à propos de Mask

Entretien de Sylvie Chalaye avec le chorégraphe Alfred Alerte

Avignon, Juillet 2003
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Vous avez été danseur, mais votre désir de chorégraphier n’est pas récent.
J’ai dansé pendant une dizaine d’années avec la Compagnie Christiane Blaise à Grenoble. Mais en même temps je monte mes propres chorégraphie depuis 1989. Après le SERMAC à la Martinique, j’ai fais le CNDC d’Angers, une école qui nous amenait à travailler sur le mouvement mais aussi les lumières, la scénographie, les costumes… en somme tout ce qui tournait autour du spectacle.
Quelles sont vos premières créations ?
La première chorégraphie que j’ai faite était en hommage à Sédar Senghor et les négritudiens, elle s’appelait Soleil noir en 1980, puis j’ai fait une pièce qui s’appelait Origine. Je me suis ensuite consacré à l’interprétation. Mais je voulais travailler autrement, avec l’ensemble des éléments de la scène : les lumières, les costumes, les décors, le chant, la musique… J’ai créé Exibus & kids où il y avait des échasses et toutes sortes de danses : hip-hop, capoeira… puis Double face où j’interrogeais mon côté antillais, mais aussi mes doubles d’Afrique et d’ailleurs.
Vous travailliez déjà la question du masque ?
Le masque n’est pas pour moi péjoratif, le masque ouvre à autre chose, il a un réel pouvoir de communication et nous amène à la découverte. J’ai travaillé sur les masques africains, sur les masques des Caraïbes, de l’Asie. Mais dans ce croisement des cultures, c’était l’approche du corps qui m’intéressait, une approche du corps par ce qui le dissimule. J’ai beaucoup travaillé sur les transformations, sur une dimension surréaliste aussi des métamorphoses anatomiques, sur le masque protecteur, le bouclier, le masque coquille.
En parlant de coquille, vous êtes en train de créer un espace de création dans la Nièvre : La Bergerie…
C’est un lieu d’accueil pour des compagnies d’outre-mer et d’ailleurs qui devrait ouvrir en 2005-2006. Un espace d’échange ,avec d’autres lieux de diffusion comme la Chapelle du Verbe Incarné, pour permettre aux compagnies de faire des rencontres, mais aussi de trouver les conditions de sérénité nécessaire à la création. Ce sera un espace de formation, de travail, de recherche, et de mûrissement.

///Article N° : 3155

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