Civil Brand

De Neema Barnette

De festival en festival
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Civil Brand a été pensé comme un film choc – un film qui accuse le complexe industriel carcéral d’emprisonner le maximum de gens pour organiser un système esclavagiste où les prisonniers, qui se trouvent être majoritairement noirs et latinos, travaillent pour moins de deux dollars par jour dans un pays ou le salaire minimum est à plus de six dollars de l’heure. Les produits se retrouvent ensuite dans les grands magasins, made in the USA pour moins cher qu’au Cambodge.
Civil Brand se déroule dans une prison de femmes alors qu’une révolte se prépare. Les femmes emprisonnées le sont souvent pour agression et meurtre au sein de familles où elles sont maltraitées, schéma que reproduisent certains gardes moins axés sur la réhabilitation que d’autres. On peut regretter que l’action prennent autant le pas sur l’aspect politique du film, qui plus d’une fois ne va pas au bout de son argumentation. Le documentaire qui ne manquera pas d’accompagner le DVD du film montre à quel point les pressions extérieures et les limitations budgétaires ($500.000) ont eu un impact sur le produit fini. Heureusement que de tout filmer au sein d’une prison limite les dépenses ! Et si on est prêt à ouvrir les yeux, on devine plus d’une intention cachée. Le système carcéral n’est pas le fait de quelques employés sadiques et corrompus, mais bien d’une pression au résultat dans des prisons qui se révèlent être des entreprises quottées en bourse.
Le fait est que même si l’action prend le dessus, les spectateurs en ressortent dégoûtés par le système carcéral. Il ne fait aucun doute que le film s’adresse avant tout aux jeunes susceptibles de se faire emprisonner, afin qu’ils sachent ce qui les attend et qu’ils évitent à tout prix de se faire accaparer. Il ne risque pas de connaître une grande distribution. Cela fait plus d’un an qu’il circule dans les festivals et il va enfin sortir dans quelques salles américaines en août. Sans vouloir sous-estimer la capacité du public à soutenir le film, les Américains risquent de le bouder pour des raisons politiques, et le reste du monde parce que ce n’est pas un documentaire de Michael Moore.

Civil Brand (2002). Réalisé par Neema Barnette. Avec Lisa Raye (Frances Sheppard), N’Bushe Wright (Nikki Barnes), Mos Def (Michael Meadows), Da Brat (Sabrina), Clifton Powel (Captain Deese). Une production Neena Films.///Article N° : 2892

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