Comment dire l’infamie de l’esclavage ?…

L’esclavage des  » noirs  » n’a rien de  » figuré  » ! Il s’étend sur près de quatre siècles, saigne l’Afrique d’environ quinze millions de personnes, prend dans des colonies comme Saint-Domingue la dimension d’un véritable génocide (celle d’un  » esclavage-mouroir  » où le renouvellement de la population servile n’est assuré que par des arrivages continuels de navires négriers). Plus les exploitations esclavagistes sont grandes, plus la main d’œuvre est nombreuse, plus la traite s’accélère (les cargaisons de  » bois d’ébène « ), et moins la vie d’un  » nègre  » n’a de valeur. C’est la logique du marché, la loi de l’offre et de la demande : la valeur d’un produit – l’esclave est d’abord une marchandise – est fonction de son abondance ou de sa rareté.

L’esclavage de  » traite « , un véritable système capitaliste Parce que l’esclavage moderne est directement branché sur la  » Traite négrière « , l’animalisation des hommes s’y combine étroitement à leur marchandisation. Le système esclavagiste constitue déjà, en soi-même, un véritable  » système capitaliste  » : le capital y assure la convertibilité universelle des êtres et des choses, des hommes et des animaux. Si l’esclavage des Noirs est un esclavage de  » Traite « , c’est précisément parce qu’il repose en grande partie sur la circulation et la conversion de flux im...

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Gravure du poète William Blake. Le supplice du chevalet
Gravure du poète William Blake. "(…) j'ai vu un Noir accroché vivant par les côtes où l'on avait d'abord pratiqué une incision au couteau pour faire passer un crochet en fer et une chaîne ; il s'est maintenu en vie de la sorte pendant trois jours, têtes et pieds ballants, recueillant avec sa langue des gouttes d'eau qui tombaient de sa poitrine gonflée tandis que les vautours picoraient sa plaie putride." Capitaine au Surinam
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