Cinémas arabes, terre en transe

Le journal de la 8e Biennale

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La Biennale reste une des rares occasions de voir des films le plus souvent invisibles sur nos écrans. Même d’une teneur inégale, la 8ème Biennale des cinémas arabes à l’Institut du Monde Arabe de Paris (22-30 juillet 2006) le démontre une fois de plus sur fond de guerre au Liban : ce n’est pas un problème de pertinence. Une relève s’affirme, offrant de belles découvertes.

Vendredi 21 juillet
Cette 8ème Biennale s’ouvre alors que le Liban est plongé dans la guerre. L’image omniprésente de ce pays meurtri, l’image du sang, est revenue prendre d’assaut les écrans de télévision du monde entier. Que faire lorsque l’on décide de s’asseoir pour assouvir sa passion de cinéphile ou de spectateur alors qu’à des milliers de kilomètres des civils sont victimes de la bêtise humaine ? La réponse paraît bien vaine : continuer d’observer méticuleusement les images qu’envoie le Moyen-Orient afin de mieux cerner l’illogisme des guerres et surtout de rétorquer correctement et sans misérabilisme aux atrocités des administrations terroristes. Ce vendredi, dans la grande salle de l’Institut du Monde Arabe, une minute de silence en hommage aux victimes des raids israéliens a été observée. L’effet fut immédiat. Le festival pouvait commencer.
Samedi 22 juillet
Journée placée sous le signe de la liberté de penser.
Dans Quelques miettes pour les oiseaux (Nassim Amaouche, 2005), quelque part en Jordanie près de la frontière irakienne, se trouve un relais où les nombreux chauffeurs routiers viennent prendre des pauses (déjeuners, sexuelles, musicales) avant de reprendre la route. Amaouche, sociologue de formation, réussit pleinement à capter l’ennui qui afflige continuellement le quotidien de jeunes prostituées sans avenir, de vendeurs d’essence esseulés et d’un serveur mélomane. Se retrouver dans un microcosme où le désert intellectuel est roi tend l’habitant à ne plus vouloir penser à un monde nouveau. Le moderne perd de sa valeur et l’on se retrouve à errer tel un zombie à la recherche de la moindre richesse. Reste le plaisir de la chair et de la musique.
Autre pays, autre regard. L’Algérie revient depuis quelques années dans la cinématographie mondiale. Cinéastes beurs et exilés (depuis la guerre civile) offrent du grain à moudre aux festivals du monde entier. Deux films essaient tant bien que mal de montrer la désuétude d’une Algérie en perte de vitesse mais qui tente coûte que coûte de retrouver le sourire.
Dans Lamine, la fuite, Samia Chala brosse le portrait d’un  » Omar Gatlato  » du pauvre qui n’a qu’un seul désir en tête : quitter ce  » foutu pays « . Dans un registre plutôt docu-fiction, Chala suit les pérégrinations d’un Algérois bavard, célibataire, vivant encore chez ses parents et chômeur. Le résultat est souvent hilarant mais les facilités de montage dénaturent le film. Son personnage principal étant dénué de toute réflexion, Chala insiste lourdement sur son idéalisation d’une France méconnue. Lamine devient le héros rêveur d’un film qui n’arrive pas à le ramener à la réalité.
Barakat ! ( » Assez ! » en français) est tout simplement transcendant.
Djamila Sahraoui, une habituée des documentaires, nous plonge dans une fiction sombre et optimiste à la fois et nous parle d’une Algérie vidée de son sang qui tente de renouer avec le désir de liberté et de calme. Deux femmes, deux solides guerrières de l’envie proclament à leur manière leur ras-le-bol de ce quotidien macabre où les hommes abattent des arbres de tolérance, où l’individualisme règne depuis bien trop longtemps et où le temps s’est arrêté pour laisser la place à l’enfer. Deux personnages interprétés avec délicatesse par Rachida Brakni et Fettouma Bouamari (immense actrice algérienne) qui tentent de retrouver un journaliste disparu. Une œuvre belle et filmée à la manière du cinéaste américain John Ford (nombreuses séquences humanistes teintées d’une ambiance western) et profondément subtile. Ici, le cinéma algérien renoue avec l’ivresse de la pellicule !
