour-là : je venais de réussir au Bac et ne connaissais pas mon père. Je ne l’avais jamais vu et il était normal que je sache qui m’a mis au monde ! Mais arrivé chez lui, il me jette à la porte comme un mendiant. Seigneur ! Je me relevai et demandai pardon à Dieu, et jurai de devenir quelqu’un un jour. Donc pour moi, ramener les gens dans une salle de ciné, c’est un peu une façon de leur faire voir les choses d’une autre façon, comme l’aurait fait mon père. J’avais juste besoin qu’il me sourît, même s’il ne pouvait pas me payer les études universitaires. Pourtant, c’est un haut gradé de l’armée camerounaise. Bon, je vis et suis debout, donc c’est le passé !
Une fois dans ma chambre d’étudiant, je réfléchis sur les stratégies à adopter. En fait, je simplifiais la mission. Pour le premier test, ce fut un échec total : 5 personnes dans la salle ! Et pourtant nous avions fait la promo ! Cet échec m’avait tellement choqué que je décide de prendre la chose plus au sérieux, mais que faire ? Je commence par inviter Aïcha à rejoindre le club, elle, la première amie que j’ai eu à la fac, je l’aimais parce qu’elle était intelligente, dynamique et aussi belle, j’avoue que j’ai toujours été amoureux d’elle, et elle à mes côtés, c’est toujours réconfortant ! Je réunis tout mon groupe d’amis, nous étions six et l’idée me vient d’inviter tous les leaders des groupes à adhérer au club.
Nous voilà le jeudi 21 avril 2005, la veille de la projection du vendredi, à en faire la promo. Nous rencontrons l’attaché culturel auprès du recteur qui nous dit : « Justement, je vous cherchais ! Il faut que vous fassiez un bureau provisoire du club tout de suite : le recteur à besoin de ça pour le valider et soyez sûr qu’il est avec vous de tout coeur et vous encourage dans votre mission. A tout à l’heure dans mon bureau dès que c’est prêt. »
Je prends les choses en mains. Il fallait qu’on fasse un bureau provisoire du club. Pour le poste de vice-présidente, je propose Aïcha parce que c’est une fille, ce qui est approuvé par tous. Bienvenu se propose comme secrétaire général, approuvé, Roseline son adjoint, accepté, je propose Olivier comme trésorier, il accepte, et justement voilà Rabi qui passe, un étudiant populaire, le meilleur interprète dans le campus, très fort en karaoké. Je lui explique l’existence du club et les perspectives, il est intéressé. Je lui propose le poste de commissaire aux comptes, il accepte, et moi-même je me propose conseiller. Les gars ne sont pas d’accord : ils veulent que je sois président, ce que je refuse énergiquement. Les autres décident de tout laisser tomber si je ne suis pas président. En fait, je n’aime pas trop prendre les devants et c’est pas mon truc. Bon, peut-être un jour mais c’est pas le moment en tout cas. Allons voir l’attaché culturel. Arrivés chez lui, il nous impose quelqu’un qu’on ne connaît pas. C’est pas grave, on s’en fout, on prend rendez-vous pour le vendredi 22 avril.
Ce soir-là, seulement une dizaine de personnes dans la salle. Le lundi pendant la réunion, me vient une idée et je propose d’organiser une séance gratuite pour tous. Je me dis que si les gens viennent voir ce qui se passe dans la salle, ils prendront goût comme ce fut le cas avec Olivier. Il suffit de faire une grande promo auprès de tous les étudiants en passant dans les amphis et les mini-cités. Affiches, tracts, billets gratuits : le maximum de tapage ! Tout le monde approuve l’idée et se met au travail : la séance gratuite est prévue pour le lendemain soir et ce mardi soir, ce fut un succès total. La salle est pleine de monde ! On en profite pour passer le message sur l’existence du club, les jours de projection, le coût ! Plus de 300 personnes dans la salle, c’est génial ! La salle a tellement vibré que les gens sont rentrés satisfaits et le lendemain au campus, il n’y avait que ça dans la bouche des étudiants ! Le poisson a-t-il mordu à l’hameçon ? A la projection du vendredi soir, il y a 96 personnes à l’entrée et 112 à la fin. C’est génial : le train est lancé, à nous de maintenir le cap !
