Billie Zangewa

Quintessence de la beauté africaine

En 1997, année où je rencontre Billie Zangewa pour la première fois à l’occasion de la Seconde Biennale de Johannesburg, elle travaille pour une grande marque de prêt-à-porter. Son attrait pour la mode, son attention au détail vestimentaire et son élégance laissent alors prédire une vocation la menant au-delà du vêtement fini. Quelques années plus tard lorsque je la retrouve, vient s’accoler à son patronyme le titre de plasticienne. Zangewa s’est alors approprié le tissu qu’elle travaille avec des matériaux précieux, dont la soie, pour en faire le support de récits auto-biographiques. Tranches de vie de l’artiste malawienne installée en Afrique du Sud, ses tapisseries racontent l’histoire d’une jeune femme dont l’existence est en quelque sorte tracée par ses relations amoureuses. Au-delà du récit personnel, émane de cette protagoniste à la fine allure et aux cheveux rasés, une quintessentielle beauté africaine à laquelle la femme noire pourrait aisément s’identifier. Ce qu’il faut entendre ici est une référence aux traits féminins appréciés indépendamment de la coiffure comme ornement. Son esthétique, en d’autres termes sa physionomie, s’impose alors à l’instar de canons de beauté dictés par des normes occidentales. Il ne s’agit pas non plus de la femme bien en chair prisée par l’Africain, comme l’évoque Fatou Kandé Senghor. Mais plutôt de l’artiste comme muse, usant de son propre corps pour symboliser les multiples facettes de la femme. Zangewa la dépeint d’abord comme objet, sujette au désir masculin, troph...

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