Dimanche 23 juillet
Deuxième jour et l’on sent déjà poindre les odeurs de la guerre. Additionnez Palestine, Arafat et documentaire et vous obtiendrez cet étrange film : Arafat, mon frère. Ingénieuse idée de vouloir s’intéresser au docteur Fathi Arafat, fondateur de la Croix-Rouge palestinienne plutôt qu’à son célèbre grand frère. Durant 52 minutes, Rashid Masharawi filme sous tous les angles ce personnage calme et cancéreux. Ses plans servent une cause, une idéologie, une respiration. Une oeuvre engagée dont ressortent le questionnement de l’idéalisation d’un mythe et la recherche d’une distanciation. Ses intentions sont claires : filmer une résistance qui dure inlassablement ! Deux films en compétition fiction, deux regards sur la thématique féerique du souvenir.
Le premier nous vient du Maroc (en coproduction avec l’Espagne) et son titre Juanita de Tanger fait songer à une balade de Gram Parson. Chronique théâtralisée s’étalant sur près de 35 ans (1940/1965) et dont l’action prend place dans la cité pluriculturelle, Juanita de Tanger nous plonge dans les tourments d’une jeune femme à qui la vie ne veut pas faire de cadeau. Plus les années passent, plus le caractère de cette Lady s’assombrit. Irascible, susceptible, dénuée de la moindre légèreté, Juanita terminera sa vie seule au milieu d’une ville fantôme, entourée de souvenirs et de regrets.
Farida Benlyazid, la cinéaste, est passionnée par le verbe et cela s’entend. Juanita est un film qui s’écoute (plus qu’il ne se voit) tant la voix-off omniprésente oscille entre la froideur des sentiments de Juanita et la lourdeur du soleil de plomb marocain. L’ennui nous guette et l’on finit par se détourner de ses réflexions.
Zozo du Libanais Josef Farés est nettement plus cinématographique mais totalement familier. On connaît ce genre de narration, d’onirisme aigu et de sentimentalisme exacerbé. Zozo, jeune enfant libanais, perd sa famille au cours d’un attentat. Par un concours de circonstances, il se retrouve en Suède chez ses grands-parents. Obligé de vivre une nouvelle vie, Zozo doit accepter l’inconcevable : vivre en orphelin.
Oui, le cœur est gros ! Oui, le Liban nous parle dans chaque plan que Farès crée ! Mais est-il obligé de faire perdre tout réalisme à son propos par des méthodes boursouflées (ralentis, musicalité excessive) ? Le charme discret du désir s’estompe et le malaise s’installe malgré l’actualité du sujet.
Autre film provenant de ce pays qui prolonge cette thématique du souvenir : Bosta. Un jeune homme revient après quinze années d’exil forcé au Liban. Chorégraphe de formation, il décide de réunir ses amis danseurs afin de reformer la troupe qui lui a permis d’assouvir sa passion. Comédie musicale nostalgique qui tente de délivrer un message paisible : oublier le passé pour mieux construire l’avenir. Le protagoniste n’arrive pas à effacer de sa mémoire l’assassinat de son père et tente de tirer un trait sur ce désordre ambiant. Le résultat est anecdotique faute de force dans la mise en scène mais le tout reste divertissant.
Lundi 24 juillet
La journée ensoleillée ne nous empêchera pas de nous engouffrer dans les salles obscures pour découvrir l’état des lieux du court-métrage dans le cinéma arabe.
Dans Les Volets du talentueux Lyèce Boukhitine, on entre d’emblée dans le vif du sujet : un tournage, un metteur en scène égocentrique, les volets d’une maison qui ne plaisent pas et une
jeune régisseuse contrainte de demander aux propriétaires de les fermer. La chute sans la dévoiler est subtile car elle amène sereinement une thématique importante : les rapports cinéma/vie. Boukhitine est à l’aise dans ce genre de production, glissant ici et là quelques détails avec une approche minimaliste.