Je ne suis pas complètement satisfait : pour une salle d’une capacité de 250 places assises, c’est trop peu, il y a encore du boulot ! Pendant tout le mois de mai, les entrées varient entre 92 et 183 personnes. Entre-temps, les gens adhèrent au club et on passe de 8 à 23 membres. Non seulement les gens viennent dans la salle mais ils s’intéressent de plus en plus au 7ème art, sauf que dans le club il existe des problèmes de malversations financières. Le club avait reçu 200 000 Fcfa comme budget de fonctionnement en plus de l’argent des entrées. La caisse est pleine. Le président et le trésorier détournent 140 000 Fcfa, ce qui crée une terrible zizanie au sein du club. Les gars veulent tout laisser tomber, foutre le club en l’air. Grande est ma déception de savoir qu’Olivier, mon meilleur pote, est directement concerné par le détournement de fonds. C’est incroyable : celui que je considérais comme mon frère, on partage tout, les bords, la nourriture, le vêtement, plein de choses.
Mais il faut continuer : les choses doivent reprendre comme avant et, en plus, le festival Ecrans noirs arrive et nous devons le recevoir au campus les 6 et 7 juin 2005. Mon objectif n’était pas de me remplir les poches. C’est vrai que je suis un pauvre garçon qui mange à peine une fois par jour avec une ration de 150 Fcfa par jour. Bon, je fais avec. Je suis l’un des rares étudiants à vivre sans batterie de cuisine. Ma grand-mère qui m’a élevé me rappelait toujours d’être honnête : « L’honnêteté, mon fils, seule l’honnêteté fera de toi un homme fier et digne. Supporte : ça ira mieux un jour ! »
Il fallait que je parle aux gars : « Vous voyez les gars, ce n’est pas pour quelques miettes que vous allez foutre tout par terre ! Est-ce que vous êtes là pour l’argent ? La formation dans les métiers du cinéma avec un diplôme professionnel à la clef, ça vaut le coup. Déjà que vous n’êtes même pas sûrs de travailler demain avec vos diplômes dans ce pays qui est ce qu’il est ! Les gars, je vous en prie, moi-même je ne gagne rien là-dedans mais faisons-le pour l’amour du cinéma ! » Les gars étaient d’accord pour reprendre les activités mais ils ne voulaient plus avoir affaire à ces deux truands. On les vire et on décide de mettre le paquet pour que les Ecrans noirs soient un succès dans notre campus !
Florent me choisit pour assurer le festival avec lui dans le campus de l’université de Yaoundé 1 et dans la mairie de Tsinga dans le deuxième arrondissement. Je regroupe les gars pour une vaste promotion dans notre campus et change la salle habituelle de projection pour une plus grande : 500 places ! Florent me remet 500 billets et je distribue à chaque membre 25 billets pour les vendre partout. Le festival fut un succès total : 720 entrées sur les 1000 places disponibles sur les 2 jours ! Le campus a bougé. Dans les deux autres salles, les entrées sont gratuites parce que ce sont encore des salles à conquérir, et voilà que ce soir du 8 juin, de retour de la projection dans la salle de l’université de Yaoundé 1, Florent décide de m’emmener au village du festival. Arrivé là-bas, il se dirige vers un monsieur et je le suis sans rien dire. Il le salue, moi aussi, et il se met de côté : me voilà posté devant ce monsieur blanc. Je prends mon courage à deux mains et me présente. Lui aussi très relax me dit son nom Olivier Barlet. Le nom semblait me dire quelque chose mais je ne me retrouvais pas. Il me demande ce que je faisais là. Je lui explique l’activité du club qu’il trouve très intéressante. Il me pose des questions sur nos stratégies pour faire venir les gens au cinéma, et me révèle que lui aussi était passé par le ciné-club dans son collège mais il n’avait pas eu beaucoup de succès. On a pu causer davantage tellement il était sollicité mais il m’a passé sa carte de visite. J’étais très content de faire sa rencontre parce qu’il m’inspirait son métier et si je devenais comme lui critique, cela pourrait aider le cinéma africain à se hisser un jour au-devant de la scène mondiale.
