Culturesmali : une nouvelle base de données des opérateurs culturels maliens

Les avancées de Sudplanète : l'information culturelle mutualisée

Le 20 septembre 2011, le ministre malien de la Culture Hamane Niang et le chef de la délégation de l’Union européenne au Mali, Giacomo Durazzo, ont inauguré le nouveau portail culturel malien : www.culturesmali.net, en même temps que le site internet du PADESC (programme d’Appui au Développement Economique et Social de la Culture), troisième programme d’appui au secteur culturel mis en œuvre dans le cadre de la coopération Mali-Union européenne. Une nouvelle avancée vers la structuration de l’information culturelle en Afrique.

Culturesmali.net [à visualiser ici] est le fruit de la collaboration entre le PADESC, qui a coordonné une enquête de terrain dans tout le pays sur les opérateurs culturels, et Africultures, maître d’œuvre de la base de données Sudplanète. Cette base de données internationale comportait déjà de nombreuses informations sur les créateurs et créations maliens : elles ont été encore largement enrichies à cette occasion. Les professionnels de la Culture ont par ailleurs été contactés individuellement par courriel pour compléter les données qui les concernent en utilisant les formulaires appropriés. Pour conserver toute discrétion, ils ont également été invités à indiquer s’ils désiraient ou non y figurer.
L’enquête du PADESC a permis d’ajouter un grand nombre d’opérateurs culturels à la base de données si bien que Culturesmali.net comporte maintenant plus d’un millier de structures maliennes, près d’un millier d’artistes, groupes et compagnies, une trentaine de festivals, 250 films, 250 livres, etc.
La base de données Culturesmali permet au PADESC de s’adresser directement aux opérateurs culturels du pays dans ses actions d’information et de concertation sur la politique culturelle du pays. Des sondages sur des questions précises sont également possibles.
Figurer sur Culturesmali.net permet à chaque artiste, groupe ou compagnie de pouvoir être joint par courriel, de présenter sa biographie, des photos, et en lien toutes ses créations, les événements culturels où il participe, les dépêches d’information qui le concernent, etc. Même chose pour les organisations culturelles qui peuvent aussi présenter leurs activités.
Un agenda culturel et un fil d’information complètent les données sur le site et font de Culturesmali un outil complet de visibilité de la Culture malienne.
Des services de mise en réseau et d’outils de visibilité (kits de sites internet, envoi groupé de courriels d’information, etc) seront bientôt développés qui permettront aux artistes et structures culturelles de mieux gérer leur communication.
La motivation des acteurs
De nombreuses initiatives se développent qui invitent les acteurs de la Culture à entrer leurs informations. Ils ne peuvent répondre à cette multiplicité de démarches. Une référence unique est nécessaire mais il faut qu’elle s’impose comme telle.
Pour cela, il faut que les acteurs culturels perçoivent Sudplanète comme le lieu où il faut être. Les arguments ne manquent pas. L’excellent référencement Google de la base de données fait que les fiches sortent dans les premiers choix à chaque recherche : Sudplanète a atteint le niveau d’importance qui la rend incontournable, mais beaucoup est encore à faire.
Sudplanète enregistre des dizaines de nouvelles entrées chaque jour sur les formulaires d’autoprésentation ou d’actualisation dédiés. Les opérateurs créent et actualisent leurs fiches et une employée d’Africultures valide les nouvelles données. Cette procédure garantit le sérieux des informations en ligne et évite tout dérapage.
Et si Africultures venait à disparaître ? La base de données étant non-propriétaire, elle sera automatiquement transmise à l’opérateur partenaire le plus fiable pour sa pérennisation, en priorité situé dans un pays du Sud.
Sudplanète peut en outre contribuer à la dématérialisation des dossiers de demande d’aide auprès des institutions internationales ou nationales en évitant la répétition des présentations et des entrées de données permanentes. Cela encouragerait en outre les opérateurs à prendre en mains leur communication et leur visibilité selon un cadre cohérent permettant toute recherche utile.
Un outil est en cours de développement à destination des festivals qui disposeront à partir des données de la base de pages internet dédiées à leur programmation ainsi que d’une préparation de leur catalogue, ces deux services leur permettant d’efficaces économies et évitant les retards de parution.
La mise en réseau comme solution à la motivation
Aujourd’hui, les différents métiers et activités agissent souvent de façon isolée, sans information cohérente à leur disposition, sans possibilité d’échange en dehors de quelques réseaux ayant réussi à se constituer.
Avoir accès à l’information et aux échanges professionnels de son activité est extrêmement attractif.
Dans le projet Sudplanète, une fois référencé, chacun pourra profiter de pages dédiées à son activité et comportant :
