3 questions à … Praktika, producteur et DJ

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Sorti ce 2 avril, Benkadi est le premier album de Jérôme Fourqueray, alias Praktika, sorti sur le label Blanc Manioc. Un label avec lequel il collabore depuis plusieurs années, sur lequel il a sorti notamment le morceau “Dozo Foly” avec le musicien malien Assaba Dramé.  Et puis Praktica, c’est aussi l’un des cofondateurs, en 2016, du festival Africa Bass Culture, au Burkina Faso, qui mêlaient musiques traditionnelles et musiques électroniques Il est aussi dans le collectif abidjanais de musiciens et DJ, Kamayakoi. 

Que signifie « Benkadi », nom de l’album et d’un des morceaux de ce 10 titres ? 

Benkadi signifie “la bonne entente” en dioula, langue du Burkina Faso. Quand je suis arrivé en 2015, à Bobo Dioulasso, j’ai rencontré le groupe Kouroudoué. J’avais ramené mes machines, mes synthétiseurs, pour une première répétition. Certains musiciens répétaient “Benkadi Benkadi”, qu’ils m’ont traduit comme “la bonne entente musicale”. ça a été une évidence, alors, d’intituler cet album Benkadi. La chanson “Benkadi” a été créée avec lla chanteuse malienne Fatim Kouyaté, rencontrée grâce à Dom Peter, le patron du Label Blanc Manioc sur lequel je sors cet album. Dom Peter forme avec Fatim Kouyaté et Assaba Dramé le groupe Midnight Rivers. Quand j’ai commencé la création de l’album, je lui ai envoyé une instrumentale et lui ai parlé de cette notion de “bonne entente”. Elle  m’a transmis depuis le Mali en une fois la chanson qu’elle a écrite autour de cet univers. Elle a posé sa voix sur une instrumentale très électronique avec aussi du tamani, une percussion africaine qu’on met sous les aisselles. 

C’est un album avec beaucoup de collaborations qui retracent tes rencontres entre le Burkina, la Côte D’Ivoire, et le Mali. Tu joues aussi avec des sons d’ambiance captés dans la rue, dans des cours familiales…Qu’avais tu envie de raconter musicalement ? Comment s’est fabriqué ce premier album ? 

C’est un album avec beaucoup de collaborations, des amis rencontrés pendant ces cinq années de vie en Afrique de l’Ouest. Dans cet album j’utilise aussi beaucoup d’enregistrements de la vie de tous les jours. C’est plutôt un carnet de vie qu’un carnet de voyage. On entend par exemple des sons de chauve souris qui peuvent remplacer les charleys de batteries. Les chauves souris arrivent à remplir le spectre des aigus dans mes morceaux. J’ai aussi utilisé des ambiances de bus. Tout ça vit dans l’album. J’ai voulu utiliser un son de synthétiseur assez particulier, le son Bucla, un son des années 70-80 qui fait des sons organiques qui se marient bien avec les instruments à cordes comme le Ngoni. C’est un synthétiseur qui fusionne aussi bien avec le balafon. C’est peut être ce qui donne une couleur un peu “spatial-organique” dans l’album. 

« Ici pas de collage world » ou de « bienveillance déplacée » dis tu pour présenter ton travail. Qu’est ce que cela signifie ?

Je n’ai pas voulu faire de “musiques africaines” en créant cet album. Mais faire notre musique avec les amis musiciens rencontrés en Afrique. Bien sûr il y a des sons d’instruments africains ; je préfère le ngoni à la guitare, le balafon au piano. C’est un album en collaboration, sans étiquette.


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