DO-KRE-I-S, sur les traces d’espaces de rencontres créoles alternatifs

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Du 9 octobre au 28 novembre 2021 se tient la 5e édition du Mois Kreyol, festival des langues et des cultures créoles à Paris, en Île-de-France, à Strasbourg, Mulhouse et pour la première fois à Nantes et Bordeaux.

Avec une large programmation transversale et pluridisciplinaire, Le Mois Kreyol invite à porter son regard sur les créations, les luttes pour un environnement respecté, l’égalité femmes-hommes et pour une humanité en accord avec le Vivant, comme le souligne cette année son initiatrice, la chorégraphe Chantal Loïal.

Mais qu’est-ce qu’être créolisé ? Et comment créer des espaces de rencontres et d’échanges entre les cultures et mondes créoles ? Deux questions essentielles que propose d’approfondir l’Association Vagues littéraires à travers DO-KRE-IS, la revue haïtienne des cultures créoles, dont le 4e numéro intitulé « Trace(s) / Mak », vient de paraître.

Pépite ou plutôt écume littéraire, cette revue bilingue créole/français – encore trop méconnue -, dirigée par Jean Erian Samson, réunit plus de 80 auteurs contributeurs issus de 25 îles et pays dont Haïti, La Réunion, La Guadeloupe, Mayotte, Trinité et Tobago, mais aussi le Sénégal, la Norvège, la Tunisie ou le Mexique…(la liste n’est pas exhaustive).

Ensemble ; écrivains, poètes, peintres, designers, sculpteurs et artistes du Tout-Monde (on nommera notamment Lionel St Eloi, Malik Duranty, Clara Martins, Nelly Cazal, Marc Alexandre Oho Bambe, Dash&Zephir, Nathan Pires…) arpentent en expressions diverses les Caraïbes et ses archipels sous des angles peu explorés : la mémoire de la peau, les origines des grands-mères indiennes, l’histoire de l’art antillais alternatif, la sexualité et la figure de la femme potomitant, les habitations coloniales en Haïti…

Dans ses 60 pages-océaniques, on trouve aussi des fragments d’archives inédits du poète René Depestre ainsi qu’une rétrospective du poète réunionnais Boris Gamaleya, forcé à l’exil pendant 12 ans, à la suite de l’ordonnance Debré du 15 octobre 1960, qui envoya des dizaines d’ultra-marins désignés comme fauteurs de troubles dans l’Hexagone. Un article-hommage qui fait écho au récent travail de fond mené par la Bibliothèque Départementale de la Réunion (BDR) « La Décade Gamelaya » pour la réhabilitation et la démocratisation de l’œuvre du poète natif de Saint-Louis, décédé en 2019.

Avec déjà trois numéros à leur actif – #1 Voyage, #2 Miroir, #3 Marge(s) – Vagues littéraire et son collectif engagé, annonce avec cette quatrième publication une poétique de la relation ouverte sur des syncrétismes résolument Kreyol et contemporains.

Marine Durand

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