La Pelote de laine (Fatma Zohra Zamoun) se démarque du précédent court en gardant néanmoins une fraîcheur liée au scénario mais l’ensemble reste figé tant le dessein du cinéaste reste flou. Cette histoire de solidarité féminine dans une banlieue démontre une fois de plus que la femme est l’avenir de l’homme, adage récurrent des cinéastes de cette Biennale.
Dans Diaspora d’Ula Tabari, il est question d’une autre femme, une jeune Palestinienne vivant en France et attendant avec impatience des nouvelles de sa famille. Le film est lourd comme l’est la situation dans cette région. On a mal pour cette tristesse enfouie et on n’a qu’une seule envie : que tout cela ne soit (plus) qu’un mauvais souvenir. Diaspora souffre d’un amateurisme aigu (interprétation faible, déconstruction et lenteur de la narration) et l’on finit par ne plus comprendre la véritable intention du cinéaste.
La soirée s’est terminée avec le dernier film de Belkacem Hadjadj, Al Manara (sorti en 2004 tout de même !). Depuis 1988 et sur une durée de dix ans, Hadjadj nous invite à suivre un pan de la vie de trois amis inséparables qui seront avalés par les violences de la guerre civile. L’un prendra les armes et combattra sous le GIA, le journaliste continuera de croire en la démocratie même s’il y perdra le goût de la beauté tandis que la jeune femme émigrera en France afin de tout oublier. Al Manara, entièrement produite en Algérie, est une oeuvre réalisée par un cinéaste en colère. Barakat de cette situation, Barakat de cette contradiction et surtout Barakat de cette amnésie (concordance civile qui visait à pardonner aux intégristes tous les maux infligés au peuple algérien). Tout y est ! Des émeutes d’octobre 1988 à la montée de la violence dans les maquis algériens, Hadjajd ne veut rien oublier, tout montrer et surtout interpeller ses compatriotes (les plus jeunes) sur cette période sombre du pays.
Intention louable mais qui n’a jamais fait du bien (donné du bon) au cinéma. Que Hadjadj soit radical dans ses propos, nous ne pouvons lui en tenir rigueur, mais qu’il filme continuellement un discours, cela devient gênant. Au risque de faire de son film une leçon de morale !
Mardi 25 juillet -mercredi 26 juillet
Les courts-métrages s’assemblent et finissent par se ressembler. Une amie critique remarquait très justement que l’énoncé dans ce type de production peine toujours à se concrétiser. Filmer une histoire en si peu de temps risque de provoquer un sentiment d’inachevé. C’est le sempiternel débat sur la fonction du court-métrage.
De 100 % vaches à Scénario en passant par Les Beaux jours ou Petit ciel, les idées de mise en scène ont du mal à être retranscrites. Exception avec Hier encore, film libanais de Rima Samman sur la notion de recherche. Simon (magistral Simon Abkarian) revient en France pour retrouver sa soeur, disparue durant la guerre du Liban en 1975.
Le scénario nous plonge dans les tourmentes de cet homme blessé, angoissé et complètement perdu. Instants figés, regards fuyants, des aspects qui donnent au film une force hypnotique assez flagrante. Le film est imparfait tant le sujet est complexe à filmer, certains dialogues étant trop explicatifs mais l’émotion est là !
D’émotion, le dernier film de Selma Baccar, projeté en soirée dans la compétition long-métrage fiction, en est malheureusement dénué. Fleurs d’oubli est un drame larmoyant sur la dépendance et les ravages de la drogue (ici le pavot). Baccar, réalisatrice tunisienne, ne fait pas dans la dentelle. Dramatisation excessive, psychologie omniprésente (chaque séquence est créée pour expliquer) et lourdeur dans la dénonciation donnent à Fleurs d’oubli l’aspect d’un brouhaha narratif. Le film ne fait que restituer avec beaucoup de clichés la lente agonie de l’héroïne dans les abîmes de la drogue et est plombé par la théâtralité de l’interprétation.