– un annuaire de contacts,
– des informations professionnelles : fil de dépêches professionnelles, agenda des événements culturels et des formations, répertoire des contacts par pays, appels à propositions,
– des échanges de conseils et bonnes pratiques : forum professionnel, documents adaptés,
– des services : offres et demandes d’emploi, petites annonces, recherche de partenaires et de synergies.
L’utilisateur pourra en outre s’abonner à des fils d’information et forums professionnels ou les générer, archiver ses contacts et personnaliser ainsi son espace professionnel où il pourra également mettre des documents à la disposition des internautes, ou sur code d’accès aux professionnels.
Des portails culturels nationaux dans différents pays
Après une enquête de terrain approfondie dans toutes les régions du Burkina Faso, le portail culturel www.burkinacultures.net a été constitué avec pour socle l’outil Sudplanète, et devrait être lancé officiellement en octobre 2011 par les autorités burkinabées, en lien avec la parution d’un répertoire culturel national issu de la même base. Ce guide est imprimé mais le site internet continue d’être mis à jour quotidiennement. Avec 1300 artistes/professionnels, 225 structures culturelles, près de 400 films, 450 livres, une quarantaine de festivals, etc., burkinacultures.net offre une vue pratiquement exhaustive de la vie culturelle du Burkina Faso.
Un gros travail de défrichage a également été réalisé au Cameroun, où une équipe d’enquêteurs est en train de se mettre en place à travers les différentes disciplines artistiques et villes du pays. Un financement a été demandé à cet effet auprès du Fonds pour la diversité culturelle de l’Unesco. La spécificité du futur site KamerCultures réside dans son graphisme, qui a été réalisé par des artistes et graphistes du Cameroun. Un concours a en effet été lancé à l’échelle du pays, grâce au soutien de la Fondation MTN-Galerie MAM. Les artistes ont été invités à proposer différents « fonds » pour le site, représentant chacun une rubrique ou discipline artistique. L’objectif ? Donner au site une identité visuelle propre, qui dès le premier abord valorise le Cameroun et ses artistes.
Les trois gagnants, Dejulius Moyopo (1er prix), Armand-Tierry Nguélé, dit « Arthie » (2è prix) et Louis Épée Mbounja, dit « Louisépée » (3è prix) ont été sélectionnés par un jury composé de sept personnes. Une cérémonie de remise des prix, organisée à la Galerie MAM à Douala, a permis de présenter leur travail au public. Chacune de leurs trois interfaces graphiques sera proposée aux utilisateurs du site, qui pourront choisir leur favorite pour leurs futures navigations.
Le site a obtenu le soutien moral du ministère de la Culture du Cameroun et pourrait être partenaire du projet « Shoot in Cameroon » que Madame la Ministre Ama Tutu Muna a annoncé à Cannes en mai 2011 en faveur de l’industrie cinématographique.
Un autre portail est en préparation au Niger pour lequel une demande de financement auprès de l’Unesco a été soumise, comme pour le Cameroun, par un opérateur local auprès du Fonds pour la diversité culturelle de l’Unesco. Un dossier a été déposé à l’appel à propositions ACPCultures pour faciliter la réalisation de 22 autres portails, dont la majorité en pays anglophones pour rééquilibrer la base de données dans ce sens et en partenariat avec les réseaux culturels existants en Afrique, dans les Caraïbes et le Pacifique, dont les logos apparaissent sur le site Sudplanete.net – notamment Arterial Network, le plus important réseau dans le secteur culturel en Afrique.
Multiplier les portails nationaux pour lancer l’outil
Culturesmali est une nouvelle étape dans l’affermissement de la démarche Sudplanète portée par Africultures en rapport avec une série de partenaires internationaux : un portail culturel au service non seulement des créateurs et opérateurs culturels du Sud mais aussi de tous ceux qui travaillent ou s’intéressent à ce secteur.
Les ministres de la Culture reconnaissent ne pas connaître leur milieu culturel et ne pas avoir de données fiables. Les artistes et les managers se plaignent de ne pas avoir de visibilité sur internet. Tous les colloques internationaux sur la culture comme facteur de développement réclament à cor et à cri un outil d’information unique, fédérateur et référent pour que les artistes du Sud aient la même visibilité que ceux du Nord sur le net.
Développée depuis plus de dix ans par Africultures, Sudplanète est une base de données non-propriétaire que tout opérateur internet peut utiliser et qui est gérée en synergie par tous les acteurs culturels. Chacun peut créer puis modifier ses pages directement sur le site et en devenir propriétaire, gérant ainsi sa propre communication : ce sont ainsi aujourd’hui près de 23 000 artistes et professionnels, mais aussi plus de 6000 structures culturelles, 22 000 événements, 11 500 films, 10 000 livres, 2000 disques, 900 spectacles, etc. qui sont répertoriés. 7500 dépêches d’information ont été publiées. Sudplanète est aujourd’hui la plus grosse base de données internationale. La nouvelle interface trilingue SPLA.PRO de Sudplanète / Southplanet permet des recherches pointues pour trouver les informations recherchées.
