“Bebey nous a montré que rien n’est figé”

Entretien de Kidi Bebey et Olivier Barlet avec Célestin Monga

Le passé comme source d’inspiration mais restant modelable : après avoir décrit combien il a pu profiter des ses éclairages, l’écrivain camerounais Célestin Monga analyse les apports de Francis Bebey à la pensée africaine contemporaine.

Qu’a représenté Francis Bebey pour vous ? J’ai eu la chance de le côtoyer alors que je n’avais que 18-19 ans. Un journal parisien qui l’avait interviewé avait eu l’imprudence de publier son adresse et son numéro de téléphone. J’étais étudiant à Bordeaux et lui ai téléphoné, sans le connaître, pour lui demander s’il accepterait de lire et de commenter un manuscrit que je n’avais pas encore écrit… Il ne m’a pas raccroché au nez – ce qu’il aurait dû faire normalement. Avec son sens de humour bien connu, il m’a demandé de le rappeler lorsque j’aurais au moins écrit un premier draft de mon manuscrit. Persistant dans la bêtise, je lui ai demandé s’il avait quelques idées du type de choses que je pouvais écrire. Là encore, il a fait preuve d’une grande patience et d’une grande classe en me disant simplement ceci que je n’ai jamais oublié : “Lorsque vous aurez écrit votre texte, je pourrai vous dire ce que j’en pense. Mais l’important sera ce que vous-même vous en pensez. Car il n’y a pas de pape en matière de création artistique.” Vous imaginez l’impact d’un conseil comme celui-là sur l’imaginaire d’un garçon de 18-19 ans. Peut-être sans le savoir, Francis Bebey venait de m...

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