Jeudi 27 juillet
Les projections de cette 8ème Biennale ont lieu soit dans l’enceinte de l’Institut du monde arabe soit dans le cinéma Le Quartier Latin, rue Champollion. Actuellement, on peut y voir une réédition du film d’Hitchcock, Lifeboat. Il est amusant de remarquer que le film d’Alfred et celui de Marwan Hamed, L’immeuble Yacoubian présentent quelques similitudes, notamment dans la définition des personnages. L’immeuble Yacoubian, adaptation classique et ennuyeuse d’un roman à succès de Alaa El Aswany, est un film fleuve (2 h 45 !) où l’on voit se balader rien moins qu’une trentaine de personnages, véritable panorama de l’Egypte à l’aube de l’an 2000. Tout comme le maître du suspense, Hamed décrypte, en véritable sismographe, la société de son pays. Entre fanatiques religieux, corruption politique, dépressions et bonheur retrouvé, c’est toute l’Egypte que se borne à nous montrer le cinéaste trentenaire.
Et si l’Egypte ne se trouvait pas tout simplement dans le regard à la fois enjoué et triste du comédien Adel Imam ? Il faudrait un jour consacrer une étude à cet immense acteur égyptien, sorte de Charlot du monde arabe. Mime, danseur, acrobate, clown triste, Imam est le rouleau compresseur de cet immeuble, brassant du vent comme la robe de sa bien-aimée, se promenant nonchalamment dans les ruelles du Caire et conseillant à qui veut bien l’entendre que l’affection est et sera toujours la plus grande beauté.
Vendredi 28 juillet
Pendant qu’Ahmed Zaki, le grand comédien égyptien décédé, promène sa classe souveraine sur le Parvis de L’Institut et ce à l’occasion de l’hommage que lui rend l’IMA, deux films s’affrontent pour la dernière soirée de cette Biennale. Les Ombres du Silence, venant tout droit d’Arabie Saoudite est une œuvre étrangement conservatrice. Bizarre car l’intention d’Abdullah Al-Moheissen consiste pourtant à pointer du doigt les censures que subissent les intellectuels et autres hommes de culture de son pays. Alors pour quelle raison son personnage principal, écrivain à succès, s’oppose-t-il au modernisme occidental, à la libre-pensée et surtout à l’émancipation de la femme (les personnages féminins ne sont que des apparitions) ? Puis, on a pu voir le très attendu film syrien. Sous ce toit-là étonne par la confusion du scénario. Un poète libanais en exil vient de mourir. Son meilleur ami pleure cette perte et, en parallèle, tente de refouler son désir amoureux pour la veuve. A partir de là, difficile de suivre ses pérégrinations morales et de comprendre le propos de Nidal Al-Dibs qui, sans doute, cherchait à filmer la lente destruction d’une pensée, d’une société, d’un pays : le Liban !
Samedi 29 juillet
Un bilan est-il possible ? Que penser de cette 8ème édition ? Les cinémas arabes restent tourmentés par les problèmes politiques, les contradictions religieuses et le désir de liberté. Très peu de films sur le couple ou le regard sur les autres continents. Une prescience cependant : indubitablement, la situation libanaise se trouvait de loin ou de près dans la grande majorité des films projetés. Aucun regret surtout lorsque ces images sont traitées avec la finesse qui se doit. Il y eut quelques claques pour nous rassurer sur la qualité évidente de cette cinématographie (Barakat, Quelques miettes pour les oiseaux, Les Volets entre autres). Le néo-réalisme social s’est pratiquement effacé au profit d’une relève qui ambitionne de créer des œuvres où la respiration, le souffle et le vent du désir seront les tendances dominantes.
