Editorial

La liberté d'écrire sur soi

Lire hors-ligne :

La bouche fait plus de bruit que le tambour
Proverbe bantou

Voici le premier dossier d’Africultures réalisé entièrement dans un pays africain. D’autres suivront. Il nous paraît important d’en expliquer la démarche.
Notre idée : proposer à un acteur des cultures locales de coordonner l’écriture et la composition d’un dossier au format d’Africultures qui rende compte de la vitalité des expressions culturelles de son pays et des débats qui les traversent. En somme, témoigner de ce qui bouge. L’exercice est forcément subjectif, donc périlleux. Car dans le petit format imparti, il faut opérer des choix, agir par coups de cœur, et affronter la frustration de ceux qui n’y apparaîtront ou n’y écriront pas. Et il s’agit bien sûr d’affirmer un point de vue hors de toute complaisance.
Ces dossiers sont financés par un Fonds d’Action Culturelle du ministère français des Affaires étrangères : par convention avec la mission de Coopération française du pays, l’association culturelle en charge du dossier reçoit une somme forfaitaire (correcte sans excès) à répartir pour l’écriture et la coordination du dossier ainsi que pour les droits d’auteur des photos.
Cela suppose-t-il un contrôle des contenus ? Aucunement. Les dossiers sont concoctés par le coordinateur qui les transmet directement à Africultures. Cette liberté est tout à l’honneur du financeur qui peut, à l’occasion, se faire taper sur les doigts, comme cela arrive dans ce dossier. Sans compter qu’un soutien à la diffusion dans le pays est en général prévu.
Tout ceci pour dire que, bien que financés dans un rapport Nord/Sud, ces dossiers suivent une logique Sud/Nord : Africultures publie mais n’intervient pas sur les contenus. Pour dire aussi qu’ils correspondent à la démarche générale d’Africultures : établir des relations avec des partenaires africains débouchant sur des réalisations communes où personne ne tente de se substituer à l’autre.
Pensés par des personnalités différentes, les dossiers se suivront sans se ressembler. Chaque coordinateur en marque la conception et la réalisation. Merci à Camille Amouro, écrivain et dramaturge béninois, animateur de la Médiathèque des Diasporas à Cotonou, lieu de culture indépendant de tous pouvoirs, d’avoir coordonné celui-ci. Sa plume, bien connue des lecteurs d’Africultures, est libre et tranchante, n’épargnant ni les uns ni les autres. Cependant, pour présenter un pays culturellement aussi riche que le Bénin, il a évité le catalogue et les jugements pour privilégier les clefs d’une culture éminemment complexe, déléguant souvent son écriture à des spécialistes chevronnés. Ce dossier est ainsi une série de regards où les données politiques et humaines côtoient le vaudou et les expressions traditionnelles. Une série de pistes pour appréhender les créations d’aujourd’hui sans superficialité.

///Article N° : 1518

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