Les soutiens des délégations européennes locales, des coopérations culturelles, des programmes de soutien à la culture ou des organisations internationales sont essentiels : ils permettent de financer l’enquête de terrain qui permet d’identifier et répertorier tous les artistes, professionnels et opérateurs culturels pour démarrer sur une quasi-exhaustivité et rendre l’outil opérant dès le départ.
De cette phase de lancement dépend le fait que le milieu culturel se saisisse de l’outil : que chaque artiste ou son manager utilise les fiches comme un outil de communication. La recherche multicritères permet d’aboutir à des listes d’artistes, très utiles aux programmateurs d’événements culturels : il est essentiel pour les artistes de mettre à jour leur information. Ils ont pour cela accès à des formulaires conviviaux qui sont en train d’être entièrement rénovés pour être le plus simple d’utilisation possible.
L’heure est à la synergie entre les opérateurs pour œuvrer ensemble à un portail qui soit vraiment référent pour tous : il est temps de supprimer les doubles emplois ; une banque de données générale favorisera la mise en réseaux de tous. Que l’on cesse de démarrer des projets sans avenir ici et là : un outil mutualisé, fédérateur, non-propriétaire et unique est nécessaire. L’enjeu est en effet de doter Sudplanète des services de mise en réseaux qui permettront à ce projet d’être véritablement l’outil professionnel dont les acteurs culturels ont besoin pour leur communication, leur promotion, leur visibilité auprès du public tant local qu’international, et leur développement par la circulation des œuvres.
Un outil au service de tous
Tout autre site internet peut utiliser les informations de Sudplanète en opérant des liens, en reprenant les moteurs de recherche dans la base ou en faisant apparaître les données qu’il souhaite selon un système d’accès en marque blanche.
La base de données touche aujourd’hui toutes les disciplines artistiques, est ouverte à tous les créateurs, artistes, professionnels, groupes, lieux de spectacle, structures et opérateurs culturels publics et privés.
La circulation sur Sudplanète est aujourd’hui en français, anglais et portugais. L’espagnol et l’arabe seront ajoutés dès que possible, puis encore d’autres langues. Les données sont publiées principalement en anglais et français mais on trouve déjà toutes les langues sur Sudplanète.
La démarche Sudplanète a été financée au départ par une subvention du ministère français des Affaires étrangères, dans le cadre d’un programme de contribution à la diversité culturelle. La base a été consolidée par la participation d’Africultures à l’unité de gestion du programme d’appui UE-ACP aux industries culturelles ACP. Sudplanète a ainsi été utile en tant que source d’informations et pour la recherche de partenaires, ainsi qu’aux sondages et études réalisées par l’Observatoire culturel des pays ACP. Africultures faisant partie de l’Alliance globale de l’UNESCO (qui préfigurait la Déclaration universelle sur la diversité culturelle), celle-ci a officiellement recommandé de s’y répertorier et de l’utiliser. Le fond des inforoutes de l’Organisation internationale de la Francophonie a soutenu et soutient la création de sites internet qui prennent Sudplanète comme base : Africinfo, Africiné, Afrilivres, AfriBD.
Issu de la pratique de terrain d’Africultures, Sudplanète est ainsi pris en compte et soutenu par les institutions nationales et internationales.
Les enjeux d’une unification cohérente de l’information
A l’heure où l’internet s’organise en grands portails de référence, il est crucial de ne pas multiplier les initiatives mais de travailler en synergie et dans le respect des démarches de chacun sur un projet commun permettant les recherches et les valorisations nécessaires.
Le volume de données est tel que cet outil unique et fédérateur est impossible sans la mobilisation et le contrôle de ceux-là même qui détiennent leur propre information : les artistes et créateurs, opérateurs et structures.
On mesure à quel point une telle base de données peut aider à combler le vide en matière de renseignement statistique pour les observatoires culturels et les décideurs et contribuera ainsi à l’élaboration des politiques culturelles et de coopération.
Elle servira également de répertoire des artistes, opérateurs et structures et comme interface de contacts. L’internet se développe vite mais il est encore flageolant dans certains pays ACP : dans cette phase de transition, des répertoires nationaux peuvent être édités sans difficulté à partir de la base de données.
Tout cela est en cours de développement : les portails nationaux en profiteront et peu à peu, tous ensemble en synergie, Sudplanète sera un véritable outil au service de la diversité culturelle. Sudplanète : on est ensemble !

///Article N° : 10421

Partager :

Laisser un commentaire