Parmi eux, Elyes Baccar, jeune cinéaste tunisien qui fit sensation avec son premier long-métrage, Elle & lui, injustement oublié dans le palmarès. Aucun rapport avec le film de Léo McCarey, plutôt une étude de la détérioration morale d’un jeune couple tunisien où il est question d’incommunicabilité et que l’on peut judicieusement mettre en parallèle avec les contradictions au sein de la société musulmane. Le film est intense, l’atmosphère étouffante et les idées nombreuses (dialogues minimes, mise en scène contemplative). Nos élans amoureux de cet été sont dévorés par ce huis clos bergmanien (on songe à l’enfermement dans Persona). Gageons qu’Elyes Baccar trouve rapidement un distributeur qui lui permettra d’exporter son film. N’est-ce pas aussi la fonction de la Biennale ?
Palmarès
Compétition Fiction
Prix IMA du meilleur court métrage : Reste tranquille (Be quiet) de Sameh Zoabi (Palestine/France, 2005)
Prix IMA de la première œuvre pour le long métrage : Bosta (L’Autobus) de Philippe Aractingi (Liban, 2005)
Prix de la meilleure actrice : Rabia Ben Abdallah, pour son rôle dans Fleurs d’oubli de Selma Baccar (Tunisie/Maroc, 2005) ; Mariola Fuentes, pour son rôle dans Juanita de Tanger de Farida Benlyazid (Maroc/Espagne, 2005) et Rachida Brakni, pour son rôle dans Barakat de Djamila Sahraoui (Algérie/France, 2005)
Prix du meilleur acteur : Adel Imam, Khaled al-Sawi et Nour al-Chérif pour leurs rôles dans L’Immeuble Yacoubian de Marwan Hamed (Égypte, 2006)
Prix Maroun Bagdadi, Prix Spécial du Jury : Ahlaam (Rêves) de Mohamed al-Daradji (Irak/Royaume-Uni, 2005)
Grand Prix IMA du long métrage : L’Immeuble Yacoubian de Marwan Hamed (Égypte, 2006)
Aide IMA à la distribution : L’Immeuble Yacoubian de Marwan Hamed (Égypte, 2006)
Compétition Documentaire
Mention spéciale pour le court métrage : Toi, Waguih de Namir Abdel Messeeh (Égypte/France, 2005).
Mention spéciale pour le long métrage : Sur ma ligne de Rachid Djaïdani (Algérie/France, 2005).
Prix Spécial du Jury pour le court métrage : Quelques Miettes pour les oiseaux de Nassim Amaouche (Algérie/Jordanie/France, 2005)
Prix IMA du meilleur court métrage : Le Dernier Printemps à Abu Dis de Issa Freij (Palestine/Suisse, 2005)
Prix Spécial du Jury pour le long métrage : Arafat, mon frère de Rachid Masharawi (Palestine/France/Canada, 2005)
Grand Prix IMA du long métrage : Beyrouth : vérités, mensonges et vidéos de Maï Masri (Palestine/Liban, 2006)

///Article N° : 4545

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Les images de l'article
Arafat, Mon Frere de Rashid Masharawi, Palestine/France/Canada (2005)
Quelques Miettes Pour Les Oiseaux de Nassim Amaouche, Algérie/Jordanie/France (2005)
La Pelote de Laine de Fatma Zohra Zamoum, Algérie/France (2005)
L'Immeuble Yacoubian de Marwan Hamed, Égypte (2006)
Les Volets de Lyèce Boukhitine, Algérie/France (2005)
Les Beaux Jours de Meriem Riveill, Tunisie/France (2005)
Dans Lamine, la fuite, de Samia Chala, Algérie (2005)
Juanita de Tanger de Farida Benlyazid, Maroc (2005)
Hier Encore de Rima Samman, Liban/France (2006)
Fleur D'oubli de Selma Baccar, Tunisie/Maroc (2005)
Diaspora de Ula Tabari, Palestine/France (2005)
Bosta (L'Autobus) de Philippe Aractingi, Liban (2005)
Barakat ! de Djamila Sahraoui, Algérie/France (2005)
El Manara de Belkacem Hadjadj, Algérie (2004)




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