Compagnie Moving Into Dance (Afrique du Sud)

Chorégraphes : Sylvia Glasser; Vincent Sekwati Mantsoe; Gregory Vuyani Maqoma.
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C’est sans doute l’une des compagnies de danse contemporaine africaines parmi les plus renommées et les plus intéressantes actuellement. Forte de ses vingt ans d’existence, Moving Into Dance a présenté trois pièces, d’inspiration assez différente, qui ont montré avec éclat son inventivité chorégraphique et sa maîtrise technique.
En ouverture, « Passage of rites » (« Le Passage des rites »), chorégraphié par Sylvia Glasser, la fondatrice de la compagnie, revisite la gestuelle d’un rite initiatique zoulou. Cette pièce ne séduit pas seulement par son esthétique épurée, l’énergie à la fois brute et maîtrisée des danseurs qui rappelle les traditions guerrières ancestrales, mais aussi par l’utilisation originale qu’ils font de longs bâtons. Tenant chacun une perche en main, qu’ils frappent contre le sol ou les unes contre les autres, les danseurs écri-vent à la fois danse et musique. Armés de ces objets, éléments chorégraphiques et rythmiques à part entière, les interprètes parviennent à incarner une force élémentaire, évocatrice des mystères qui lient l’homme à la nature. Chef d’ouvre de la compagnie, « Gula Matari » (« Les Oiseaux »), chorégraphié par le directeur artistique et fabuleux danseur Vincent Sekwati Mantsoe, fait de chaque danseur un être-oiseau. On ne peut être que fasciné par la simplicité et la justesse de leur gestuelle désarticulée et saccadée et par un des plus beaux solos du répertoire contemporain mondial. C’est sans doute la pièce la plus marquante de ce Masa 99.
Enfin, Layers of Time (« Les Strates du temps »), chorégraphié par Gregory Vuyani Maqoma, reprend la danse des mineurs sudafricains qui utilisaient leurs bottes en plastique. Reprenant cet objet comme élément central de la dramaturgie, la pièce surprend là encore par son inventivité.
Moving Into Dance s’est nettement distinguée par sa maturité artistique. Il est vrai que cette compagnie fondée par une chorégraphe blanche, Sylvia Glasser, en 1978, a déjà parcouru un long chemin. Elle ne cesse d’ailleurs d’accumuler les distinctions dont récemment le prix RFI-Spectacle vivant 1998. Si le langage chorégraphique du duo Glasser-Mantsoe peut sembler parfois un peu trop lisse, il fait preuve cependant d’une indéniable originalité.

///Article N° : 819

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