Biguine Antillaise pour Jean Ferrat

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La montagne s’est couverte de fleurs noires
D’étranges oiseaux ont recueilli ta voix
Et nous voilà demandant aux étoiles
Où est passé le juste qui semait des poèmes
Quand la terre portait les fruits de la douleur
Et quand coulait le rêve dans les yeux des ruisseaux
Le temps est un grand chant qui borde le chemin
Il renaît aux lèvres du matin
Avant de s’en aller bercer l’univers
Et les cristaux des larmes
Mais le vent
Mais le souffle
Mais cette voix de pays où bourgeonne l’été
Ont gravé les choses graves
Que fredonnent la vie comme un feu de bois
Et nous voilà demandant aux étoiles
Quand reviendra le juste qui chantait Aragon
Et qui nous enseignait la tendresse des mots
Ce langage équitable de l’homme inconsolé
Ce petit peu d’amour sur la crête des sans voix
Pourtant
La montagne reprendra ses couleurs
Désarmera la douleur et l’oubli
L’ombre qui palpite de souffrir la mémoire
Chantera
Chantera
Jean Ferrat
Comme chantent les cailloux au fond des rivières
Et ce sera ton vrai visage
Ta voix à jamais voile des îles fraternelles
Jean Ferrat

Faugas
Le 15 Mars 2010
///Article N° : 9330

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