Dès mon retour au club, je fais le compte rendu de ma rencontre : je propose d’organiser une rencontre avec Olivier Barlet. Le jour idéal serait celui de la clôture du festival. Nous sommes tous au rendez-vous mais il était sur le départ et hélas on n’a pas pu causer, mais les gars l’ont quand même salué et se sont présentés, c’est déjà bon.
Après le festival, dans le club en assemblée générale, on radie le président et le trésorier, Aïcha assume l’intérim, un nouveau trésorier est élu après que j’ai refusé ce poste, mais ils insistent pour que je sois au moins commissaire aux comptes, ce que j’accepte pour ne pas créer de polémique.
On assure les projections jusqu’au 17 dans le campus : c’est un succès total dans la salle et les gens me suivent même chez moi pour me demander le programme de projection, mais hélas on doit arrêter car les examens de fin de semestre se pointent, prévus à partir du 21 juin. La salle doit fermer pendant les vacances. Florent me demande de le joindre et rester à l’écoute. Malheureusement, je n’ai pas de téléphone : c’est un objet de luxe pour moi. On convient qu’il me laisse le message sur le portable d’Aïcha. Voilà que ce matin du vendredi, lors de l’ultime réunion du club pour un dernier bilan de fin des activités, Aïcha m’informe qu’elle a reçu un message de Florent me demandant de me rendre au siège des Ecrans noirs sis à la société de production de cinéma « Films terres africaines ». Bon, moi je me dis qu’il avait quelque chose pour le club. A mon arrivée, juste à l’entrée, je rencontre Monsieur Bassek qui me salue chaleureusement et me demande si c’est moi Christian. Il me demanda d’aller prendre place parce qu’on a à bavarder. Qu’est que j’ai fait ? Je ne comprends rien, mais bon je m’assois et j’attends pendant deux heures. Je décide d’appeler Florent, qui me demande de ressortir du bureau et d’aller l’attendre dans le café d’en face : il faut qu’on parle d’abord. Bizarre bizarre, me dis-je. Quelques instants après, il arrive et m’explique ce qui se passe : « Tu vois Christian, je dois rentrer en France et la boite à besoin de quelqu’un pour continuer le projet : il s’agit de gérer les trois salles que j’ai pu ouvrir pour le compte des Ecrans noirs et c’est toi qui peux le faire vu le succès que tu as eu dans ton campus. Maintenant il s’agira de gérer la salle de cinéma de la mairie de Yaoundé 2 à Tsinga en attendant que les deux autres universités rouvrent leurs portes à la prochaine rentrée. Celle de Yaoundé est un acquis, c’est les deux autres salles qui sont à conquérir et je sais que tu y arriveras ! Ton travail consistera à assurer la programmation des films dans les différentes salles, la projection, le suivi des partenariats, la conception de la promotion pour une plus grande sensibilisation. Calme-toi parce que tu dois passer un entretien avec Monsieur Basseck. » Et il m’offre à boire. J’étais fou de joie, vraiment fou ivre de joie. Avec Monsieur Basseck, tout se passa bien. Je rentre annoncer la nouvelle aux gars du club qui m’ont tout de suite félicité et ont reconnu que je méritais bien ça.
C’est comme ça que je me retrouve maintenant en train de gérer la salle de la mairie de Yaoundé 2. J’ai fait déjà deux mois et je peux vous dire que de toutes les façons, je vous raconterai la suite de l’affaire !

///Article N° : 4083

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