Atalaku (Crieurs), de Dieudonné Hamadi

La résistance à Kinshasa

Atalaku a obtenu le prix Joris Ivens au festival du Cinéma du Réel 2013, à Paris.

Dans le cinéma documentaire, le problème n’est pas de savoir si le film montre le réel mais comment il le montre. Objet d’une écriture qui forge un récit, de choix de montrer ceci et d’éviter cela, d’un cadrage, d’un montage, etc., le réel n’est jamais à l’écran cette réalité que l’on ne peut connaître qu’en la vivant mais sa transcription par les voies du cinéma. Face au réel congolais, dans un pays où l’extrême des conditions de vie et des pratiques quotidiennes est des plus photogénique, le danger est de tomber dans l’anecdote et la caricature, d’en faire un spectacle. On croit dénoncer et on se trompe de cible : on ne fait que renforcer les clichés au lieu de favoriser une évolution. On cultive chez le spectateur l’impression d’une absolue altérité, que ce sont des sauvages qui ne changeront jamais. C’est ce que nous avions souligné à propos de films comme Kafka au Congo (cf. [article n°9671]) qui ridiculisait les affres de la politique et de la justice en RDC, ou Marchands de miracles (cf. [article n°4600]) qui stigmatisait la croyance dans les églises du réveil. Bien sûr le film de Dieudo Hamadi montre lui aussi la catastrophe, où politique, religion et argent s’entremêlent sans plus se distinguer. Les élections prés...

Connectez-vous pour lire la suite de l'article...
Si vous avez déjà un compte client sur Africultures vous pouvez saisir vos paramètres d'identification :

Si vous n'êtes pas encore abonné à la revue AFRICULTURES, vous pouvez le faire en cliquant sur Adhérer.
Les images de l'article
Partager :

Laisser un commentaire